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16/10/2013

59 minutes pour réfléchir à l'euthanasie

Je n'ai pas oublié que mon blog s'appelle "Avec le sourire", et j'aimerais sans doute avec le documentaire que je vous propose de regarder, que nous retrouvions ensemble le sourire. Un sourire qui ne dirait pas que la vie est facile et que tout a une solution, non, mais un sourire qui dirait que nous sommes d'accord pour parler ensemble des choses graves, pour écouter les arguments les uns des autres, et pour rester unis au-delà des divergences. 

Le film qui suit est l'oeuvre d'un journaliste chevronné, Pierre Barnérias. Après avoir réalisé un film sur les soins palliatifs, "Les yeux ouverts", sorti dans les salles de cinéma en 2010, il a voulu enquêter en Belgique, pour savoir, dix ans après sa promulgation, comment était appliquée la loi autorisant l'euthanasie.

Aucune chaîne de télévision, en France, n'a voulu diffuser ce documentaire, ni donc le financer. C'est pourtant un sujet qui nous concerne tous. "L'euthanasie, jusqu'où?" n'est visible que sur Internet. A nous, si nous n'avons pas peur de réfléchir, de le faire circuler. 


19/08/2011

Voyage au bout de la vie

« L’éternité c’est long, surtout vers la fin. » On prête cette jolie formule à beaucoup d’auteurs, de Franz Kafka à Woody Allen. C’est qu’on ne prête qu’aux riches ! Or, cette formule, tout le monde la comprend. Car la fin nous fait peur.

 

La fin d’un livre, la fin d’un voyage, la fin de l’enfance, la fin d’un amour… Nous sommes des animaux qui avons conscience que, comme on dit, « tout ça ne durera pas aussi longtemps que les impôts ». Même la vie.

 

manif.jpgA la télévision ou dans les journaux, nous avons tous vu cette image. Elle montre une partie du personnel de l’Hôpital de Bayonne.

Ils ont revêtu leur blouse blanche pour manifester solennellement leur soutien au Dr Bonnemaison, mis en examen pour avoir –selon ses propres dires-  donné la mort à au moins quatre personnes.

Le Dr Bonnemaison, au préalable directeur du service des urgences, y était urgentiste, avec trois collègues.

 

Cette phrase vous dit-elle quelque chose ? « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier. »

Ca ne m’étonnerait pas qu'elle vous rappelle quelque chose. Ce sont les premiers mots du roman d’Albert Camus, «L’Etranger».

Mais dans la vraie vie ça se passe rarement comme ça. Dans la vraie vie, entre être vraiment là et n’être vraiment plus là, les étapes sont souvent terribles, nombreuses, imprévisibles.

On voudrait avoir la solution. Notre époque veut une solution à tout. Puisque, depuis le plus paumé des villages français, on peut discuter gratuitement et en direct sur Skype avec son frère en Nouvelle Zélande, il doit bien y avoir une solution simple à la fin de la vie, quand elle est inéluctable et douloureuse ?

On comprend l’émotion. On comprend l’inquiétude, pour soi et pour ceux qu’on aime. Pourtant, si on veut bien s’arrêter un instant, les questions sont délicates.

Un exemple tout simple : si on laisse carte blanche aux médecins des urgences, qui décideraient seuls, comme paraît l’avoir fait le Dr Bonnemaison à Bayonne, pourrons-nous y amener l’un de nos parents, ou nous y faire amener nous-mêmes, sans craindre de tomber sur un médecin expéditif, qui décidera seul que notre vie vaut ou ne vaut pas d’être préservée ?

Autre exemple tout simple : si on laisse carte blanche à la famille, pourrons-nous être sûr qu’elle décidera toujours dans l’intérêt de son parent, et non pas pour se libérer d’une angoisse et d’une fatigue, sans même parler d’un poids financier ?

Dernier exemple tout simple : si on laisse l’initiative au patient, pourrons-nous être sûr qu’il est en état de décider ? N’avons-nous été témoins de désespoirs passagers, de maladies en rémission inespérée ? Nous-mêmes, n’avons-nous jamais cru, un jour ou l’autre, que vraiment la vie ne valait plus la peine d’être vécue ?

A toutes ces questions, la loi Leonetti, votée en 2005, répond avec mesure et subtilité. Elle interdit les soins quand ils sont hors de proportions avec le résultat qu’on peut en attendre. Elle impose aux médecins de décider en commun. Elle donne l’obligation de soulager la douleur. Elle énonce clairement que, si le malade refuse les soins, sa volonté doit être respectée.

Alors, que se passe-t-il ? Pourquoi nous sentons-nous si seuls et effrayés quand nous pensons simplement ces trois mots, « fin de vie » ? Pourquoi tant de familles désemparées, tant de malades si peu soulagés ? Quand on parle de « mourir dans la dignité », que veut-on dire vraiment : mettre fin à ses jours ou être entouré, aimé, soulagé jusqu’au bout ? Notre pays n'est-il pas capable de faire connaître à chacun le contenu d'une loi si importante, et d'organiser les services hospitaliers pour qu'ils puissent la mettre en oeuvre?

Pardon d’aborder un sujet si grave, surtout dans un blog intitulé "Avec le sourire". J’espère ne choquer personne. Parfois, on se dit que les mots peuvent être de véritables banderilles, et on voudrait presque chuchoter, si c’était possible par écrit.

Quand il n’y a pas de solution immédiate, évidente, aux questions que je me pose, j’aime lire un beau livre, regarder de belles peintures ou écouter de la belle musique. C’est une manière de ressentir que la vie est belle quand même.

J’ai choisi cet air douloureux, certes, mais réconfortant malgré tout parce qu'il est chanté à deux voix qui s’enlacent et qui s’aiment. L’auteur, Pergolese, n’avait que 25 ans quand il l’a composé, et ses jours déjà étaient comptés. Tuberculeux, c'est au début de sa vie qu'il a dû en affronter la fin.

J’espère que vous aimerez cet air autant que moi.


 

 

 

 
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