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21/05/2012

Les ados récidivistes

Christiane-Taubira_pics_809.jpgNotre nouveau ministre de la Justice, Christiane Taubira, a visité aujourd'hui une permanence de l'antenne des mineurs au Palais de Justice.

Les premiers pas de ce gouvernement montrent leurs priorités et leurs urgences. Pour Mme Taubira, c'est de revenir sur une décision récente (août 2011), qui créait des tribunaux correctionnels pour mineurs récidivistes âgés de 16 à 18 ans. Ils y seraient jugés par trois juges professionnels, comme c'est le cas pour les adultes, mais n'y encoureraient pas les mêmes peines.

Mme Taubira estime que mieux vaut revenir à la situation précédente et rester dans le cadre général de la justice réservée aux mineurs: ces adolescents récidivistes seront bientôt, comme c'était le cas depuis 1945, jugés par un juge professionnel assisté de deux simples citoyens, ayant de l'expérience dans l'univers de l'enfance et de la jeunesse (par exemple des profs, des psys, des éducateurs...).

C'est le genre de décision qui enflamme l'opinion dans un sens comme dans l'autre. Et pourtant avouons-le: quand un adolescent s'est déjà suffisamment mis dans la panade pour être récidiviste et relever de tels tribunaux, la question n'est pas de savoir s'il va comparaître devant des pros ou des quasi-pros. La question est de savoir comment il en est arrivé là et comment on va l'en sortir.

Jugé pour la deuxième, troisième fois à 16 ans, 17 ans? Et on va perdre son temps à se chamailler sur la composition du tribunal, alors que sans doute ça fait déjà dix ans qu'on se disait qu'il filait un mauvais coton?

Ne baissons pas les bras. 820 000 bébés naissent chaque année dans ce pays. A chaque fois qu'on leur apprend à dire bonjour et merci, on les éloigne des tribunaux. Alors, au boulot!

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13/03/2012

Congés, chômage: le silence des candidats

Travail.Suisse.JPGLes Suisses sont nos voisins. Une partie d’entre eux a la même langue maternelle que nous. On ne saurait imaginer plus proches.

Pourtant, interrogés par référendum sur la durée des congés payés, partout, dans tout le pays, à une écrasante majorité (66,5%), ils ont dit non à deux semaines de plus que leurs quatre semaines actuelles (sur la photo, des délégués du syndicat travail.suisse, à l'origine de l'initiative pour des vacances plus longues, afin que la pression se relâche).

Pas un seul canton de la fédération n’a donné la majorité au oui.

En France, silence des principaux candidats. Eux qui sont prêts à tout commenter, ils n’avaient soudain rien à dire. Quel sens donner à ce vote, pourtant ?

Les Suisses apparemment pensent que le travail leur réussit. Leur taux de chômage est faible (autour de 3%), la rémunération est bonne, le pays se porte bien. L’âge légal de la retraite est 65 ans pour les hommes, 64 ans pour les femmes. Malgré des semaines de 42 heures, les Suisses jugent que ce n’est pas le moment de dételer.

Tous nous avons des chômeurs dans notre famille, souvent ils sont jeunes (mais pas tant que ça, 25 ans, 28 ans, et toujours la précarité malgré des études sérieuses, c’est normal ?), souvent ils sont moins jeunes (52 ans, 59 ans, des enfants étudiants, et pas moyen de les rassurer malgré un parcours honnête, c’est normal ?). Si on leur proposait un boulot dans leurs compétences, bien rémunéré, avec une semaine de 42 heures de travail et quatre semaines minimum de congés payés, une retraite correcte garantie au bout du compte, trouveraient-ils que le marché est acceptable ?

En tout cas, les candidats à l’Elysée sont restés muets. Dommage, la question est plus importante que celles qui les rendent super bavards, comme savoir si on va supprimer un mot de la constitution ou réduire le salaire du président de 10%.

