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30/03/2012

Après Toulouse, la lettre d'Eva

En cliquant sur ce lien vous pourrez lire une lettre d'Eva Sandler.

Eva est la maman de Gavriel et de Arieh, la petite fille et le petit garçon qui ont été assassinés à Toulouse. Elle est l'épouse de Jonathan, leur père, qui est mort de la même façon, avec ses propres enfants, dans l'école de son enfance à lui, où il avait souhaité revenir, pour enseigner.

Aujourd'hui, Eva n'a plus que la plus jeune de ses trois enfants, la toute petite Liora (photo ci-dessous, avec le Premier ministre israélien qui lui rend une visite de sympathie).

Dans sa lettre, elle associe à ses pensées Myriam Monsonego, enfant du directeur de l'école, qui a subi le même destin. Et ses voeux vont aussi à Aaron ben Leah, grièvement blessé.

Ajoutons les prénoms des jeunes soldats victimes du même homme: Imad, Mohamed et Abel. Tout comme l'armée de Terre, dans l'hommage qu'elle leur a rendu, y a associé la mémoire des victimes de l'école Ozar Ha Torah, et ceux qui furent blessés, militaires et civils, lors de ces crimes.

 

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20/03/2012

Contre la peur, ensemble

paix5.jpgLe plus jeune, Gabriel, avait quatre ans, quatre petites années de rien du tout et les deux plus âgés, Jonathan et Imad, n'en avaient que trente. Gabriel, Arieh, Jonathan, Myriam, Abel, Mohamed, Imad: sept vies infiniment jeunes habitent nos pensées. Trois enfants, quatre jeunes adultes en plein essor. Nous les portons dans nos coeurs du mieux que nous pouvons, nous essayons de nous élever à la hauteur de leur malheur, et de rester forts et confiants malgré le poids de la violence, de l'absurde, de l'horreur.


Ceux qui savent prier et ceux qui ne savent pas, ceux qui veulent et ceux qui ne veulent pas, ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, tous nous cherchons en nous le meilleur de nous-mêmes pour répondre en humains à ce qui semble inhumain.

Notre coeur vole vers les victimes inconnues et soudain si familières, il vole vers leurs familles, il vole vers les blessés qui luttent pour la vie.

Et puis il y a "lui", celui qui tue, celui qu'on cherche, celui qui échappe pour le moment à la police mais aussi et surtout à l'entendement.

"Lui" aussi, ne devons-nous penser à "lui" aussi? Ceux qui prient, ne devraient-il prier pour "lui" aussi?

Pour qu'il lève sa visière et que nous sachions qui il est, bien sûr.

Pour que nous puissions entendre la réponse de la justice, notre justice, à des crimes qui nous dépassent.

Et pour qu'il ait, "lui" aussi, encore une chance de revenir à la raison, de choisir le camp des humains, de considérer ses actes, et de s'en repentir de tout son être.

Alors seulement, aux enfants de quatre ans et aux enfants de tous âges, ces enfants que nous sommes tout au long de notre vie, nous aurions quelque chose à dire qui puisse, un peu, au-delà des larmes et avec l'aide du temps, apaiser notre chagrin et notre honte.

11/09/2011

11 septembre, le trop plein?

Ce n’est pas qu’on en fait trop, pour commémorer les attentats du 11 septembre, même si je reconnais que je n’en peux plus de ces images qui, à force d’être rediffusées, perdent leur charge émotionnelle. Non, c’est plutôt qu’à force, on ne sait plus ce qu’on commémore.

Et encore, pour nous qui avons vécu l’événement en direct, les choses sont claires. Nous nous rappelons tout, et nous savons ce que nous avons essayé d’en tirer.

