logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

23/08/2011

Anna, Emma et Guenièvre

51452_a-photographer-shoots-the-house-where-dominque-strauss-kahn-is-currently-under-house-arrest-in-new-york.jpgQu’il lève le doigt, celui qui ne pense rien de l’affaire Strauss-Kahn et n’a jamais eu envie de mettre son grain de sel. Et pourtant, on nous en a bien trop parlé, de ce non-événement.

 

Les deux attitudes ne sont pas contradictoires. Qu’on ait bien trop parlé d’une histoire peu reluisante mais de faible portée générale, c’est une évidence. Mais que tout le monde ait son opinion, c’est fatal.


Qui est indifférent aux questions que pose la fidélité ? Le couple est une des plus grandes affaires de la vie. Tempérament jaloux ou pas, il parie sur la durée, qui se construit sur la confiance.


La fidélité est considérée par certains comme une condition sine qua non, et le premier accroc à ce pacte signe la fin de l’alliance. Le couple alors vole en éclats, sacrifié à sa propre exigence.


D’autres estiment que le couple passe avant tout, et qu’il doit donc surmonter les épreuves. Y compris celle-la.


Cette attitude, non pas complaisante mais résistante –résistance à la douloureuse jalousie, résistance au découragement- était plus fréquente autrefois, quand on n’avait pas le choix.


On a appelé cela, avec quelque mépris, « l’adultère bourgeois ». Sous entendu : pour préserver la famille, on était prêt à de petits arrangements… C’est mal comprendre une époque qui pourtant n’est pas loin.


Longtemps, le divorce n’a pas été une option. Les femmes n’avaient pas de moyens de subsistance personnelle, et si leur mari était infidèle, elles n’avaient le choix que du stoïcisme ou de la plainte impuissante.


Quant à elles, leur fidélité était considérée comme acquise. Dans le cas contraire, la conscience de chacun, mise à la torture, inspirait les plus beaux romans : ni Madame Bovary ni Anna Karenine n’existeraient sans cela ! Ni même, il y a 800 ans, Le chevalier de la Charrette, dans lequel Guenièvre tombe amoureuse du plus proche compagnon de son mari.


 

Les médias et la presse, la presse féminine avant tout, ont beaucoup fait pour que les femmes cessent de se considérer comme les subordonnées de leur mari, et qu’elles se donnent les moyens de lui dire zut. Dans cette quête d’égalité, la fidélité n’était pas des moindres.


La piteuse épopée de New York montre une fois de plus que, même dans les milieux les plus sophistiqués, « libérés », même pour un couple qui s’est connu à l’âge mûr et n’en est pas à son premier mariage, même au 21è siècle, la fidélité reste une quête pour le couple, un élément clé de sa pérennité. Le visage très contrôlé, le masque presque, qu’a offert Anne Sinclair à ses confrères de la presse ne minimisait rien.


Tous nous savions d’instinct que cette affaire se jouerait en deux temps.


Temps 1 : faire front sur le plan judiciaire. A cela, on pouvait opposer l’interprétation de la loi, les plus grands avocats, les faiblesses de l’adversaire.


Temps 2 : faire front sur le plan personnel.


Pour cela, aucune position sociale, aucun compte en banque ne peut vous venir en aide. On est seul face à soi, face à l’autre, et tiraillé entre faire comme on sent, faire comme on croit, faire comme on doit et faire comme on peut.


Finalement, pour ce qui est de construire un couple et le faire vivre, du premier baiser à l’ultime adieu, rien n’aurait-il changé, depuis la nuit des temps ?

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique