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09/10/2011

L'homme à la pomme

Quand il a dû renoncer à conduire Apple, l'entreprise qu'il avait fondée, j'avais ici-même longuement évoqué Steve Jobs, le patron d'Apple. C'était il y a quelques semaines seulement. J'avais traduit pour vous le beau discours à la jeunesse rédigé et prononcé en 2005 pour les étudiants d'une grande université, le jour de la réception de leur diplôme. Cette vidéo a été reprise partout lors de sa mort, et elle existe maintenant en version soutitrée, la voici.

Candles.jpeg

L'émotion qui a traversé la planète à l'annonce de ce départ a été prodigieuse. En Amérique, en Asie, en Europe notamment, les manifestations de ferveur ont été aussi nombreuses que spontanées.

Certains ont organisé de petites lumières pour qu'elles dessinent son nom, souvent aussi le logo d'Apple, et sur cette photo vous voyez comment les passants ont aimé prendre, depuis leur téléphone Apple, la photo de l'hommage.

D'autres ont imaginé un hommage écrit, par exemple avec des post-its couverts d'émouvantes évocations. La photo que j'ai choisie a été prise en Corée du Sud.

Corée.jpegLa police, contactée par l'entourage de Steve Jobs dans les jours qui ont précédé sa mort, a mis d'avance en place un service d'ordre pour que ceux qui voudraient poser des fleurs devant chez lui puissent le faire, sans troubler le deuil de sa famille. Il habitait une maison sans prétention, sans barrière, accessible à tous les passants.


Maison JObs.jpgBien sûr l'homme était jeune et s'est montré combattif jusqu'au bout. Bien sûr ses innovations furent d'usage quotidien, et ont investi les foyers par millions... ou même par milliards, si l'on additionnne les ordinateurs personnels, les lecteurs de musique et les téléphones multifonctions. Tout un petit iMonde s'est rendu désirable dans des pays à la culture totalement différente, pour les jeunes et les moins jeunes, pour les hommes et pour les femmes. Steve Jobs leur a fait aimer les mêmes objets, parce qu'ils étaient pratiques et beaux, ou pour reprendre l'expression consacrée, parce qu'ils savaient joindre l'utile à l'agréable.

On a lu ici et là qu'il y avait quand même de l'abus dans tant d'adoration. Une iDole, Steve Jobs, en somme! Une sorte de Lady Di de l'informatique! Sur Facebook, beaucoup de mes amis ont rappelé que les produits Apple étaient fabriqués dans des usines lointaines où on faisait travailler les ouvriers jusqu'à l'épuisement, et que la politique des prix n'était pas là pour démocratiser l'électronique. C'est incontestable. Un exemple tout bête: si vous êtes adhérent FNAC et que vous achetez un IPad (près de 500 euros pour le premier prix, tout de même!), ça ne vous vaudra pas un seul point d'accumulé sur votre carte. Vraiment pas sympa!

Mais je voudrais ajouter en faveur de Steve Jobs quelquechose qui peut expliquer une partie du chagrin ressenti. Steve Jobs n'a jamais parlé de toutes les applications qu'il avait, avec ses collaborateurs, mises en place pour faciliter l'usage de ses instruments à ceux qui voyaient mal, entendaient mal, ou souffraient des troubles cognitifs. Par exemple, pour ceux qui n'ont pas une parfaite audition des deux oreilles, on peut écouter son iPod en règlant la stéréo plus confortablement. Pour ceux qui ne voient pas parfaitement, rien de plus facile que d'augmenter la taille des caractères et des images. Pour ceux qui ne voient vraiment pas, le clavier Braille est là, et la fonction "voice over" permet de donner tous les ordres avec commodité, et d'entendre toutes les indications nécessaires. Pour ceux dont la vision est gênée par la couleur, l'affichage noir-et-blanc est proposé en série. Pour ceux qui ont besoin de plus de temps que les autres pour réagir aux consignes, ou simplement pour taper, les réglages des temps de réaction sont proposés, même pour les touches du clavier. Bref, toute la gamme Apple est pensée d'emblée pour les gens qui sont au top et pour les autres, ceux qui autrement se laisseraient intimider et sentiraient qu'une fois de plus ils n'ont pas leur place dans le monde moderne.

Si vous voulez en savoir plus, cliquez ici et vous verrez: Steve Jobs a voulu que tout le monde puisse se servir de ses produits. Tout le monde, même ceux qui ont des besoins particuliers. Et c'est comme ça qu'il a gagné plus qu'un marché mondial, malgré le prix, malgré des pratiques industrielles et commerciales implacables. Il a gagné quelquechose qui n'a pas de prix: le coeur des foules.

On lui dit au-revoir sans sombrer dans le sentimentalisme mal placé? J'ai envie de faire comme mon fils qui, sur sa "page", a simplement écrit: PommeQ. En souvenir des premiers MacIntosh.

