logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

02/12/2012

Déminez la bombinette

Un enfant de trois ans, vous voyez à peu près ce que c'est? Quelque chose comme ça: 

 

Petit Ours Brun

Un enfant de trois ans, donc, arrive à l'école maternelle, "chez les petits", comme on dit. 

Ce jour-là, il porte un beau t-shirt que lui a offert Tonton, le frère de Maman.

Sur son beau t-shirt, devant, il y a écrit "Je suis une bombe".

Une bombe à bisous, sûrement! et à gros câlins!

Sauf que dans le dos, la bombe à bisous est affublée d'une explication différente: "Jihad, né le 11 septembre".

C'est malin... On en a pourtant vu, des inscriptions stupides, voire de mauvais goût, sur des t-shirts, y compris sur des t-shirts de bébés! Mais des stupides à ce point, de mauvais goût à ce point, on n'avait pas vu.

TGi.jpgLes adultes (les enseignants, le maire de Sorgues (Vaucluse) où habite l'enfant, le procureur d'Avignon...) s'en sont mêlés avec si peu de doigté que la maman et le tonton vont se retrouver devant le tribunal d'Avignon, le 19 décembre, pour "apologie de crime", relatent les médias. La mère aurait même été placée en garde à vue.


Mais enfin, n'y en aura-t-il donc pas un pour sauver l'autre? La famille est inconnue des services de police, ils ne sont même pas particulièrement religieux, tout porte à croire que ces gens ont simplement été bêtes. Encore plus que d'autres - eh oui, c'est possible - mais comme d'autres.

Je précise d'ailleurs que le prénom Jihad existe, qu'il est porté par des garçons et par des filles, et que sur certains forums, après 2001, on voit des parents s'interroger: peuvent-ils donner ce prénom à l'enfant qu'ils attendent, ou sera-t-il trop lourd à porter?

La réponse est évidente. C'est trop lourd à porter. Quant à faire des plaisanteries soi-même sur le sujet, en exploitant un enfant naïf qui n'a aucune idée de l'enjeu, c'est la preuve qu'il y a malaise, jusque dans la famille.

En 1993, nous avons choisi... (nous? le législateur, dirons-nous pudiquement!) de laisser au père et à la mère le choix absolu du prénom de leur enfant, sauf si l'officier d'Etat civil, l'estimant contraire à l'intérêt de l'enfant, alerte le procureur de la République, qui doit statuer (art. 57 du Code civil).

On imagine bien que l'officier d'Etat civil, derrière son guichet, n'a la plupart du temps aucune envie de se coltiner à lui seul les ennuis avec le père fier comme Artaban qui vient déclarer la naissance de ses jumelles Alexandrie et Alexandra, pour ne prendre que cet exemple authentique. Voilà comment on se retrouve s'appelant Diam's ou Boghosse. Et il doit y avoir pire. Souvenons-nous qu'en plus le ridicule est relatif. Chacun a son hit-parade. En Amérique, dans les années 1970, quand je disais que je m'appelais Geneviève, tout le monde cachait son sourire. Une chanson ou un personnage de télé, je ne sais plus, avait ridiculisé mon beau prénom.

Je le reconnais, rien de surpasse Jihad. Mais souvenons-nous, c'est un enfant de trois ans qui a une maman certainement immature et un tonton con-con (excusez-moi, je n'ai pas résisté). Est-ce que ça vaut le tribunal? A nos frais, en plus, car toutes ces procédures sont coûteuses?

Moi, quitte à faire appel aux services de l'Etat, j'aurais demandé pompier_US_4621_m.jpgl'intervention d'un gentil pompier démineur. 

Ces gens-là, ils savent y faire. Ils ont de la patience, du métier, du doigté. Ils savent trouver le détonnateur, ils savent le désamorcer. Et quand le travail est fait, sans tambour ni trompette, ils rentrent chez eux, jusqu'à la prochaine fois.

Allez, Jihad, je propose qu'on t'appelle Jiji, que ta maman et ton tonton acquièrent les deux sous de bon sens qui leur manquent, et que tu retournes à l'école faire un gros câlin à ta maîtresse.

Avec un beau t-shirt de gros bébé que tu es, et n'en parlons plus.

Bisou, Jiji!

