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26/10/2012

Ainsi fond fond fond le niveau de la retraite

poches-vides-tunisie-300x200.jpgIl faudrait prendre l'air surpris? les salariés du privé qui approchent aujourd'hui de l'âge de la retraite n'ont jamais entendu autre chose que de mauvaises nouvelles. Alors, quand on leur corne aux oreilles que leurs caisses de retraites complémentaires n'auront plus un rond en 2017, ils disent: "Oui, et à par ça, quoi de neuf?"

Ils ont commencé à travailler dans les années 1970, c'était Byzance. Quoi qu'on fasse, il y avait du boulot. Et puis très vite les chocs pétroliers sont passés par là, et ce fut terminé. Ils avaient à peine 30 ans.

Au fur et à mesure que les salariés de cette génération ont pris de la bouteille, le chômage les a menacés ou frappés de plus en plus durement. A 50 ans, s'ils avaient un accident de parcours, toute la famille tremblait. On savait que sauf miracle, ils ne trouveraient plus rien.

Dans le même temps, quand ils regardaient leur feuille de paye, pas d'erreur possible: depuis le début de leur carrière, les prélèvements  avaient doublé. La solidarité l'imposait. De moins de 15% de prélèvements sur leur salaire, on était passé à 24%. C'était le prix à payer pour une couverture sociale correcte, dans un pays où avoir 10% de chômeurs était devenu une sorte de norme. Et sans doute aussi pour financer la retraite des chanceux qui, dès 1981, avaient pu partir à 60 ans.

Cette génération de salariés a vu l'âge de sa propre retraite reculer au fur et à mesure qu'ils s'en approchaient. Ce qu'ils avaient garanti à leurs aînés, eux-mêmes devraient s'en passer. Et en plus se faire enguirlander: "Vous êtes trop nombreux! Vous avez été trop gâtés! Vous allez vivre trop longtemps!" Heu... trop nombreux? Personne ne s'en plaignait quand il s'agissait de financer les retraites des autres. Trop gâtés? Pff... vous retardez de vingt ans, la génération qui a vraiment été gâtée, elle est retraitée depuis belle lurette. Quant à vivre trop longtemps, ça n'est vrai que si on se débarrasse des salariés pour les mettre au chômage ou prématurément à la retraite. 

La ruine de l'Arrco et de l'Agirc, si elle survient (c'est à dire si l'économie ne se redresse pas dans les cinq prochaines années) voudra dire la même chose que d'habitude: les actifs devront cotiser plus, pendant plus longtemps; les retraités devront toucher moins; les points achetés se dévaloriseront encore plus qu'aujourd'hui. C'est le prix de la solidarité.

A moins de dire aux gens: "Vous avez cotisé pour vos aînés, maintenant débrouillez-vous car on ne cotisera pas pour vous", il n'y a aucune autre solution acceptable. Ceux qui ont 50 ans aujourd'hui auront une retraite moins confortable que celle qu'ils ont garantie à leurs parents. Ils l'ont compris, merci! Et ils y sont préparés, car je le répète: tout au long de leur vie professionnelle, ils n'ont rien connu d'autre que des situations de plus en plus tendues.

La solidarité, c'est comme le mariage: pour le meilleur, il y a toujours du monde qui se bouscule. Mais le mot ne prend son sens que pour le pire. Là, il faut tenir ses engagements. Et comme dit l'autre, cochon qui s'en dédit.

 

ecusson-3-petits-cochons-thermocollant.jpg




14/09/2012

La chasse aux retraités est ouverte

Ce titre, aujourd'hui en première page du quotidien Libération, m'a fait sursauter. Pas vous?

 

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Désigner une partie de la population, l'accuser des malheurs des autres, faire détester des gens en bloc, et comme par hasard des gens qui ne peuvent pas beaucoup se défendre (justement parce qu'ils sont à la retraite...). Ca me choque, pas vous?

Berk! Je n'ose même pas dire ce que ça évoque. Pas vous?

Je ne crois pas qu'on oserait désigner comme ça une autre catégorie de population. Essayez, en remplaçant le mot retraité par un autre, "immigrés", "Roms", "handicapés", "malades du cancer"... etc. Vous voyez l'effet que ça fait! Révoltant!

