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24/10/2011

Nicolas+Carla=Giulia

Une fois de plus, nous (nous, les Français) avons trouvé moyen de tout compliquer. Rien de plus simple pourtant que d'avoir un bébé! Rien de plus banal, rien de plus attendrissant.800515_france-s-first-lady-carla-bruni-sarkozy-leaves-the-maternity-clinic-clinique-de-la-muette-in-paris.jpg

Si une joie peut être partagée avec un couple, même un couple qu'on n'adore pas forcément, c'est bien la naissance d'un enfant.

C'était sans doute trop simple. Il a fallu qu'on discute sans fin sur le thème "le président de la République doit-il ou ne doit-il pas évoquer sa vie privée?"

Du coup, tout est devenu maniéré. La femme du président a dit tellement souvent, à la radio et à la télévision, qu'il ne fallait pas en faire une histoire, que c'en est devenu une.

En Angleterre, le Premier ministre, David Cameron, a toujours été très ouvert et très honnête sur sa vie familiale. Bien avant d'être nommé, alors qu'il n'était qu'une personnalité montante de la vie politique locale, il s'est montré avec sa femme et ses enfants.

C'était d'autant plus frappant que l'aîné, Ivan, souffrait d'une maladie rare qui l'handicapait affreusement. Il ne marchait pas, ne parlait pas, se nourrissait très difficilement et était constamment la proie d'affreuses crises d'épilepsie.

 

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Cela n'empêchait pas les Cameron d'aller partout avec lui, ainsi qu'avec sa petite soeur et son petit frère.

Pendant la campagne électorale, en 2009, David Cameron expliquait encore et encore combien, pour lui, un système de santé publique gratuit, ouvert à tous et de grande qualité, était une priorité. En effet, bien qu'il fût lui-même d'une famille aisée, il avait pu mesurer l'appui que la sécurité sociale lui avait fourni, ainsi qu'à sa femme, quand il avait été confronté à un enfant nécessitant des soins jour et nuit.

Ainsi, grâce à ce partage d'expérience, les Britanniques ont pu sentir chez ce candidat une familiarité, une proximité. Lui aussi, avec sa femme, devait faire face à d'immenses difficultés. Lui aussi malgré tout essayait de construire un bonheur familial. Lui aussi avait besoin de l'aide de la société, pour faire face.

Au cours de la campagne électorale, Ivan a perdu la vie. L'adversaire politique de David Cameron a rendu un hommage bouleversant à son rival, en demandant une minute de silence aux députés. Ce deuil cruel, ce grand vide laissé par un enfant dont il fallait s'occuper constamment, a inspiré à deux adversaires opposés dans une lutte féroce un grand moment d'humanité, de dignité, et bien sûr d'émotion pour tout le pays.

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Quand David Cameron a dit, plus tard, qu'il avait failli tout abandonner à ce moment-là, car la souffrance était telle que tout le reste lui semblait vide de sens, personne n'a douté de sa sincérité.

L'histoire finit bien car l'année suivante, un nouveau bébé - une petite fille! - est venu consoler cette famille. Rien n'est oublié, mais la vie est là.images-5.jpeg

On ne souhaite évidemment pas à notre président et à sa femme de connaître le millième de ces difficultés. Mais si avec spontanéité, sans en faire des tonnes, ils voulaient bien faire confiance aux Français au lieu de s'en méfier, et partager très simplement avec eux le plus naturel des bonheurs, ce serait bienvenu.

Car comme Cameron a appris, grâce à son petit Ivan, ce qu'un bon système de santé pouvait apporter à ses compatriotes, nous aimerions savoir que la petite Giulia, elle aussi, va apprendre à son papa des choses importantes, profondes, inattendues, qui l'aideront à prendre de bonnes décisions et seront utiles à chacun d'entre nous.

16/10/2011

Tintin à Hollywood

Trois avant-premières, trois petits coups de nostalgie... Vous allez voir, aujourd’hui, c’est retour vers le futur!

Le secret de la Licorne.jpgPremier flashback: j’ai la chance d’avoir déjà vu Les Aventures de Tintin: Le Secret de la Licorne, qui sort le 26 octobre.

Si vous aimiez Tintin quand vous étiez petits, je pense que vous serez émus de le trouver si bien compris. Mais si vous l’aimiez au point d’être fétichiste (genre: Hergé est intouchable, c’est un monument et même un cinéaste comme Steven Spielberg n’a pas le droit d’y toucher), alors laissez tomber.

On pouvait faire confiance à Spielberg parce qu’il comprend l’enfance. Il est resté un enfant lui-même. E.T., c’était filmé avec les yeux de l’enfance, non? Ce Tintin est filmé avec les mêmes yeux.

Pour pimenter le plaisir de ceux qui iront voir le film (il sort mercredi), je vous fais deux petites confidences.

D’abord, regardez bien la première scène. Tintin se promène, il fait beau, une brocante en plein air invite à la flânerie. Un peintre a planté son chevalet, attendant le client. Tintin se fait donc tirer le portrait, et quand c’est fini, le peintre lui tend le dessin qu’il a fait de lui. herge.jpgQui est ce peintre? Son visage vous rappelle quelque chose? C’est Hergé, ainsi représenté par le réalisateur pour que, d’emblée, un hommage soit rendu au vrai père de Tintin.

Seconde confidence: tout le monde s’accorde à dire que le personnage de Milou a été très étoffé par Spielberg. Et c’est vrai. Il a fait de Milou une sorte de super-Milou, encore plus malin, encore plus vif et entreprenant que dans les albums de Casterman. Ce n’est pas étonnant car Spielberg lui-même a toujours eu des chiens et en a casé dans tous ses films. L’actrice Michelle Monaghan raconte que, sur un tournage, au début de sa carrière, elle était en transe à l’idée de rencontrer le grand Spielberg, et s’est approchée de lui toute émue, mais pas de chance, elle n’avait pas vu son chien et lui a marché dessus. «Attention! » s’est exclamé Spielberg. Et c’est tout ce qu’il lui a dit...

Chien Dents de la mer.jpgSur la photo, tirée des Dents de la mer, vous pouvez voir son propre chien, qu’il avait fait jouer dans le film Dico Spielberg.gif(pour tout savoir, référez-vous au «Dictionnaire Spielberg» qui vient de sortir, rédigé par un jeune fan de 24 ans, Clément Safra... même pas né lors du premier Indiana Jones!).

Bon, si vous allez voir Les Aventures de Tintin: Le Secret de la Licorne, mettez un commentaire au bas de cette note, ça me fera plaisir d’avoir votre avis, sapristi!

 

Deuxième retour vers le futur: j’ai eu un vrai coup de foudre avec des DVD qu’on a bien voulu me prêter mais qui ne sortiront que le 8 novembre. Ils sont trois, joliment rangés dans un coffret au format familier: le format de nos vieux 33 tours. Nos chers vinyles, que nous sortions avec précaution de leur pochette, en ne mettant surtout pas les doigts dessus!

Ce coffret s’appelle Age Tendre et Tête de Bois. C’est une compilation merveilleuse de l’émission qu’animait Albert Raisner. On y retrouve tous les yéyés, évidemment, mais aussi Brel, Bécaud, Béart, et ce ne serait rien si on ne réalisait, avec le recul, à quel point Albert Raisner était intelligent, cultivé, attentif et... précurseur. Je vous en reparlerai, et nous allons bientôt organiser un jeu pour vous faire gagner des exemplaires. En attendant, voici la pochette, toute pimpante.

 

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Et pour la bande annonce, cliquez là!

 

Troisième et dernier flashback: un demi-siècle après la sortie de Ben-Hur, la Warner a investi un million de dollars pour le rénover, image par image.

Le 26 octobre va sortir le coffret en blu ray. Ben Hur.jpg

Si vous êtes équipé d'un lecteur capable de lire ce procédé, je suis sûre que vous allez craquer. Revoir la scène des galères, la course en char ou bien sûr la mort du Christ avec la présence, la splendeur du système blu ray, ça me donne des frissons d'avance.

 

 

Dans les semaines qui viennent, les procédés les plus pointus nous fournissent trois occasions de replonger dans le bonheur de notre jeunesse. La nostalgie, ce n'est plus le sépia et la poussière sur les vieux souvenirs, la nostalgie aujourd'hui, c'est high tech!

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09/10/2011

L'homme à la pomme

Quand il a dû renoncer à conduire Apple, l'entreprise qu'il avait fondée, j'avais ici-même longuement évoqué Steve Jobs, le patron d'Apple. C'était il y a quelques semaines seulement. J'avais traduit pour vous le beau discours à la jeunesse rédigé et prononcé en 2005 pour les étudiants d'une grande université, le jour de la réception de leur diplôme. Cette vidéo a été reprise partout lors de sa mort, et elle existe maintenant en version soutitrée, la voici.