 

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26/08/2011

Message à la jeunesse

Jobs.jpgLe chômage a encore augmenté. Et celui des jeunes aussi, hélas.

Cet homme mince, dans son jean et son pull noir, c’est Steve Jobs. Comme vous le voyez sur toutes ces photos, il a inventé beaucoup de choses dont nous nous servons tous les jours, et pour nous convaincre de les acheter, pour nous rendre fidèles à sa marque, il a su joindre l'utile à l’agréable.Jobs iPhone.jpg

Jobs iPad.jpg

Parce qu’il est malade, à 56 ans seulement, il se retire des affaires. Pour toujours.

 

J’ai traduit pour vous le discours que je reproduis ici, parce que je le trouve beau. Et les mauvaises nouvelles de l'emploi de nos enfants, nos jeunes si précieux, m'ont donné envie de l'écouter une fois encore.

 

 

Si vous parlez anglais, ne vous donnez pas la peine de le lire, il suffit d'écouter la vidéo ci-dessus.

Autrement, j’espère que vous aimerez lire le texte qui suit, et qu’il vous fera battre le cœur comme il fait battre le mien.

jobsstanford.jpgSteve Jobs, le patron d’Apple, un des hommes les plus riches du monde, l’a prononcé il y a six ans, devant les brillants et le plus souvent riches étudiants de Stanford, une des plus grandes universités américaines, le jour où on leur remettait leur diplôme. Ils allaient prendre leur envol.

 

« Je suis très honoré d’être avec vous aujourd’hui. Soyons franc, je n’ai aucun diplôme et ne suis jamais auparavant venu à une cérémonie de remise de diplômes.

Je vais vous raconter trois anecdotes tirées de ma propre vie. Pas plus.

J’ai renoncé aux études au bout de six mois. Pourquoi ?

Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère, très diplômée, a décidé de m’abandonner quand elle était enceinte et de me faire adopter.

Elle voulait que je le sois par quelqu’un d’instruit, ce fut une avocate. Sauf qu’au dernier moment, celle-ci décida qu’elle voulait une fille.

J’ai été adopté par des gens qui n’avaient même pas le bac, ce que ma mère biologique a découvert au dernier moment. Elle a donc refusé de signer les papiers. Elle ne s’y est résignée que plusieurs mois plus tard, quand le couple candidat a juré de m’envoyer à la fac.

Dix-sept ans ont passé et je suis en effet allé en fac.

J’ai choisi l’une des plus coûteuses du pays, dilapidant toutes les économies de mes parents.

Au bout de six mois, je ne voyais pas en quoi ça valait ce prix.

Je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie, et ce n’est pas la fac qui allait m’aider à trouver.

J’ai décidé d’arrêter de préparer les examens et de faire confiance à l’avenir.

Ca faisait peur, mais quand j’y pense, ce fut une excellente décision.

J’ai cessé d’assister aux cours qui ne m’intéressaient pas pour assister à ceux qui m’attiraient.

Tout n’était pas rose. Je dormais par terre dans la chambre d'un copain, car je n’avais plus de chambre à moi dans le dortoir. Je faisais, le week-end, dix kilomètres à pied pour avoir un vrai repas à la soupe populaire.

Mais j’ai adoré. Par exemple, comme j’avais vu combien tout était joliment écrit, sur les affiches, sur les tiroirs, sur toute la signalétique de ma fac, j’ai suivi les cours de calligraphie qu’on y donnait.

J’ai appris là des choses qui à priori ne me serviraient jamais à rien. Mais dix ans plus tard, quand nous avons conçu le premier MacIntosh,  tout ça m’est revenu, et nous avons fait le premier PC avec une typo magnifique.

Bien sûr, quand j’ai lâché les études, je ne pouvais pas savoir que ça servirait un jour.

Sauf que rétrospectivement, c’est une évidence.

Alors, il faut avoir confiance en l’avenir. Croire que les cailloux qu’on sème finissent par dessiner quelque chose.

Cette confiance vous aidera à suivre votre voie, même loin des sentiers battus. Et ça fera toute la différence.

 

Ma deuxième histoire parle d’amour et de deuil.

J’ai eu la chance de détecter tôt ce que j’aimais.

J’ai commencé avec un pote dans le garage de mes parents.

On a travaillé dur et dix ans plus tard, notre boîte valait 2 millions de dollars et employait 4000 personnes.

Un an plus tôt, on avait sorti notre premier MacIntosh, et je venais d’avoir 30 ans.

C’est là que je me suis fait virer. Virer de la boîte que j’avais fondée !

Nous avions recruté quelqu’un de doué pour la diriger avec moi. Au début ça s’est bien passé.

Mais notre vision des choses s’est mise à diverger, nous avons eu de mauvais résultats et mon conseil d’administration a choisi mon rival.

J’ai été viré avec pertes et fracas.

J’avais perdu tout ce à quoi ne m’étais consacré et j’étais anéanti.

