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Premier sourire après le choc Cahuzac...

07/04/2013

Je vous le dis d'emblée, comme ça ce sera fait: si je me tais depuis deux semaines, c'est que le scandale Cahuzac m'a coupé le sifflet. 

Pourtant, on n'est pas nés d'hier, on le sait qu'il faut se méfier des donneurs de leçons. Le premier qui crie "à mort l'assassin", c'est souvent lui, le coupable! Et notre ministre du budget déclarait encore, le 12 novembre dernier au quotidien Libération«Pas question que certains puissent continuer à se soustraire à cet effort de solidarité nationale par la fraude ou des manoeuvres abusives». 

Il n'y a que le silence, sans doute, pour dire le mépris et la tristesse que ça inspire.

Mais hier, en sortant du cinéma le sourire aux lèvres, j'ai eu envie de vous raconter Quartet, le film que j'avais vu. Je vous laisse d'abord découvrir la bande-annonce.

 

 

 

Tout est charmant dans ce film, cousu de fil blanc. Et tout est si vrai. La force des émotions amoureuses, par exemple, même quand on a 80 ans. Et la joie qui fait oublier l'âge, la douceur de la solidarité, le bonheur qui rôde dans un grand jardin ou qui vous enflamme les joues quand un tonnerre d'applaudissements vous est destiné...

Bref, c'est donc l'histoire d'une maison de retraite dans la campagne anglaise, qui accueille des musiciens professionnels.

Le metteur en scène, Dustin Hoffman, 75 ans, a eu la bonne idée de ne prendre que de vrais musiciens, et de premier plan, pour jouer tous les rôles autres que ceux des quatre héros. Grâce à cela, l'atmosphère est vraie d'un bout à l'autre. 

Et je me suis demandée, après avoir vu ce film si entraînant, si ce serait une bonne idée d'avoir des maisons de retraite pour chaque profession. 

Peut-être que tout le monde n'aimerait pas ça, mais l'avantage, ce n'est pas seulement qu'on peut parler ensemble de choses qu'on connaît très bien, dont on est même expert, et qui ont été notre fierté. 

L'avantage, c'est aussi que ça donne une sorte de continuité à notre vie.

Quand ma belle-mère est arrivée dans sa maison de retraite, elle ne savait rien du passé des autres, qui eux-mêmes ne savaient rien de son passé à elle. Ils ne se situaient pas du tout, les uns et les autres, et ne se parlaient que de leur famille, ou de leur ville d'origine.

Quand ils organisaient des jeux ou des activités, ça pouvait intéresser un peu tout le monde, comme le scrabble, des concours de dictées, des films à la télé, des spectacles de clowns, mais ça n'intéressait pas particulièrement qui que ce soit.

Si on était par métier, on pourrait réaliser des choses ensemble, exactement comme, dans Quartet, les musiciens âgés s'excitent au fur et à mesure que leur soirée de gala approche, et qu'ils vont devoir donner une représentation. D'autant plus que la recette contribue à financer leur maison de retraite!

Il y a certainement des maisons de retraite pour les enseignants, ou pour les militaires, par exemple. Je ne sais pas si ça leur plaît. Imaginons des maisons pour les professions médicales, pour les juristes, pour les métiers du bâtiment, pour les artisans... Peut-être que moi, une maison de retraite pour les journalistes, ça me plairait. On ferait un journal, on monterait une radio, une web-TV, un site Internet... Et, comme dans Quartet, où on voit les musiciens de 80 ans expliquer la musique classique à des adolescents, nous aussi nous pourrions ouvrir la porte de notre maison à des jeunes, et parler métier.

Si vous avez de l'expérience dans ce domaine, ça me ferait plaisir que vous écriviez un commentaire, pour la partager avec nous tous!





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Adieu Emmanuelle, bonjour Anastasia

18/10/2012

fauteuil.jpgLe grand fauteuil d'Emmanuelle est vide.