6ème.jpegMais prenons l’exemple d’enfants qui entrent en 6 ème cette année. Ils étaient à peine nés quand c’est arrivé. Qu’est-ce que ça veut dire pour eux? Quand ils attrapent des bribes de conversation entre leurs parents ou leurs camarades, ou qu’ils captent des images plus ou moins furtives à la télévision, comment s’y retrouvent-ils? A qui, selon eux, sont destinées ces commémorations? Ceux qui étaient dans les avions? Dans les tours? Au sol? Ceux qui dès le lendemain se sont promenés comme de pauvres hommes sandwichs, brandissant la photo de leurs bien-aimés imprimée à la hâte sur leur imprimante personnelle? «Vous avez vu mon mari? Mon fils? Mon père? Mon frère? » Pour ces enfants-là, l’avenir fait-il peur? S’il y a un méchant dans l’histoire, est-il toujours menaçant? Que faire contre lui?

On peut imaginer que nos enfants conçoivent des peurs qu’ils n’osent nous communiquer. Peur du feu, peur des immeubles qui s’effondrent, peur des avions, peur de notre impuissance devant une menace diffuse... On peut se demander si des névroses ne peuvent survenir, comme la claustrophobie ou l’angoisse sous toutes ses formes... Ou encore, de façon pernicieuse, la peur des Arabes, la peur des religions, la peur de l’autre...

On pourrait égrener les mots qui nous viennent à l’esprit, quand on dit 11 septembre : choc - terrorisme - panique - incendie - guerre - gratte-ciel - pompiers - Ben Laden - intégrisme - avion - défenestration - cendre - peur - tristesse - colère... Ils sont terribles, ces mots!

Mais il y en a d’autres, pertinents eux aussi : entre-aide - solidarité - détermination - courage - reconstruction - énergie - fidélité - démocratie - fraternité - coeur - espoir...


La journée du 11 septembre 2001, c’est la journée qui ne finit jamais. Ceux qui se souviennent de la décontraction avec laquelle on embarquait, avant, dans un avion, peuvent dire que la grande euphorie du village planétaire, vécue après l’effondrement du rideau de fer, nous est rentrée dans la gorge. Au-delà des victimes directes de New York, d’Irak et d’Afghanistan, la confiance est la grande victime du 11 septembre.


L’enseignement de cette journée doit pourtant être l’occasion d’un regain de confiance. Au lieu de nous faire voir l’ennemi partout, elle peut nous faire voir l’ami partout.

Si on faisait jouer à un élève de 6 ème, successivement, le rôle de tous les protagonistes, en lui demandant: «Maintenant, tu es le pilote... Que fais-tu? Et tu es contrôleur aérien... Que dis-tu? Tu es l’un des terroristes... Tu es un passager... Tu es l’agent de change dans son bureau du 80 ème étage de la tour... Tu es sa femme qui regarde la télévision... Tu es le maire de New York... Tu es un jeune pompier... » Il est probable que son imagination travaillerait avec beaucoup de réalisme. Et qu’en arrivant à la question «Tu es un jeune pompier... Un vieux flic... Juste un passant, un rescapé... Que penses-tu, que fais-tu?  »,

cet enfant imaginerait son rôle avec beaucoup de réalisme. Alors, en réponse aux questions de la fin, «si tu étais un jeune pompier, un simple passant... », il répondrait sans hésiter: «J’irais voir comment je peux aider... J’écouterais si quelqu’un appelle... Je proposerais de donner un coup de main... Je verrais quel service je peux rendre... » Et cela permettrait de répondre sans détour, avec franchise et simplicité: «Tu as raison. C’est ce que tu ferais. Et tu vois, c’est exactement ce qui s’est passé, ce jour-là et les nombreux jours suivants, il y a dix ans. »

Enfant ou adulte, on se dirait alors que ça vaut drôlement la peine de vivre dans ce monde-là. Et de mettre en avant, par de belles commémorations, l’élan qui pousse l’humanité à ne jamais se décourager et à toujours trouver en elle l’envie folle et la force de répondre au pire par ce qu’elle a de meilleur. Pour avoir le dernier mot.

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