Pendant quelques mois, je n’ai su que faire. J’avais l’impression d’avoir trahi tout le monde, d’avoir laissé tomber le témoin qu’on m’avait transmis.

Mais peu à peu quelque chose a fait son chemin : j’aimais toujours mon métier. J’avais été chassé d’Apple, mais j’en étais toujours amoureux.

Alors j’ai recommencé à zéro.

Je ne l’ai pas su sur le moment, mais cette éviction fut ce qui pouvait m’arriver de mieux.

Le poids du succès a cédé la place à la légèreté des débuts.

ratatouille.jpgDans les années suivantes, j’ai fondé NeXT et Pixar, et je suis tombé amoureux de celle qui allait devenir ma femme.

Toy.jpgPixar est devenu le plus grand producteur de films animés au monde.

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Apple a racheté NeXT, dont la technologie fut au cœur même de sa renaissance. Et je suis revenu à Apple.

Tout cela  fut une potion amère, mais je pense que j’en avais besoin.

Parfois, la vie vous envoie un pavé en pleine figure. Mais il ne faut pas perdre la foi.

Ce qui m’a soutenu, c’est que j’aimais ce que je faisais.

Trouvez ce que vous aimez, au travail et dans votre vie amoureuse.

Le boulot va occuper une grande partie de votre vie, la seule façon de s’y épanouir, c’est de faire du bon boulot. Et la seule façon de faire du bon boulot, c’est d’aimer ce qu’on fait.

Si vous n’avez pas encore trouvé, cherchez, ne transigez pas.

Comme tout ce qui vient du cœur, vous le reconnaîtrez quand vous le verrez.

Et comme dans toute relation de qualité, celle-là s’enrichira avec le temps.

 

Ma troisième histoire parle de la mort.

A 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près : « Vis chaque jour comme si c’était le dernier. Un jour, ce sera forcément le bon. »

Ca m’a fait forte impression. Depuis, chaque matin, je me regarde dans la glace et je me dis : si c’était mon dernier jour, voudrais-je faire ce que j’ai prévu de faire ? Et quand, plusieurs fois de suite, la réponse est non, je sais qu’il faut que j’agisse.

Savoir qu’on va mourir aide à prendre les bonnes décisions.

Car bien des choses, comme l’orgueil, ou la peur de l’échec, s’évanouissent face à la mort.

Face à la mort, on est nu. Plus rien ne nous retient d’aller où le cœur nous guide.

L’an dernier, j’ai appris que j’avais un cancer.

On ma fait passer un scanner à 7 heures du matin, qui a révélé une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce que c’était que le pancréas.

Les médecins m’ont dit que c’était très probablement une forme de cancer incurable, et que j’en avais pour trois à six mois.

Mon docteur m’a conseillé de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre. Ce qui en langage de médecin veut dire se préparer à mourir. Dire à ses enfants ce qu’on avait prévu de leur dire des années plus tard… régler tout ce qui doit l’être… faire ses adieux.

J’y ai pensé toute la journée.

Le soir, on m’a fait une biopsie, en me faisant passer un endoscope le long de la gorge jusqu’au pancréas.

Ma femme était là quand les cellules ont été examinées au microscope, et elle m’a dit que les médecins étaient bouleversés. Ce qu’ils voyaient, c’était une forme de cancer rare et opérable.

J’ai été opéré, je vais bien.

J’espère ne plus approcher la mort de si près, avant longtemps. Mais avoir affronté cela m’autorise à vous parler d’expérience.

Personne ne veut mourir. Même ceux qui espèrent aller au ciel.

Pourtant, la mort est notre sort commun. Nul n’y échappe. Et c’est bien comme ça.

La mort est la plus belle invention de la vie.

Elle permet à l’usé de céder la place au neuf.

Le neuf, aujourd’hui, c’est vous.

Un jour, vous serez devenu l’usé.

Pardon d’être si explicite, mais c’est un fait. Votre temps est limité.

Alors, ne le gâchez pas en faisant autre chose que ce pourquoi vous êtes fait.

Ne vous laissez pas prendre au piège des dogmes, qui découlent d’autres pensées que la vôtre.

Ne laissez pas la voix des autres couvrir votre voix intérieure à vous.

Et surtout, ayez le courage de vous laisser guider par votre cœur et votre intuition.

A leur façon, ils savent déjà ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire.

 

Quand j’étais jeune, j’adorais une revue qui est parue pendant une quinzaine d’années. J’y trouvais tout ce que vous trouvez aujourd’hui sur Google.

Quand ils ont arrêté la publication, sur la dernière page du dernier numéro, on pouvait lire :

« Gardez les crocs, restez insouciants » (Stay hungry, stay foolish)

J’avais votre âge. Je me suis promis de suivre cette recommandation.

Et en ce jour où on vous remet votre diplôme, en ce jour où vous prenez votre envol, je vous dis à mon tour : gardez les crocs, restez insouciants. »

 

 

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