Sylvia Kristel est morte hier, le 17 octobre, juste le jour où sortait en France le roman américain Cinquante nuances de Grey... dont l'héroïne s'appelle Anastasia. Ana pour les intimes.

Emmanuelle fut notre Anastasia à nous, les baby-boomeuses. Sorti en 1974, le film avait enflammé les esprits avec ce qu'on appellerait aujourd'hui de l'érotisme pour mères de famille. 

Comme 50 nuances de Grey, dont 50 millions d'exemplaires ont été achetés à ce jour, le film Emmanuelle a été vu par cinquante millions de spectateurs dans le monde.

Quant à la chanson du film, elle fut le plus grand succès de Pierre Bachelet. Et pourtant, il en a connu d'autres!

Sylvia Kristel n'a pas eu une vie heureuse. Elle et Pierre Bachelet se sont retrouvés, maintenant. J'espère qu'ils fredonnent en souriant, complices: "Mélodie d'amour chante le coeur d'Emmanuelle...''






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Fait divers

07/06/2012

Certains fait divers sont terribles. On se dit "Mais comment est-ce possible?" et on sent quelque chose en soi qui se glace.

Il faut beaucoup de talent à un artiste pour s'approcher de la vérité tout en restant dans la fiction. Deux soeurs, les soeurs Michel, ont uni leurs dons pour composer ce film de onze minutes. L'une, Marie-Noëlle, en a écrit le scénario et a joué dedans. L'autre, Elsa, l'a réalisé.

C'est une histoire de femme. Une femme débordée, qui voudrait faire tout bien. Et puis voilà, le fait divers qu'on croyait si lointain quand on le lisait dans le journal, le fait divers qui nous glaçait le sang, comment est-ce possible? Eh bien, le film "Comme je peux" le montre très bien. Toutes les femmes le comprendront. Toutes celles qui font "comme elles peuvent".


 





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L'amour de sa vie

15/02/2012

Je m'en veux de ne pas avoir "posté" ce bref film le jour de la Saint-Valentin. Et pour tout vous dire, c'est mon fils qui me l'a fait découvrir. Voici, en sept minutes, confiée par le merveilleux acteur Jean-Pierre Kalfon, l'histoire d'un homme qui aimait sa femme. Tout simplement.



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Formidables, Intouchables

06/11/2011

La première fois que j'ai rencontré Philippe Pozzo di Borgo, c'est par un manuscrit qui m'est arrivé au courrier. Il avait, entre autres, envoyé son texte aux éditions Bayard, où j'étais éditeur. Je l'ai vite lu, et tout de suite appelé l'auteur. Nous avons fait affaire. Il ne demandait pas beaucoup d'argent, et il était prêt à laisser, comme je le lui suggérais, son adresse électronique à la fin de son livre. Je pensais, en effet, qu'après la lecture de ce témoignage, beaucoup de gens voudraient lui écrire directement.

un-episode-de-la-vie-de-philippe-pozzo-di-borgo-(au-centre)-devenu-tetraplegique-apres-un-saut-en-p.jpgPhilippe était alors proche de l'époque où son corps faisait encore des merveilles. L'accident avait eu lieu moins de huit ans plus tôt. (C'était un accident de parapente. Sur la photo, Philippe est au milieu). Il était encore plus proche de l'époque où Béatrice, son épouse bien-aimée, vivait, rayonnait. Et si dense que fût son livre, si combattif que fût Philippe, la douleur était encore cette montagne qu'il allait falloir gravir s'il voulait vérifier ce qu'il y avait de l'autre côté. Quelque chose d'acceptable, même paralysé des quatre membres, même veuf, ou rien? En d'autres termes: vivre en valait-il la peine?

