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11/09/2011

11 septembre, le trop plein?

Ce n’est pas qu’on en fait trop, pour commémorer les attentats du 11 septembre, même si je reconnais que je n’en peux plus de ces images qui, à force d’être rediffusées, perdent leur charge émotionnelle. Non, c’est plutôt qu’à force, on ne sait plus ce qu’on commémore.

Et encore, pour nous qui avons vécu l’événement en direct, les choses sont claires. Nous nous rappelons tout, et nous savons ce que nous avons essayé d’en tirer.

6ème.jpegMais prenons l’exemple d’enfants qui entrent en 6 ème cette année. Ils étaient à peine nés quand c’est arrivé. Qu’est-ce que ça veut dire pour eux? Quand ils attrapent des bribes de conversation entre leurs parents ou leurs camarades, ou qu’ils captent des images plus ou moins furtives à la télévision, comment s’y retrouvent-ils? A qui, selon eux, sont destinées ces commémorations? Ceux qui étaient dans les avions? Dans les tours? Au sol? Ceux qui dès le lendemain se sont promenés comme de pauvres hommes sandwichs, brandissant la photo de leurs bien-aimés imprimée à la hâte sur leur imprimante personnelle? «Vous avez vu mon mari? Mon fils? Mon père? Mon frère? » Pour ces enfants-là, l’avenir fait-il peur? S’il y a un méchant dans l’histoire, est-il toujours menaçant? Que faire contre lui?

On peut imaginer que nos enfants conçoivent des peurs qu’ils n’osent nous communiquer. Peur du feu, peur des immeubles qui s’effondrent, peur des avions, peur de notre impuissance devant une menace diffuse... On peut se demander si des névroses ne peuvent survenir, comme la claustrophobie ou l’angoisse sous toutes ses formes... Ou encore, de façon pernicieuse, la peur des Arabes, la peur des religions, la peur de l’autre...

On pourrait égrener les mots qui nous viennent à l’esprit, quand on dit 11 septembre : choc - terrorisme - panique - incendie - guerre - gratte-ciel - pompiers - Ben Laden - intégrisme - avion - défenestration - cendre - peur - tristesse - colère... Ils sont terribles, ces mots!

Mais il y en a d’autres, pertinents eux aussi : entre-aide - solidarité - détermination - courage - reconstruction - énergie - fidélité - démocratie - fraternité - coeur - espoir...


La journée du 11 septembre 2001, c’est la journée qui ne finit jamais. Ceux qui se souviennent de la décontraction avec laquelle on embarquait, avant, dans un avion, peuvent dire que la grande euphorie du village planétaire, vécue après l’effondrement du rideau de fer, nous est rentrée dans la gorge. Au-delà des victimes directes de New York, d’Irak et d’Afghanistan, la confiance est la grande victime du 11 septembre.


L’enseignement de cette journée doit pourtant être l’occasion d’un regain de confiance. Au lieu de nous faire voir l’ennemi partout, elle peut nous faire voir l’ami partout.

Si on faisait jouer à un élève de 6 ème, successivement, le rôle de tous les protagonistes, en lui demandant: «Maintenant, tu es le pilote... Que fais-tu? Et tu es contrôleur aérien... Que dis-tu? Tu es l’un des terroristes... Tu es un passager... Tu es l’agent de change dans son bureau du 80 ème étage de la tour... Tu es sa femme qui regarde la télévision... Tu es le maire de New York... Tu es un jeune pompier... » Il est probable que son imagination travaillerait avec beaucoup de réalisme. Et qu’en arrivant à la question «Tu es un jeune pompier... Un vieux flic... Juste un passant, un rescapé... Que penses-tu, que fais-tu?  »,

cet enfant imaginerait son rôle avec beaucoup de réalisme. Alors, en réponse aux questions de la fin, «si tu étais un jeune pompier, un simple passant... », il répondrait sans hésiter: «J’irais voir comment je peux aider... J’écouterais si quelqu’un appelle... Je proposerais de donner un coup de main... Je verrais quel service je peux rendre... » Et cela permettrait de répondre sans détour, avec franchise et simplicité: «Tu as raison. C’est ce que tu ferais. Et tu vois, c’est exactement ce qui s’est passé, ce jour-là et les nombreux jours suivants, il y a dix ans. »

Enfant ou adulte, on se dirait alors que ça vaut drôlement la peine de vivre dans ce monde-là. Et de mettre en avant, par de belles commémorations, l’élan qui pousse l’humanité à ne jamais se décourager et à toujours trouver en elle l’envie folle et la force de répondre au pire par ce qu’elle a de meilleur. Pour avoir le dernier mot.