 

tshirt.jpeg



26/10/2012

Ainsi fond fond fond le niveau de la retraite

poches-vides-tunisie-300x200.jpgIl faudrait prendre l'air surpris? les salariés du privé qui approchent aujourd'hui de l'âge de la retraite n'ont jamais entendu autre chose que de mauvaises nouvelles. Alors, quand on leur corne aux oreilles que leurs caisses de retraites complémentaires n'auront plus un rond en 2017, ils disent: "Oui, et à par ça, quoi de neuf?"

Ils ont commencé à travailler dans les années 1970, c'était Byzance. Quoi qu'on fasse, il y avait du boulot. Et puis très vite les chocs pétroliers sont passés par là, et ce fut terminé. Ils avaient à peine 30 ans.

Au fur et à mesure que les salariés de cette génération ont pris de la bouteille, le chômage les a menacés ou frappés de plus en plus durement. A 50 ans, s'ils avaient un accident de parcours, toute la famille tremblait. On savait que sauf miracle, ils ne trouveraient plus rien.

Dans le même temps, quand ils regardaient leur feuille de paye, pas d'erreur possible: depuis le début de leur carrière, les prélèvements  avaient doublé. La solidarité l'imposait. De moins de 15% de prélèvements sur leur salaire, on était passé à 24%. C'était le prix à payer pour une couverture sociale correcte, dans un pays où avoir 10% de chômeurs était devenu une sorte de norme. Et sans doute aussi pour financer la retraite des chanceux qui, dès 1981, avaient pu partir à 60 ans.

Cette génération de salariés a vu l'âge de sa propre retraite reculer au fur et à mesure qu'ils s'en approchaient. Ce qu'ils avaient garanti à leurs aînés, eux-mêmes devraient s'en passer. Et en plus se faire enguirlander: "Vous êtes trop nombreux! Vous avez été trop gâtés! Vous allez vivre trop longtemps!" Heu... trop nombreux? Personne ne s'en plaignait quand il s'agissait de financer les retraites des autres. Trop gâtés? Pff... vous retardez de vingt ans, la génération qui a vraiment été gâtée, elle est retraitée depuis belle lurette. Quant à vivre trop longtemps, ça n'est vrai que si on se débarrasse des salariés pour les mettre au chômage ou prématurément à la retraite. 

La ruine de l'Arrco et de l'Agirc, si elle survient (c'est à dire si l'économie ne se redresse pas dans les cinq prochaines années) voudra dire la même chose que d'habitude: les actifs devront cotiser plus, pendant plus longtemps; les retraités devront toucher moins; les points achetés se dévaloriseront encore plus qu'aujourd'hui. C'est le prix de la solidarité.

A moins de dire aux gens: "Vous avez cotisé pour vos aînés, maintenant débrouillez-vous car on ne cotisera pas pour vous", il n'y a aucune autre solution acceptable. Ceux qui ont 50 ans aujourd'hui auront une retraite moins confortable que celle qu'ils ont garantie à leurs parents. Ils l'ont compris, merci! Et ils y sont préparés, car je le répète: tout au long de leur vie professionnelle, ils n'ont rien connu d'autre que des situations de plus en plus tendues.

La solidarité, c'est comme le mariage: pour le meilleur, il y a toujours du monde qui se bouscule. Mais le mot ne prend son sens que pour le pire. Là, il faut tenir ses engagements. Et comme dit l'autre, cochon qui s'en dédit.

 

ecusson-3-petits-cochons-thermocollant.jpg




18/10/2012

Adieu Emmanuelle, bonjour Anastasia

fauteuil.jpgLe grand fauteuil d'Emmanuelle est vide.

Sylvia Kristel est morte hier, le 17 octobre, juste le jour où sortait en France le roman américain Cinquante nuances de Grey... dont l'héroïne s'appelle Anastasia. Ana pour les intimes.

Emmanuelle fut notre Anastasia à nous, les baby-boomeuses. Sorti en 1974, le film avait enflammé les esprits avec ce qu'on appellerait aujourd'hui de l'érotisme pour mères de famille. 

Comme 50 nuances de Grey, dont 50 millions d'exemplaires ont été achetés à ce jour, le film Emmanuelle a été vu par cinquante millions de spectateurs dans le monde.

Quant à la chanson du film, elle fut le plus grand succès de Pierre Bachelet. Et pourtant, il en a connu d'autres!

Sylvia Kristel n'a pas eu une vie heureuse. Elle et Pierre Bachelet se sont retrouvés, maintenant. J'espère qu'ils fredonnent en souriant, complices: "Mélodie d'amour chante le coeur d'Emmanuelle...''




 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique