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14/09/2012

La chasse aux retraités est ouverte

Ce titre, aujourd'hui en première page du quotidien Libération, m'a fait sursauter. Pas vous?

 

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Désigner une partie de la population, l'accuser des malheurs des autres, faire détester des gens en bloc, et comme par hasard des gens qui ne peuvent pas beaucoup se défendre (justement parce qu'ils sont à la retraite...). Ca me choque, pas vous?

Berk! Je n'ose même pas dire ce que ça évoque. Pas vous?

Je ne crois pas qu'on oserait désigner comme ça une autre catégorie de population. Essayez, en remplaçant le mot retraité par un autre, "immigrés", "Roms", "handicapés", "malades du cancer"... etc. Vous voyez l'effet que ça fait! Révoltant!

Bref, ça me dégoûte et ça m'inquiète. Pas vous?

14/08/2012

Toi le retraité, ta gueule!

Pourquoi les pays riches sont-ils devenus pauvres?

Pourquoi les pays riches sont-ils couverts de dettes?

A cause des retraités bien sûr!

C'est la réponse tentante tellement elle est facile : un retraité ne peut plus se défendre.

C'est le moment rêvé pour cesser d'être solidaires de ces gens-là, pensent beaucoup! Et pas seulement en France.Tant qu'ils étaient jeunes et productifs, on avait besoin d'eux pour soigner les moins jeunes, moins valides, mais maintenant, qu'ils se débrouillent!

Aussi choquant que ça paraisse, dit comme ça, c'est pourtant une réalité proclamée. Les retraités croient-ils qu'on va leur verser une pension et les laisser bichonner leur petite santé jusqu'au bout? Ils rêvent!

Souvenez-vous par exemple, il y a deux ans sur France Info, un certain Alain Minc, pourtant baby-boomer lui aussi, trouvait aberrant que son propre père, 102 ans, ait été soigné aux frais de la sécurité sociale. Heu... Mais il avait cotisé combien de temps, le papa, sans rien dépenser? Et pour une fois qu'il avait besoin de soins, on lui aurait dit "Désolé, trop tard, tu ne vaux plus le coût!"?

Cette idée qu'au moment où certains vont avoir besoin de la sécurité sociale, on va justement leur dire "Ah non, hein, pas vous" fait son chemin, pas seulement en France.

La vidéo que je vous propose ci-dessous est en anglais, je vous la traduis donc. La scène ensuite sera toute simple à regarder.

Ca se passe l'automne dernier, lors d'un déjeuner-débat payant (15 dollars par personne) avec Paul Ryan, 42 ans. C'est un élu chargé du budget dans son assemblée, qui se présente aux prochaines élections présidentielles américaines en tant que vice-président. Il veut réduire la dette notamment en supprimant les principales aides, dont l'assurance maladie des plus de 65 ans. Elle serait remplacée par une somme donnée aux seniors défavorisés pour qu'ils s'achètent eux-mêmes une assurance privée.

Au cours de son exposé, Paul Ryan affirme donc : "L''essentiel de la dette du pays est due à nos programmes sociaux."

Un participant de 71 ans, Tom Nielsen, plombier à la retraite, l'interpelle alors vigoureusement (n'oubliez pas: il s'agit d'un déjeuner-débat!) : "J'ai cotisé à tout ça pendant cinquante ans, le chômage, la sécurité sociale, l'assurance vieillesse, et maintenant vous allez..."

Là, on entend les flics qui arrivent dare dare, qui le sortent manu militari et le plaquent au sol en hurlant "à terre! à terre!" comme s'il avait sorti une grenade dégoupillée de sa poche. Sur le champ, ils lui passent les menottes.

Au lieu de calmer le jeu devant cette scène ridicule et odieuse (ridicule parce que totalement disproportionnée, odieuse parce qu'il s'agit d'un homme d'âge mûr), Paul Ryan se moque justement de l'âge de cet homme, éjecté de la salle alors même qu'il avait payé sa place: "J'espère qu'il a bien pris son médicament contre l'hypertension", raille-t-il.

Vous croyez que la salle va s'indigner? Pas du tout, elle trouve que c'est une bonne blague et rit de bon coeur.

Au cours de ce repas, trois personnes qui posaient des questions critiques ont ainsi été éjectées de la salle et emmenées au poste dans le panier à salades.