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04/09/2011

Pierre Bellemare court après le train

Bellemare.jpegLa voix de Pierre Bellemare devrait être classée monument historique. Quoi qu'il dise, ça nous intéresse. Et ça fait plus d'un demi-siècle que ça dure! Enfant, j'adorais l'émission "Vous êtes formidables". Et "Les Aventuriers..." Vous vous souvenez? Cette façon de mettre chaque mot en scène, de faire vivre une histoire et vibrer l'auditeur. "Il n'a que 19 ans... dans son costume rose et or... il a peur du public... autant que du toro..." Aglagla, on tremble avec le toréador! Comment tout cela va-t-il finir?

Aujourd'hui, je me dis que c'est Bellemare qui était formidable. Quand je regarde à la télévision "Faites entrer l'accusé" ou même des émissions qui en apparence n'ont rien à voir, comme "Capital" ou "90 minutes enquête", je vois bien que les commentateurs doivent tout à Bellemare. Qu'ils s'en rendent compte ou pas, Bellemare leur a appris à nous captiver, à nous faire croire à d'insoutenables suspenses... Mais jamais l'élève n'égalera le modèle.

Et c'est comme ça que, jeudi, le plus banal des incidents est devenu une épopée.

Que diable s'est-il passé, ce jeudi 25 août en gare de Libourne?


Libourne_44891_Gare-SNCF-de-Libourne.jpg



Vous brûlez de le savoir, même si vous le savez déjà.

Trois minutes... L'homme n'avait que trois minutes pour prendre sa correspondance pour Bergerac...

Bref, même si Pierre Bellemare a beaucoup d'humour et adore s'imiter lui-même, ce n'est pas tellement le moment de rire. Car à force de presser le pas le long du quai, il s'est retrouvé à l'hôpital pour plusieurs jours. Ecoutez-le raconter lui-même, et éclater de rire quand on lui parle d'"accompagnateur"...

Il n'y a pas que les octogénaires pour trouver que certains trains sont difficiles à attraper.

Lemaître.jpegMême Christophe Lemaître (regardez comme il est sympa, notre champion, avec sa grand-mère), qui court presque aussi vite qu'Usain Bolt, aurait du mal, équipé d'une valise et d'une poussette.

Je me souviens avec peine d'un jour où, dans la cohue, je devais attraper un train. J'avais dans les bras ma fille de trois semaines, et tout le bazar qui va avec. On se faisait bousculer par tout le monde, et derrière moi quelqu'un de particulièrement insistant répétait nerveusement tout en nous poussant: "Pardon... pardon... je suis avec ma mère..."

J'ai fini par me retourner et lui répondre: "Oui, eh bien moi je suis avec ma fille." Aujourd'hui, j'aimerais bien retrouver cette dame et lui dire que ce n'était pas la peine de s'énerver comme ça et que moi non plus je n'aurais pas dû lui répondre sur ce ton.

Le problème avec l'inconfort de ces moments-là, c'est bien sûr le stress et même parfois les risques qu'on fait prendre à sa santé.

Mais en plus il y a le gachis pour les relations humaines: on finit dressés les uns contre les autres, même entre personnes qui normalement sont aimables et prévenantes.

On verra la suite, mais je suis sûre que grâce à Pierre Bellemare, la SNCF va voir les choses autrement. Pas (uniquement) parce qu'il est célèbre, mais parce qu'il dit des choses simples et justes, avec le ton qui convient, jamais agressif, jamais amer, au contraire proche et chaleureux.

Bon, on ne va pas finir sur les quais de gare interminables et les valises à traîner. Vous avez loupé Christophe Lemaître et son 200 mètres, samedi? Oubliez Libourne, mettez des ailes à vos pieds. A vos marques... prêts... courez!





 





26/08/2011

Message à la jeunesse

Jobs.jpgLe chômage a encore augmenté. Et celui des jeunes aussi, hélas.

Cet homme mince, dans son jean et son pull noir, c’est Steve Jobs. Comme vous le voyez sur toutes ces photos, il a inventé beaucoup de choses dont nous nous servons tous les jours, et pour nous convaincre de les acheter, pour nous rendre fidèles à sa marque, il a su joindre l'utile à l’agréable.Jobs iPhone.jpg

Jobs iPad.jpg

Parce qu’il est malade, à 56 ans seulement, il se retire des affaires. Pour toujours.

 

J’ai traduit pour vous le discours que je reproduis ici, parce que je le trouve beau. Et les mauvaises nouvelles de l'emploi de nos enfants, nos jeunes si précieux, m'ont donné envie de l'écouter une fois encore.

 

 

Si vous parlez anglais, ne vous donnez pas la peine de le lire, il suffit d'écouter la vidéo ci-dessus.

Autrement, j’espère que vous aimerez lire le texte qui suit, et qu’il vous fera battre le cœur comme il fait battre le mien.

jobsstanford.jpgSteve Jobs, le patron d’Apple, un des hommes les plus riches du monde, l’a prononcé il y a six ans, devant les brillants et le plus souvent riches étudiants de Stanford, une des plus grandes universités américaines, le jour où on leur remettait leur diplôme. Ils allaient prendre leur envol.

 

« Je suis très honoré d’être avec vous aujourd’hui. Soyons franc, je n’ai aucun diplôme et ne suis jamais auparavant venu à une cérémonie de remise de diplômes.

Je vais vous raconter trois anecdotes tirées de ma propre vie. Pas plus.

J’ai renoncé aux études au bout de six mois. Pourquoi ?

Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère, très diplômée, a décidé de m’abandonner quand elle était enceinte et de me faire adopter.

Elle voulait que je le sois par quelqu’un d’instruit, ce fut une avocate. Sauf qu’au dernier moment, celle-ci décida qu’elle voulait une fille.

J’ai été adopté par des gens qui n’avaient même pas le bac, ce que ma mère biologique a découvert au dernier moment. Elle a donc refusé de signer les papiers. Elle ne s’y est résignée que plusieurs mois plus tard, quand le couple candidat a juré de m’envoyer à la fac.

Dix-sept ans ont passé et je suis en effet allé en fac.

J’ai choisi l’une des plus coûteuses du pays, dilapidant toutes les économies de mes parents.

Au bout de six mois, je ne voyais pas en quoi ça valait ce prix.

Je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie, et ce n’est pas la fac qui allait m’aider à trouver.

J’ai décidé d’arrêter de préparer les examens et de faire confiance à l’avenir.

Ca faisait peur, mais quand j’y pense, ce fut une excellente décision.

J’ai cessé d’assister aux cours qui ne m’intéressaient pas pour assister à ceux qui m’attiraient.

Tout n’était pas rose. Je dormais par terre dans la chambre d'un copain, car je n’avais plus de chambre à moi dans le dortoir. Je faisais, le week-end, dix kilomètres à pied pour avoir un vrai repas à la soupe populaire.

Mais j’ai adoré. Par exemple, comme j’avais vu combien tout était joliment écrit, sur les affiches, sur les tiroirs, sur toute la signalétique de ma fac, j’ai suivi les cours de calligraphie qu’on y donnait.

J’ai appris là des choses qui à priori ne me serviraient jamais à rien. Mais dix ans plus tard, quand nous avons conçu le premier MacIntosh,  tout ça m’est revenu, et nous avons fait le premier PC avec une typo magnifique.

Bien sûr, quand j’ai lâché les études, je ne pouvais pas savoir que ça servirait un jour.

Sauf que rétrospectivement, c’est une évidence.

Alors, il faut avoir confiance en l’avenir. Croire que les cailloux qu’on sème finissent par dessiner quelque chose.

Cette confiance vous aidera à suivre votre voie, même loin des sentiers battus. Et ça fera toute la différence.

 

Ma deuxième histoire parle d’amour et de deuil.

J’ai eu la chance de détecter tôt ce que j’aimais.

J’ai commencé avec un pote dans le garage de mes parents.

On a travaillé dur et dix ans plus tard, notre boîte valait 2 millions de dollars et employait 4000 personnes.

Un an plus tôt, on avait sorti notre premier MacIntosh, et je venais d’avoir 30 ans.

C’est là que je me suis fait virer. Virer de la boîte que j’avais fondée !

Nous avions recruté quelqu’un de doué pour la diriger avec moi. Au début ça s’est bien passé.

Mais notre vision des choses s’est mise à diverger, nous avons eu de mauvais résultats et mon conseil d’administration a choisi mon rival.

J’ai été viré avec pertes et fracas.

J’avais perdu tout ce à quoi ne m’étais consacré et j’étais anéanti.

Pendant quelques mois, je n’ai su que faire. J’avais l’impression d’avoir trahi tout le monde, d’avoir laissé tomber le témoin qu’on m’avait transmis.

Mais peu à peu quelque chose a fait son chemin : j’aimais toujours mon métier. J’avais été chassé d’Apple, mais j’en étais toujours amoureux.

Alors j’ai recommencé à zéro.

