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19/08/2013

Retraite précoce, Alzheimer féroce?

Des chercheurs et épidémiologistes de l'Inserm, sous la direction de la spécialiste Carol Dufouil, montrent que le risque d'être atteint de la maladie d'Alzheimer diminue de 3% par an pour un individu en activité, comparé à un individu à la retraite (l'étude portait sur 429 000 artisans et commerçants).

Mine de rien, entre ceux qui prennent la retraite à 60 ans et ceux qui la prennent à 65 ans, ça fait une différence de 15%. C'est énorme!

Pardonnez mon mauvais esprit, mais comment s'empêcher de penser qu'un tel résultat tombe à point dans un pays qui doit d'urgence trouver les moyens de repousser l'âge légal de la retraite à taux plein?

Dans les années 1980, les journaux affirmaient à longueur de colonnes qu'à 40 ans nous étions quasi-vieux, en tout cas inadaptables, que les nouvelles technologies nous dépassaient et que plus vite nous prendrions notre retraite, mieux ça serait pour notre petite santé, celle des entreprises et la courbe du chômage. 

Trente ans après, vu que l'économie marche beaucoup moins bien, que les retraités sont trop nombreux et les actifs pas assez, le pain blanc est mangé et les caisses de retraite sont aux abois. Alors le refrain scientifique change. Plus les séniors partent tard à la retraite, mieux ils se portent. Ce qui est pain béni pour eux, pour leur famille, pour l'assurance maladie et accessoirement pour les caisses de retraite.

De tout temps, je pense, la recherche a été dans le sens qui arrangeait l'époque. Lui fait-on dire ce que nous voulons entendre? Les budgets sont-ils plus faciles à obtenir quand les résultats peuvent donner un coup de pouce aux nécessités contemporaines et aux manoeuvres électorales? Les médias ont-ils tendance à mettre en valeur ce qui va psychologiquement ou politiquement dans le bon sens?

Je ne remets pas en cause le travail de Mme Dufouil et de ses collaborateurs. D'autant plus qu'instinctivement, on aurait parié qu'un cerveau entraîné était mieux équipé pour résister aux attaques qu'un cerveau laissé au repos. Ma question, c'est plutôt: si ces mêmes recherches avaient été menées dans les années 1980, quand l'obsession était de chasser de la vie active les plus de 50 ans, les médias leur auraient-ils donné cette publicité? Tout le monde était tellement content de ne plus travailler, de profiter de retraites à l'époque confortables, et le gouvernement se rendait si populaire en abaissant l'âge légal du départ en RTT permanente et définitive... Mme Dufouil et son équipe auraient certainement prêché dans le désert. Tandis qu'aujourd'hui, le contexte a changé. Et comme par hasard, les chercheurs font entendre un nouveau son de cloches, celui qui sonne dans le sens du vent.


14/08/2012

Toi le retraité, ta gueule!

Pourquoi les pays riches sont-ils devenus pauvres?

Pourquoi les pays riches sont-ils couverts de dettes?

A cause des retraités bien sûr!

C'est la réponse tentante tellement elle est facile : un retraité ne peut plus se défendre.

C'est le moment rêvé pour cesser d'être solidaires de ces gens-là, pensent beaucoup! Et pas seulement en France.Tant qu'ils étaient jeunes et productifs, on avait besoin d'eux pour soigner les moins jeunes, moins valides, mais maintenant, qu'ils se débrouillent!

Aussi choquant que ça paraisse, dit comme ça, c'est pourtant une réalité proclamée. Les retraités croient-ils qu'on va leur verser une pension et les laisser bichonner leur petite santé jusqu'au bout? Ils rêvent!

Souvenez-vous par exemple, il y a deux ans sur France Info, un certain Alain Minc, pourtant baby-boomer lui aussi, trouvait aberrant que son propre père, 102 ans, ait été soigné aux frais de la sécurité sociale. Heu... Mais il avait cotisé combien de temps, le papa, sans rien dépenser? Et pour une fois qu'il avait besoin de soins, on lui aurait dit "Désolé, trop tard, tu ne vaux plus le coût!"?

Cette idée qu'au moment où certains vont avoir besoin de la sécurité sociale, on va justement leur dire "Ah non, hein, pas vous" fait son chemin, pas seulement en France.

La vidéo que je vous propose ci-dessous est en anglais, je vous la traduis donc. La scène ensuite sera toute simple à regarder.

Ca se passe l'automne dernier, lors d'un déjeuner-débat payant (15 dollars par personne) avec Paul Ryan, 42 ans. C'est un élu chargé du budget dans son assemblée, qui se présente aux prochaines élections présidentielles américaines en tant que vice-président. Il veut réduire la dette notamment en supprimant les principales aides, dont l'assurance maladie des plus de 65 ans. Elle serait remplacée par une somme donnée aux seniors défavorisés pour qu'ils s'achètent eux-mêmes une assurance privée.

Au cours de son exposé, Paul Ryan affirme donc : "L''essentiel de la dette du pays est due à nos programmes sociaux."

Un participant de 71 ans, Tom Nielsen, plombier à la retraite, l'interpelle alors vigoureusement (n'oubliez pas: il s'agit d'un déjeuner-débat!) : "J'ai cotisé à tout ça pendant cinquante ans, le chômage, la sécurité sociale, l'assurance vieillesse, et maintenant vous allez..."

Là, on entend les flics qui arrivent dare dare, qui le sortent manu militari et le plaquent au sol en hurlant "à terre! à terre!" comme s'il avait sorti une grenade dégoupillée de sa poche. Sur le champ, ils lui passent les menottes.

Au lieu de calmer le jeu devant cette scène ridicule et odieuse (ridicule parce que totalement disproportionnée, odieuse parce qu'il s'agit d'un homme d'âge mûr), Paul Ryan se moque justement de l'âge de cet homme, éjecté de la salle alors même qu'il avait payé sa place: "J'espère qu'il a bien pris son médicament contre l'hypertension", raille-t-il.

Vous croyez que la salle va s'indigner? Pas du tout, elle trouve que c'est une bonne blague et rit de bon coeur.

Au cours de ce repas, trois personnes qui posaient des questions critiques ont ainsi été éjectées de la salle et emmenées au poste dans le panier à salades.

A la sortie, quelques indignés attendaient le candidat pour le huer et lui manifester leur dégoût de le voir faire arrêter des gens sans raison.

Paul Ryan leur a répondu en leur faisant un petit signe de la main accompagné d'un sourire narquois.

Et maintenant, voici la video. Ne la regardons pas en nous disant "c'est loin, c'est l'Amérique, ça ne viendra pas chez nous". Car c'est déjà chez nous. Et si vous avez des exemples, merci de nous les faire partager!





 

 
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