Bon, pour finir avec le sourire, voici une petite vidéo: c'est un Suisse qui fait campagne en faveur de la sieste et contre le stress permanent. Avec la complicité de caméras cachées, il s'installe donc dans les endroits emblématiques du stress maximum, et pique un roupillon dans sa voiture. Voici le résultat, dans un fastfood...

 


 

 

 

 

 

24/10/2011

Nicolas+Carla=Giulia

Une fois de plus, nous (nous, les Français) avons trouvé moyen de tout compliquer. Rien de plus simple pourtant que d'avoir un bébé! Rien de plus banal, rien de plus attendrissant.800515_france-s-first-lady-carla-bruni-sarkozy-leaves-the-maternity-clinic-clinique-de-la-muette-in-paris.jpg

Si une joie peut être partagée avec un couple, même un couple qu'on n'adore pas forcément, c'est bien la naissance d'un enfant.

C'était sans doute trop simple. Il a fallu qu'on discute sans fin sur le thème "le président de la République doit-il ou ne doit-il pas évoquer sa vie privée?"

Du coup, tout est devenu maniéré. La femme du président a dit tellement souvent, à la radio et à la télévision, qu'il ne fallait pas en faire une histoire, que c'en est devenu une.

En Angleterre, le Premier ministre, David Cameron, a toujours été très ouvert et très honnête sur sa vie familiale. Bien avant d'être nommé, alors qu'il n'était qu'une personnalité montante de la vie politique locale, il s'est montré avec sa femme et ses enfants.

C'était d'autant plus frappant que l'aîné, Ivan, souffrait d'une maladie rare qui l'handicapait affreusement. Il ne marchait pas, ne parlait pas, se nourrissait très difficilement et était constamment la proie d'affreuses crises d'épilepsie.

 

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Cela n'empêchait pas les Cameron d'aller partout avec lui, ainsi qu'avec sa petite soeur et son petit frère.

Pendant la campagne électorale, en 2009, David Cameron expliquait encore et encore combien, pour lui, un système de santé publique gratuit, ouvert à tous et de grande qualité, était une priorité. En effet, bien qu'il fût lui-même d'une famille aisée, il avait pu mesurer l'appui que la sécurité sociale lui avait fourni, ainsi qu'à sa femme, quand il avait été confronté à un enfant nécessitant des soins jour et nuit.

Ainsi, grâce à ce partage d'expérience, les Britanniques ont pu sentir chez ce candidat une familiarité, une proximité. Lui aussi, avec sa femme, devait faire face à d'immenses difficultés. Lui aussi malgré tout essayait de construire un bonheur familial. Lui aussi avait besoin de l'aide de la société, pour faire face.

Au cours de la campagne électorale, Ivan a perdu la vie. L'adversaire politique de David Cameron a rendu un hommage bouleversant à son rival, en demandant une minute de silence aux députés. Ce deuil cruel, ce grand vide laissé par un enfant dont il fallait s'occuper constamment, a inspiré à deux adversaires opposés dans une lutte féroce un grand moment d'humanité, de dignité, et bien sûr d'émotion pour tout le pays.

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Quand David Cameron a dit, plus tard, qu'il avait failli tout abandonner à ce moment-là, car la souffrance était telle que tout le reste lui semblait vide de sens, personne n'a douté de sa sincérité.

L'histoire finit bien car l'année suivante, un nouveau bébé - une petite fille! - est venu consoler cette famille. Rien n'est oublié, mais la vie est là.images-5.jpeg

On ne souhaite évidemment pas à notre président et à sa femme de connaître le millième de ces difficultés. Mais si avec spontanéité, sans en faire des tonnes, ils voulaient bien faire confiance aux Français au lieu de s'en méfier, et partager très simplement avec eux le plus naturel des bonheurs, ce serait bienvenu.

Car comme Cameron a appris, grâce à son petit Ivan, ce qu'un bon système de santé pouvait apporter à ses compatriotes, nous aimerions savoir que la petite Giulia, elle aussi, va apprendre à son papa des choses importantes, profondes, inattendues, qui l'aideront à prendre de bonnes décisions et seront utiles à chacun d'entre nous.

 
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