Je ne l’ai pas su sur le moment, mais cette éviction fut ce qui pouvait m’arriver de mieux.

Le poids du succès a cédé la place à la légèreté des débuts.

ratatouille.jpgDans les années suivantes, j’ai fondé NeXT et Pixar, et je suis tombé amoureux de celle qui allait devenir ma femme.

Toy.jpgPixar est devenu le plus grand producteur de films animés au monde.

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Apple a racheté NeXT, dont la technologie fut au cœur même de sa renaissance. Et je suis revenu à Apple.

Tout cela  fut une potion amère, mais je pense que j’en avais besoin.

Parfois, la vie vous envoie un pavé en pleine figure. Mais il ne faut pas perdre la foi.

Ce qui m’a soutenu, c’est que j’aimais ce que je faisais.

Trouvez ce que vous aimez, au travail et dans votre vie amoureuse.

Le boulot va occuper une grande partie de votre vie, la seule façon de s’y épanouir, c’est de faire du bon boulot. Et la seule façon de faire du bon boulot, c’est d’aimer ce qu’on fait.

Si vous n’avez pas encore trouvé, cherchez, ne transigez pas.

Comme tout ce qui vient du cœur, vous le reconnaîtrez quand vous le verrez.

Et comme dans toute relation de qualité, celle-là s’enrichira avec le temps.

 

Ma troisième histoire parle de la mort.

A 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près : « Vis chaque jour comme si c’était le dernier. Un jour, ce sera forcément le bon. »

Ca m’a fait forte impression. Depuis, chaque matin, je me regarde dans la glace et je me dis : si c’était mon dernier jour, voudrais-je faire ce que j’ai prévu de faire ? Et quand, plusieurs fois de suite, la réponse est non, je sais qu’il faut que j’agisse.

Savoir qu’on va mourir aide à prendre les bonnes décisions.

Car bien des choses, comme l’orgueil, ou la peur de l’échec, s’évanouissent face à la mort.

Face à la mort, on est nu. Plus rien ne nous retient d’aller où le cœur nous guide.

L’an dernier, j’ai appris que j’avais un cancer.

On ma fait passer un scanner à 7 heures du matin, qui a révélé une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce que c’était que le pancréas.

Les médecins m’ont dit que c’était très probablement une forme de cancer incurable, et que j’en avais pour trois à six mois.

Mon docteur m’a conseillé de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre. Ce qui en langage de médecin veut dire se préparer à mourir. Dire à ses enfants ce qu’on avait prévu de leur dire des années plus tard… régler tout ce qui doit l’être… faire ses adieux.

J’y ai pensé toute la journée.

Le soir, on m’a fait une biopsie, en me faisant passer un endoscope le long de la gorge jusqu’au pancréas.

Ma femme était là quand les cellules ont été examinées au microscope, et elle m’a dit que les médecins étaient bouleversés. Ce qu’ils voyaient, c’était une forme de cancer rare et opérable.

J’ai été opéré, je vais bien.

J’espère ne plus approcher la mort de si près, avant longtemps. Mais avoir affronté cela m’autorise à vous parler d’expérience.

Personne ne veut mourir. Même ceux qui espèrent aller au ciel.

Pourtant, la mort est notre sort commun. Nul n’y échappe. Et c’est bien comme ça.

La mort est la plus belle invention de la vie.

Elle permet à l’usé de céder la place au neuf.

Le neuf, aujourd’hui, c’est vous.

Un jour, vous serez devenu l’usé.

Pardon d’être si explicite, mais c’est un fait. Votre temps est limité.

Alors, ne le gâchez pas en faisant autre chose que ce pourquoi vous êtes fait.

Ne vous laissez pas prendre au piège des dogmes, qui découlent d’autres pensées que la vôtre.

Ne laissez pas la voix des autres couvrir votre voix intérieure à vous.

Et surtout, ayez le courage de vous laisser guider par votre cœur et votre intuition.

A leur façon, ils savent déjà ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire.

 

Quand j’étais jeune, j’adorais une revue qui est parue pendant une quinzaine d’années. J’y trouvais tout ce que vous trouvez aujourd’hui sur Google.

Quand ils ont arrêté la publication, sur la dernière page du dernier numéro, on pouvait lire :

« Gardez les crocs, restez insouciants » (Stay hungry, stay foolish)

J’avais votre âge. Je me suis promis de suivre cette recommandation.

Et en ce jour où on vous remet votre diplôme, en ce jour où vous prenez votre envol, je vous dis à mon tour : gardez les crocs, restez insouciants. »

 

 

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