logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

09/01/2012

Vive la France! Et vous, comment la voyez-vous?

 

On se retrouve!

Allez, après trois semaines de trève, commençons par un petit jeu pour sourire ensemble. Voici plusieurs cartes de France, vues pas les yeux des uns et des autres. Vous verrez, ce ne sont pas toujours les yeux de Chimène.

Mais vous, en 2012, comment voyez-vous la France ?

Je suis sûre que, si j'énumérais ses qualités et ses défauts, j'aboutirais à la même liste que chacun d'entre vous.

Le plus beau pays du monde, avec sa terre généreuse et fertile?

terre fertile.jpgOui, mais il faudrait arrêter d'asphalter la terre nourricière pour construire des pavillons.pavillons.jpg

Un pays de contrastes, avec la mer, la montagne, la campagne, les villes et les villages?

vignes_village_bourgogne.jpg

Oui mais tellement uniformisé par les chaînes de magasins, les enseignes identiques où qu'on aille, avec partout Zara, partout Celio, partout Starbuck Coffee, partout les City Markets...Starbucks_ext.jpg

 

Un pays d'opulence, avec ses boutiques dont les étals regorgent des meilleurs produits? Marché bocuse.gif

Oui mais tant de pauvreté, tant de sans-abris, tant de pauvres hères, chaque jour plus nombreux, plus jeunesSans abri.jpg et plus mal en point que la veille.

Un pays de culture, avec des musées, des monuments, des bibliothèques, kiosques à journaux, des médiathèques, des théâtres, des cinémas?

pasaj livres 5.jpg

Oui mais nous n'avons pas les moyens de notre propre histoire, et nos monuments les plus prestigieux sont souvent entretenus grâce à des capitaux étrangers. Que serait Versailles sans les donateurs américains? Quant à la maison de Monet et aux jardins de Giverny, ils seraient restés en friches.Monet.jpg

Un pays qui porte l'art de vivre à son apogée? Sauf que de tous les grands hôtels parisiens, ceux qui accueillent la plus prestigieuse clientèle étrangère, venue goûter dans la ville Lumière à tous les raffinements de nos traditions et découvrir ce que luxe et élégance veulent dire, plus un seul n'est la propriété d'un groupe français.restaurant-du-crillon-2172112.jpg

Que souhaitons-nous à notre France? On a coutume de dire que notre patrie c'est le pays de nos parents, ou tout au moins le pays où nous sommes nés. Comme la Normandie de la chanson, "le pays qui m'a donné le jour"... Mais à l'âge que j'ai, ma patrie, c'est le pays de mes enfants. Elle leur a beaucoup donné, aujourd'hui ils le lui rendent bien. Espérons que cet échange pourra durer, pendant des générations et des générations.

bébé.jpg

 


 


29/11/2011

La Sécu, c'est nous

odéon.jpeg

En sortant du cinéma, j'ai pris le métro pour rentrer chez moi. Il était 22 heures. Sur le quai, nous étions nombreux, une trentaine de personnes, et il restait quatre minutes à attendre la rame. Si j'avais osé, j'aurais pris une photo. Mais cela n'aurait pu qu'être mal interprété. Ce que j'aurais voulu montrer, sur cette photo? Qu'à 22 heures, un soir de semaine, en plein coeur de Paris, j'étais la seule sur le quai à n'avoir aucun problème.

Je veux dire: aucun problème social. Des problèmes, j'en ai comme tout le monde. Mais je ne suis pas pauvre, ni alcoolique, ma santé n'est pas délabrée, j'ai un chez moi, des gens qui attendent que je rentre et seront contents de me voir arriver. Ceux que j'avais sous les yeux (100% d'hommes, ça ne m'a pas frappée sur le moment mais à la réflexion, si!) étaient soit très patibulaires, avec leurs capuches de sweat et leurs casques MP3 qui les rendaient presque sans visage, leur façon d'occuper le quai et de fumer ostensiblement, soit très misérables, avec leurs sacs de couchages, leurs caddies remplis de vieilles choses entassées, leurs litrons de pinard à portée de main et leur façon de parler trop fort sans se faire entendre pour autant.

Choc, incrédulité, un peu de peur, un peu de honte, et de la sympathie. Voilà ce que j'ai ressenti pendant les quatre minutes d'attente. L'un des sans-abris m'a sollicitée, j'ai donné deux euros. Un étudiant tout jeune est arrivé, il a été sollicité aussi, il n'avait que des cigarettes, il les a données. Puis je suis montée dans le métro, je me sentais un peu princesse dans mon carosse, laissant derrière moi ceux qu'on appelle les marginaux.

On peut accuser les banques, la finance, les politiques, les médias, les corrompus, les tricheurs, qui on veut: pour finir la solution c'est nous.

secours catho.jpeg

Les Restos du coeur sont repartis en campagne, celle du Secours catholique s'est affichée sur nos murs pendant tout le mois de novembre, le Téléthon commence vendredi. C'est la quête à tous les étages. Y compris les faux quêteurs, que comme moi vous éconduisez plus ou moins poliment, quand ils sonnent à votre porte en se prétendant de La Poste, ou éboueurs, ou pompiers... Faux quêteurs, vrais menteurs, mais surtout vrais exclus eux aussi.

Vous connaissez le système wiki: il a commencé il y a dix ans, avec l'encyclopédie Wikipedia, à laquelle contribuent, chacun de son côté, des millions de bénévoles à travers la planète, non seulement en postant des biographies, des articles, mais en complétant ou corrigeant ceux des autres. Ce système contributif est spontané, solidaire et entièrement autorégulé.

Quelle différence avec ces grandes, parfois très grandes, ou petites, parfois très petites associations qui font tout pour endiguer le malheur et la pauvreté? Quelle différences avec ces millions de gestes individuels qui, tous les jours, mettent un peu de sous dans un gobelet tendu et un peu de baume sur les plaies?

La sécurité sociale et toutes les solidarités institutionnelles continuent de fonctionner malgré les déficits, c'est bien. Mais s'y ajoute plus que jamais une sorte de wiki-sécu qui n'a pas de conseil d'administration, pas de président, pas d'adresse répertoriée, à laquelle personne n'est obligé de cotiser et qui pourtant fonctionne à plein régime. Cette wiki-sécu, c'est vous, c'est moi, c'est un étudiant qui donne ses clopes à une heure où il aura du mal à trouver un bureau de tabac ouvert pour se réapprovisionner.

Partout où il y a de la misère, il y a aussi cet élan. La crise rend égoïste? On aurait plutôt tous les jours sous les yeux la preuve qu'au contraire, la crise rend généreux.



 

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique