14/03/2012
Pour Pierre Schoendoerffer
Il a filmé la guerre comme personne, ou plutôt non: il a filmé les soldats comme personne.
Passons encore quelques minutes avec Pierre Schoendoerffer. Sept petites, sept très belles minutes.
En hommage au réalisateur mort ce matin à l'hôpital militaire de Clamart, et tout particulièrement en souvenir des combattants de la guerre d'Indochine, français, étrangers de la Légion, supplétifs, la guerre oubliée.
PIERRE SCHOENDOERFFER // LÀ-HAUT, AU-DESSUS DES... par stephanedugast
Voici également la prière que Pierre Schoendoerffer aimait citer. Elle fut écrite par l'aspirant André Zirnheld avant la guerre dans laquelle, en juin 1942, il perdit la vie.

16:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : pierre schoendorffer, 317ème section, guerre d'indochine, supplétifs, légion étrangère, prière du parachutiste, andré zirnheld
14/11/2011
En souvenir de nos soldats
Voici le monument aux morts de la Gare de Lyon, tout fleuri vendredi dernier. C’était peut-être la dernière fois que ce jour férié était officiellement tourné vers le souvenir des victimes de la Grande Guerre. Le président de la République a en effet annoncé une loi qui ferait du 11 novembre « la date de commémoration de la Grande Guerre et de tous les morts pour la France. »
C’était un peu la bousculade, en gare ce jour-là, et pourtant ces fleurs, ces drapeaux m’ont apaisée. Au lieu de chercher, fébrile, le numéro de mon quai, je suis restée un instant pensive. Tant de jeunes hommes. Tous mis au monde, élevés, choyés. Tous sacrifiés. Merci à eux. Et merci au Souvenir Français de si bien entretenir les monuments, fleurir plaques et tombes, créer de nouveaux lieux de mémoire, travaillant ainsi pour l’avenir. Leur devise est magnifique : « A nous le souvenir, à eux l’immortalité ».
Dans le train, je me suis demandé qui aujourd’hui représentait pour moi la guerre. Mon grand-père, rendu à sa jeune femme sur une seule jambe en 1916 ? Mon papa et son frère, venus en uniforme dire au-revoir à leurs parents en 1939 ? Mes cousins germains, vivant à Mostaganem pendant les années de guerre de leur père, qui gardent les séquelles de la bombe sur laquelle ils ont sauté ? Une bombe posée par le FLN dans une salle de cinéma où on projetait un film pour enfants. Ou sans lien avec moi, le colonel Hélie Denoix de Saint Marc, qui a raconté mieux que personne la guerre d’Indochine, douloureuse, méconnue ?
Ou encore ces soldats anonymes, ces hommes braves, souvent simples contractuels, qui au risque de leur vie, au risque des pires blessures, portent les valeurs de notre pays dans des pays qui souffrent. Parce qu’ils ont les qualités pour, parce qu’ils y croient, et parce qu’ils ont une famille à nourrir.
En Amérique comme chez nous, le 11 novembre a d’abord célébré l’armistice de la Grande Guerre. Mais dès 1954, il est devenu « Veterans Day », le Jour des Anciens combattants. On accroche un ruban jaune à sa porte, on s’envoie des cartes de vœux pour se souhaiter un bon « Veterans Day ». J’avoue, j’aime bien. Même si, pour penser à tous les soldats et à toutes les familles que la guerre a soumises à l’épreuve suprême, je n’avais pas franchement besoin d’une loi…

