Je vous le dis d'emblée, comme ça ce sera fait: si je me tais depuis deux semaines, c'est que le scandale Cahuzac m'a coupé le sifflet.
Pourtant, on n'est pas nés d'hier, on le sait qu'il faut se méfier des donneurs de leçons. Le premier qui crie "à mort l'assassin", c'est souvent lui, le coupable! Et notre ministre du budget déclarait encore, le 12 novembre dernier au quotidien Libération: «Pas question que certains puissent continuer à se soustraire à cet effort de solidarité nationale par la fraude ou des manoeuvres abusives».
Il n'y a que le silence, sans doute, pour dire le mépris et la tristesse que ça inspire.
Mais hier, en sortant du cinéma le sourire aux lèvres, j'ai eu envie de vous raconter Quartet, le film que j'avais vu. Je vous laisse d'abord découvrir la bande-annonce.
Tout est charmant dans ce film, cousu de fil blanc. Et tout est si vrai. La force des émotions amoureuses, par exemple, même quand on a 80 ans. Et la joie qui fait oublier l'âge, la douceur de la solidarité, le bonheur qui rôde dans un grand jardin ou qui vous enflamme les joues quand un tonnerre d'applaudissements vous est destiné...
Bref, c'est donc l'histoire d'une maison de retraite dans la campagne anglaise, qui accueille des musiciens professionnels.
Le metteur en scène, Dustin Hoffman, 75 ans, a eu la bonne idée de ne prendre que de vrais musiciens, et de premier plan, pour jouer tous les rôles autres que ceux des quatre héros. Grâce à cela, l'atmosphère est vraie d'un bout à l'autre.
Et je me suis demandée, après avoir vu ce film si entraînant, si ce serait une bonne idée d'avoir des maisons de retraite pour chaque profession.
Peut-être que tout le monde n'aimerait pas ça, mais l'avantage, ce n'est pas seulement qu'on peut parler ensemble de choses qu'on connaît très bien, dont on est même expert, et qui ont été notre fierté.
L'avantage, c'est aussi que ça donne une sorte de continuité à notre vie.
Quand ma belle-mère est arrivée dans sa maison de retraite, elle ne savait rien du passé des autres, qui eux-mêmes ne savaient rien de son passé à elle. Ils ne se situaient pas du tout, les uns et les autres, et ne se parlaient que de leur famille, ou de leur ville d'origine.
Quand ils organisaient des jeux ou des activités, ça pouvait intéresser un peu tout le monde, comme le scrabble, des concours de dictées, des films à la télé, des spectacles de clowns, mais ça n'intéressait pas particulièrement qui que ce soit.
Si on était par métier, on pourrait réaliser des choses ensemble, exactement comme, dans Quartet, les musiciens âgés s'excitent au fur et à mesure que leur soirée de gala approche, et qu'ils vont devoir donner une représentation. D'autant plus que la recette contribue à financer leur maison de retraite!
Il y a certainement des maisons de retraite pour les enseignants, ou pour les militaires, par exemple. Je ne sais pas si ça leur plaît. Imaginons des maisons pour les professions médicales, pour les juristes, pour les métiers du bâtiment, pour les artisans... Peut-être que moi, une maison de retraite pour les journalistes, ça me plairait. On ferait un journal, on monterait une radio, une web-TV, un site Internet... Et, comme dans Quartet, où on voit les musiciens de 80 ans expliquer la musique classique à des adolescents, nous aussi nous pourrions ouvrir la porte de notre maison à des jeunes, et parler métier.
Si vous avez de l'expérience dans ce domaine, ça me ferait plaisir que vous écriviez un commentaire, pour la partager avec nous tous!
18:56 Publié dans Actualité, Film, Retraite, Séniors | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note