Bref, ça me dégoûte et ça m'inquiète. Pas vous?

14/08/2012

Toi le retraité, ta gueule!

Pourquoi les pays riches sont-ils devenus pauvres?

Pourquoi les pays riches sont-ils couverts de dettes?

A cause des retraités bien sûr!

C'est la réponse tentante tellement elle est facile : un retraité ne peut plus se défendre.

C'est le moment rêvé pour cesser d'être solidaires de ces gens-là, pensent beaucoup! Et pas seulement en France.Tant qu'ils étaient jeunes et productifs, on avait besoin d'eux pour soigner les moins jeunes, moins valides, mais maintenant, qu'ils se débrouillent!

Aussi choquant que ça paraisse, dit comme ça, c'est pourtant une réalité proclamée. Les retraités croient-ils qu'on va leur verser une pension et les laisser bichonner leur petite santé jusqu'au bout? Ils rêvent!

Souvenez-vous par exemple, il y a deux ans sur France Info, un certain Alain Minc, pourtant baby-boomer lui aussi, trouvait aberrant que son propre père, 102 ans, ait été soigné aux frais de la sécurité sociale. Heu... Mais il avait cotisé combien de temps, le papa, sans rien dépenser? Et pour une fois qu'il avait besoin de soins, on lui aurait dit "Désolé, trop tard, tu ne vaux plus le coût!"?

Cette idée qu'au moment où certains vont avoir besoin de la sécurité sociale, on va justement leur dire "Ah non, hein, pas vous" fait son chemin, pas seulement en France.

La vidéo que je vous propose ci-dessous est en anglais, je vous la traduis donc. La scène ensuite sera toute simple à regarder.

Ca se passe l'automne dernier, lors d'un déjeuner-débat payant (15 dollars par personne) avec Paul Ryan, 42 ans. C'est un élu chargé du budget dans son assemblée, qui se présente aux prochaines élections présidentielles américaines en tant que vice-président. Il veut réduire la dette notamment en supprimant les principales aides, dont l'assurance maladie des plus de 65 ans. Elle serait remplacée par une somme donnée aux seniors défavorisés pour qu'ils s'achètent eux-mêmes une assurance privée.

Au cours de son exposé, Paul Ryan affirme donc : "L''essentiel de la dette du pays est due à nos programmes sociaux."

Un participant de 71 ans, Tom Nielsen, plombier à la retraite, l'interpelle alors vigoureusement (n'oubliez pas: il s'agit d'un déjeuner-débat!) : "J'ai cotisé à tout ça pendant cinquante ans, le chômage, la sécurité sociale, l'assurance vieillesse, et maintenant vous allez..."

Là, on entend les flics qui arrivent dare dare, qui le sortent manu militari et le plaquent au sol en hurlant "à terre! à terre!" comme s'il avait sorti une grenade dégoupillée de sa poche. Sur le champ, ils lui passent les menottes.

Au lieu de calmer le jeu devant cette scène ridicule et odieuse (ridicule parce que totalement disproportionnée, odieuse parce qu'il s'agit d'un homme d'âge mûr), Paul Ryan se moque justement de l'âge de cet homme, éjecté de la salle alors même qu'il avait payé sa place: "J'espère qu'il a bien pris son médicament contre l'hypertension", raille-t-il.

Vous croyez que la salle va s'indigner? Pas du tout, elle trouve que c'est une bonne blague et rit de bon coeur.

Au cours de ce repas, trois personnes qui posaient des questions critiques ont ainsi été éjectées de la salle et emmenées au poste dans le panier à salades.

A la sortie, quelques indignés attendaient le candidat pour le huer et lui manifester leur dégoût de le voir faire arrêter des gens sans raison.

Paul Ryan leur a répondu en leur faisant un petit signe de la main accompagné d'un sourire narquois.

Et maintenant, voici la video. Ne la regardons pas en nous disant "c'est loin, c'est l'Amérique, ça ne viendra pas chez nous". Car c'est déjà chez nous. Et si vous avez des exemples, merci de nous les faire partager!





 

 
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