Nous avons travaillé le manuscrit ensemble. Philippe fumait un peu, moi aussi, je lui tendais sa cigarette, j'allumais la mienne, je l'écoutais. Il allait avoir 50 ans. Il se souvenait d'un roman d'Elia Kazan sur ce sujet, "L'Arrangement", il aurait aimé le relire, mais il ne le trouvait chez aucun libraire. Je lui ai donné mon exemplaire. Quelquefois, quand on se parlait au téléphone et que j'avais besoin de poser un instant le combiné pour chercher un renseignement, je lui disais machinalement : "Bougez pas". Ca le faisait rire, avec un soupçon de tristesse.cr_eta_pozzo_c.jpg

Le livre est sorti, il a eu un succès plus que raisonnable. Dans son émission de France 3, Mireille Dumas a reçu Philippe et Abdel, celui qu'on appelle son "auxiliaire de vie"... Abdel, c'est la vie, oui. Mais pas vraiment auxiliaire.

Tout cela, c'était il y a dix ans. Aujourd'hui, Philippe Pozzo di Borgo, c'est François Cluzet dans "Intouchables". Et Abdel, que Phlippe appelle son "diable gardien", c'est Omar Sy. La France entière les découvre et les aime. On fait la queue devant les 500 salles où le film est distribué, on rit pendant la projection, on applaudit à la fin. Et on pense à ce drôle de duo, longtemps après être sorti de la salle.



J'ai revu Philippe Pozzo di Borgo il y a une dizaine de jours. Nous avons déjeuné longuement. Je lui ai dit "Ce film, je l'aime parce qu'il ne ment pas. On rit, mais les deux acteurs savent montrer quand même leur désespoir." Philippe a hoché la tête: "Oui. Et la solitude."

 

 

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Son livre est ressorti, il connaît une seconde vie et vole vers un immense succès. Il a d'ailleurs gardé son titre original, "Le Second souffle", qui lui va mieux que jamais. Sur la dernière page, Philippe a laissé son adresse électronique. Il n'a pas peur d'être submergé par les messages, par les demandes de contact. Le cap des 60 ans, qu'il vient tout juste de passer, semble avoir été moins difficile que celui de la cinquantaine. Grâce à sa nouvelle épouse, sans doute, et à Essaouira (l'ancienne Mogador!) où il s'est installé, pour profiter d'un climat idéal pour lui.

Mais aussi parce que, de l'autre côté de la montagne, gravie au fil des ans, il a découvert un monde habitable. Pas celui dont il rêvait, bien sûr. Pas un monde où on ne pleure jamais. Mais un monde où un homme comme lui, à qui le destin a tout pris, se sent soudain capable de tout donner.

A bientôt, Philippe, j'étais contente de vous revoir.

 

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Tintin et Harry

13/07/2011

Un jeune homme pleurait hier soir en sortant du cinéma. Un jeune homme de 21 ans. Qu'avait-il vu de si triste? Quel romantisme lui faisait monter les larmes aux yeux? C'était le dernier film d'Harry Potter. Non qu'il finisse mal, mais justement parce que c'était le dernier. "Il a accompagné toute mon enfance", reniflait-il. "C'est peut-être exagéré, mais ça fait comme un deuil."

"Harry Potter... le garçon qui a survécu... Prépare-toi à mourir..." Il faut reconnaître que l'auteur sait jouer avec ce sentiment: dire adieu à Harry, c'est se dire adieu à soi-même, ou à son enfance, entrer dans la vie d'adulte "parce que la vie a un sens"... La preuve:

 


 

C'est tellement vrai, qu'Harry Potter a grandi avec les enfants, que ça pose des problèmes aux parents qui croient que c'est resté, d'épisode en épisode, une série de films destinés à l'enfance.

Or, pas du tout, les auteurs ont commencé avec l'enfance, mais ont fait mûrir le héros avec les spectateurs, et les derniers épisodes ne s'adressent nullement aux petits spectateurs. Ils n'ont rien à en tirer, et doivent prendre le temps de grandir avec Babar, puis avec Tom-Tom et Nana, Flash McQueen (vivement le 27 juillet, il revient!), Buzz l'Eclair ou, pourquoi pas, Bambi ou Ali Baba. Harry est un ami qui ne leur veut pas (encore) de bien.