A la sortie, quelques indignés attendaient le candidat pour le huer et lui manifester leur dégoût de le voir faire arrêter des gens sans raison.

Paul Ryan leur a répondu en leur faisant un petit signe de la main accompagné d'un sourire narquois.

Et maintenant, voici la video. Ne la regardons pas en nous disant "c'est loin, c'est l'Amérique, ça ne viendra pas chez nous". Car c'est déjà chez nous. Et si vous avez des exemples, merci de nous les faire partager!





 

29/11/2011

La Sécu, c'est nous

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En sortant du cinéma, j'ai pris le métro pour rentrer chez moi. Il était 22 heures. Sur le quai, nous étions nombreux, une trentaine de personnes, et il restait quatre minutes à attendre la rame. Si j'avais osé, j'aurais pris une photo. Mais cela n'aurait pu qu'être mal interprété. Ce que j'aurais voulu montrer, sur cette photo? Qu'à 22 heures, un soir de semaine, en plein coeur de Paris, j'étais la seule sur le quai à n'avoir aucun problème.

Je veux dire: aucun problème social. Des problèmes, j'en ai comme tout le monde. Mais je ne suis pas pauvre, ni alcoolique, ma santé n'est pas délabrée, j'ai un chez moi, des gens qui attendent que je rentre et seront contents de me voir arriver. Ceux que j'avais sous les yeux (100% d'hommes, ça ne m'a pas frappée sur le moment mais à la réflexion, si!) étaient soit très patibulaires, avec leurs capuches de sweat et leurs casques MP3 qui les rendaient presque sans visage, leur façon d'occuper le quai et de fumer ostensiblement, soit très misérables, avec leurs sacs de couchages, leurs caddies remplis de vieilles choses entassées, leurs litrons de pinard à portée de main et leur façon de parler trop fort sans se faire entendre pour autant.

Choc, incrédulité, un peu de peur, un peu de honte, et de la sympathie. Voilà ce que j'ai ressenti pendant les quatre minutes d'attente. L'un des sans-abris m'a sollicitée, j'ai donné deux euros. Un étudiant tout jeune est arrivé, il a été sollicité aussi, il n'avait que des cigarettes, il les a données. Puis je suis montée dans le métro, je me sentais un peu princesse dans mon carosse, laissant derrière moi ceux qu'on appelle les marginaux.

On peut accuser les banques, la finance, les politiques, les médias, les corrompus, les tricheurs, qui on veut: pour finir la solution c'est nous.

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Les Restos du coeur sont repartis en campagne, celle du Secours catholique s'est affichée sur nos murs pendant tout le mois de novembre, le Téléthon commence vendredi. C'est la quête à tous les étages. Y compris les faux quêteurs, que comme moi vous éconduisez plus ou moins poliment, quand ils sonnent à votre porte en se prétendant de La Poste, ou éboueurs, ou pompiers... Faux quêteurs, vrais menteurs, mais surtout vrais exclus eux aussi.

Vous connaissez le système wiki: il a commencé il y a dix ans, avec l'encyclopédie Wikipedia, à laquelle contribuent, chacun de son côté, des millions de bénévoles à travers la planète, non seulement en postant des biographies, des articles, mais en complétant ou corrigeant ceux des autres. Ce système contributif est spontané, solidaire et entièrement autorégulé.

Quelle différence avec ces grandes, parfois très grandes, ou petites, parfois très petites associations qui font tout pour endiguer le malheur et la pauvreté? Quelle différences avec ces millions de gestes individuels qui, tous les jours, mettent un peu de sous dans un gobelet tendu et un peu de baume sur les plaies?

La sécurité sociale et toutes les solidarités institutionnelles continuent de fonctionner malgré les déficits, c'est bien. Mais s'y ajoute plus que jamais une sorte de wiki-sécu qui n'a pas de conseil d'administration, pas de président, pas d'adresse répertoriée, à laquelle personne n'est obligé de cotiser et qui pourtant fonctionne à plein régime. Cette wiki-sécu, c'est vous, c'est moi, c'est un étudiant qui donne ses clopes à une heure où il aura du mal à trouver un bureau de tabac ouvert pour se réapprovisionner.

Partout où il y a de la misère, il y a aussi cet élan. La crise rend égoïste? On aurait plutôt tous les jours sous les yeux la preuve qu'au contraire, la crise rend généreux.



 

 
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