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L'émotion qui a traversé la planète à l'annonce de ce départ a été prodigieuse. En Amérique, en Asie, en Europe notamment, les manifestations de ferveur ont été aussi nombreuses que spontanées.

Certains ont organisé de petites lumières pour qu'elles dessinent son nom, souvent aussi le logo d'Apple, et sur cette photo vous voyez comment les passants ont aimé prendre, depuis leur téléphone Apple, la photo de l'hommage.

D'autres ont imaginé un hommage écrit, par exemple avec des post-its couverts d'émouvantes évocations. La photo que j'ai choisie a été prise en Corée du Sud.

Corée.jpegLa police, contactée par l'entourage de Steve Jobs dans les jours qui ont précédé sa mort, a mis d'avance en place un service d'ordre pour que ceux qui voudraient poser des fleurs devant chez lui puissent le faire, sans troubler le deuil de sa famille. Il habitait une maison sans prétention, sans barrière, accessible à tous les passants.


Maison JObs.jpgBien sûr l'homme était jeune et s'est montré combattif jusqu'au bout. Bien sûr ses innovations furent d'usage quotidien, et ont investi les foyers par millions... ou même par milliards, si l'on additionnne les ordinateurs personnels, les lecteurs de musique et les téléphones multifonctions. Tout un petit iMonde s'est rendu désirable dans des pays à la culture totalement différente, pour les jeunes et les moins jeunes, pour les hommes et pour les femmes. Steve Jobs leur a fait aimer les mêmes objets, parce qu'ils étaient pratiques et beaux, ou pour reprendre l'expression consacrée, parce qu'ils savaient joindre l'utile à l'agréable.

On a lu ici et là qu'il y avait quand même de l'abus dans tant d'adoration. Une iDole, Steve Jobs, en somme! Une sorte de Lady Di de l'informatique! Sur Facebook, beaucoup de mes amis ont rappelé que les produits Apple étaient fabriqués dans des usines lointaines où on faisait travailler les ouvriers jusqu'à l'épuisement, et que la politique des prix n'était pas là pour démocratiser l'électronique. C'est incontestable. Un exemple tout bête: si vous êtes adhérent FNAC et que vous achetez un IPad (près de 500 euros pour le premier prix, tout de même!), ça ne vous vaudra pas un seul point d'accumulé sur votre carte. Vraiment pas sympa!

Mais je voudrais ajouter en faveur de Steve Jobs quelquechose qui peut expliquer une partie du chagrin ressenti. Steve Jobs n'a jamais parlé de toutes les applications qu'il avait, avec ses collaborateurs, mises en place pour faciliter l'usage de ses instruments à ceux qui voyaient mal, entendaient mal, ou souffraient des troubles cognitifs. Par exemple, pour ceux qui n'ont pas une parfaite audition des deux oreilles, on peut écouter son iPod en règlant la stéréo plus confortablement. Pour ceux qui ne voient pas parfaitement, rien de plus facile que d'augmenter la taille des caractères et des images. Pour ceux qui ne voient vraiment pas, le clavier Braille est là, et la fonction "voice over" permet de donner tous les ordres avec commodité, et d'entendre toutes les indications nécessaires. Pour ceux dont la vision est gênée par la couleur, l'affichage noir-et-blanc est proposé en série. Pour ceux qui ont besoin de plus de temps que les autres pour réagir aux consignes, ou simplement pour taper, les réglages des temps de réaction sont proposés, même pour les touches du clavier. Bref, toute la gamme Apple est pensée d'emblée pour les gens qui sont au top et pour les autres, ceux qui autrement se laisseraient intimider et sentiraient qu'une fois de plus ils n'ont pas leur place dans le monde moderne.

Si vous voulez en savoir plus, cliquez ici et vous verrez: Steve Jobs a voulu que tout le monde puisse se servir de ses produits. Tout le monde, même ceux qui ont des besoins particuliers. Et c'est comme ça qu'il a gagné plus qu'un marché mondial, malgré le prix, malgré des pratiques industrielles et commerciales implacables. Il a gagné quelquechose qui n'a pas de prix: le coeur des foules.

On lui dit au-revoir sans sombrer dans le sentimentalisme mal placé? J'ai envie de faire comme mon fils qui, sur sa "page", a simplement écrit: PommeQ. En souvenir des premiers MacIntosh.

 

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