 

Cela dit, je n'ai pas le souvenir de m'être jamais attachée à un héros autant que la toute jeune génération à Harry Potter. Quitte à passer pour une bêcheuse, je confie que mon seul attachement comparable fut pour Guy de Maupassant. Maupassant.jpg

Quand j'ai eu presque tout lu - toutes les nouvelles et presque tous les romans, il n'en restait plus qu'un - je n'ai pas voulu lire le dernier.

Je voulais avoir encore ça devant moi, ce plaisir, ce coeur qui bat, ce sentiment incomparable d'être dans un monde d'émotions profondes, familières, si bien décrites qu'elles n'en étaient que plus grandes et plus subtiles.

 

Cet automne, le 26 octobre exactement, nous aurons droit nous aussi à notre cure de nostalgie. Spielberg, après nous avoir enchantés en créant des personnages comme E.T. ou Indiana Jones, plonge dans la lointaine enfance des petits Français en adaptant Tintin au cinéma. Et il nous fait une faveur: son film sort chez nous deux mois avant de sortir aux Etats-Unis!

 

Voici la bande annonce. Mille sabords, ça fait envie!

 


 




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L'affiche m'a choquer

27/06/2011

Une affiche a recouvert bien des murs, ces dernières semaines. Celle du film "Omar m'a tuer". On sait que le film épouse une thèse qui n'est pas celle de la justice: il prend le parti de démontrer que Omar Raddad fut à tort jugé coupable de l'assassinat de Mme Marchal, dont il était occasionnellement le jardinier. Condamné en 1994, il fut libéré quatre ans plus tard par la grâce du président de la République, qui ne modifie pas le jugement lui-même mais a raccourci considérablement l'exécution de la peine.

Il y a semble-t-il débat sur l'auteur de la tristement célèbre inscription "Omar m'a tuer", mais aucun débat sur le sang dans lequel la main de l'auteur a trempé: c'est bien celui de Mme Marchal, la victime. Cette femme avait de la famille, qui vit toujours, et qui a dû frissonner d'effroi en voyant que, pour la publicité du film, on avait osé reproduire l'inscription témoignant du martyr de la victime.

Imaginons seulement qu'il s'agit de notre propre soeur! N'est-ce pas suffisant qu'elle ait vécu ce sort funeste? g_marchal_s.jpgn'est-ce pas suffisant qu'un film vienne remuer tout cela? n'est-ce pas suffisant que Jamel Debbouze se soit permis de faire tout un sketch tournant en ridicule Mme Marchal et glorifiant celui que la justice a désigné comme son assassin? Faut-il en plus que son propre sang soit exploité à des fins publicitaires?

Mme Marchal est presque absente du film. Afin de ne jamais attirer vers elle la sympathie du spectateur. Elle est gommée, pour qu'on ne s'occupe que de l'accusé. Alors voici son visage, juste pour dire à ceux qui l'aimaient, et particulièrement à son fils, qu'elle n'est pas oubliée de tous.



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Sainte Audrey... Hepburn!

23/06/2011

 

Aujourd'hui, c'est la sainte Audrey.

Quelle image nous vient à l'esprit, quand nous pensons à Audrey Hepburn? Plutôt la charmante princesse à l'arrière de la Vespa conduite par Gregory Peck, ou plutôt l'inlassable ambassadrice de l'Unicef?

Elle a certainement autant aidé la notoriété de la Vespa que celle de l'Unicef, en tout cas.

Entre ces deux affiches (en fait, la plus récente est restée à l'état de projet), le côté "mode" n'a pas faibli. Au point que, voyez le logo: il a à peine évolué.



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Audrey Hepburn disait qu'en prenant de l'âge, elle avait compris pourquoi elle avait deux mains: une pour se servir, une pour servir les autres.

Prenons une minute pour la regarder, auditionnée lors du casting pour Vacances Romaines. Quel trésor...


 



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