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05/12/2011

Retraites: les larmes du ministre

Cette femme doit annoncer à ses compatriotes que l'âge de la retraite recule et que les pensions vont diminuer. Il va donc falloir faire des sacrifices.

Sur le point de prononcer ce mot, "sacrifice", Elsa Fornero, 63 ans, ministre italien du travail, craque.

Ces images resteront dans l'histoire, symboles de la crise que nous traversons.

Et à ce même moment, après des années de mensonge et de forfanterie, c'est toute l'Italie qui retrouve confiance en elle-même.

Il aura suffi d'un instant de vérité! Juste un instant de vérité pour qu'un pays ruiné par l'affairisme, la démagogie et la corruption se reprenne et se sente prêt à faire face à la réalité, même dure.

Tout reste à faire, bien sûr, mais tout commence par cette réconciliation.

Alors: merci Elsa!

04/12/2011

Michel Neyret, l'honneur d'un commissaire

 

 

 

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Michel Neyret (au milieu sur cette photo) n’était pas connu du grand public avant son arrestation. La preuve: les images de lui sont si rares que les journaux, depuis sa garde à vue du 29 septembre, publient quasiment toujours la même.

Sur celle-ci, qui date de ce printemps, il est auprès d'une magnifique BMW saisie à des traficants.

Depuis longtemps fort apprécié des policiers mais aussi des magistrats, des avocats, et respecté même de ces avocats dont les clients furent arrêtés par Neyret et ses hommes, il n’était nullement un people.

Si on nous demande ce qu’il y a de commun entre Khaled Kelkal et Toni Musulin, entre l’ETA et des faux monnayeurs capables de déstabiliser l’économie d’un pays, entre des «go fast » remplis de cocaïne et les évadés de la prison de Luynes, nous ne serions pas nombreux à connaître la réponse: Michel Neyret. Lui et ses équipes nous ont protégés de ces gens-là. Des gens fort dangereux, fort nuisibles.

Depuis sa détention provisoire, nous avons à nous interroger sur de simples questions de vocabulaire. Car de même qu’on publie toujours la même (ou les deux ou trois mêmes) photos de Michel Neyret, on bégaie aussi côté vocabulaire. On entend deux clichés, pas trois:

Premier cliché: «Grand flic à l’ancienne ».

Second cliché: «Une police irréprochable ».

Arrêtons-nous au premier de ces clichés.

Si «grand flic à l’ancienne » veut dire fonctionnaire peu regardant, qui navigue à vue entre magouillage et coups fourrés tout en prenant des airs de Jean Gabin, on est plutôt dans le pittoresque que dans l’admirable.

Si «grand flic à l’ancienne » veut dire fonctionnaire généreux, connaisseur des réseaux, conscient qu’il n’enquête pas dans un couvent de carmélites et prêt à prendre le risque de s’approcher du brasier pour identifier le foyer principal, on aimerait bien que «à l’ancienne » n’appartienne jamais au passé.

Et maintenant, le second cliché.

Si «une police irréprochable » veut dire des fonctionnaires clairs dans leur tête, fiers de leur mission, stoïques devant ses multiples frustrations, capables d’engagement et solidaires des victimes, j’achète tout de suite.

Mais si «une police irréprochable » veut dire des fonctionnaires obsédés par la procédure, conscients qu’une affaire non élucidée leur vaudra beaucoup moins d’ennuis qu’une erreur de jugement ou un excès de zèle, là, on est mal partis.

C’est pour tout cela que la personnalité du commissaire Neyret nous passionne. A travers cet homme, auquel nous devons beaucoup et qui devra s’expliquer complètement et loyalement, c’est toute une réflexion qui s’engage en profondeur. Espérons que, pour ceux qui garantissent notre sécurité, la conclusion ne sera jamais : «N’en faisons pas trop, il n’y a que des coups à prendre ».

 

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29/11/2011

La Sécu, c'est nous

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En sortant du cinéma, j'ai pris le métro pour rentrer chez moi. Il était 22 heures. Sur le quai, nous étions nombreux, une trentaine de personnes, et il restait quatre minutes à attendre la rame. Si j'avais osé, j'aurais pris une photo. Mais cela n'aurait pu qu'être mal interprété. Ce que j'aurais voulu montrer, sur cette photo? Qu'à 22 heures, un soir de semaine, en plein coeur de Paris, j'étais la seule sur le quai à n'avoir aucun problème.

Je veux dire: aucun problème social. Des problèmes, j'en ai comme tout le monde. Mais je ne suis pas pauvre, ni alcoolique, ma santé n'est pas délabrée, j'ai un chez moi, des gens qui attendent que je rentre et seront contents de me voir arriver. Ceux que j'avais sous les yeux (100% d'hommes, ça ne m'a pas frappée sur le moment mais à la réflexion, si!) étaient soit très patibulaires, avec leurs capuches de sweat et leurs casques MP3 qui les rendaient presque sans visage, leur façon d'occuper le quai et de fumer ostensiblement, soit très misérables, avec leurs sacs de couchages, leurs caddies remplis de vieilles choses entassées, leurs litrons de pinard à portée de main et leur façon de parler trop fort sans se faire entendre pour autant.

Choc, incrédulité, un peu de peur, un peu de honte, et de la sympathie. Voilà ce que j'ai ressenti pendant les quatre minutes d'attente. L'un des sans-abris m'a sollicitée, j'ai donné deux euros. Un étudiant tout jeune est arrivé, il a été sollicité aussi, il n'avait que des cigarettes, il les a données. Puis je suis montée dans le métro, je me sentais un peu princesse dans mon carosse, laissant derrière moi ceux qu'on appelle les marginaux.

On peut accuser les banques, la finance, les politiques, les médias, les corrompus, les tricheurs, qui on veut: pour finir la solution c'est nous.

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Les Restos du coeur sont repartis en campagne, celle du Secours catholique s'est affichée sur nos murs pendant tout le mois de novembre, le Téléthon commence vendredi. C'est la quête à tous les étages. Y compris les faux quêteurs, que comme moi vous éconduisez plus ou moins poliment, quand ils sonnent à votre porte en se prétendant de La Poste, ou éboueurs, ou pompiers... Faux quêteurs, vrais menteurs, mais surtout vrais exclus eux aussi.

Vous connaissez le système wiki: il a commencé il y a dix ans, avec l'encyclopédie Wikipedia, à laquelle contribuent, chacun de son côté, des millions de bénévoles à travers la planète, non seulement en postant des biographies, des articles, mais en complétant ou corrigeant ceux des autres. Ce système contributif est spontané, solidaire et entièrement autorégulé.

Quelle différence avec ces grandes, parfois très grandes, ou petites, parfois très petites associations qui font tout pour endiguer le malheur et la pauvreté? Quelle différences avec ces millions de gestes individuels qui, tous les jours, mettent un peu de sous dans un gobelet tendu et un peu de baume sur les plaies?

La sécurité sociale et toutes les solidarités institutionnelles continuent de fonctionner malgré les déficits, c'est bien. Mais s'y ajoute plus que jamais une sorte de wiki-sécu qui n'a pas de conseil d'administration, pas de président, pas d'adresse répertoriée, à laquelle personne n'est obligé de cotiser et qui pourtant fonctionne à plein régime. Cette wiki-sécu, c'est vous, c'est moi, c'est un étudiant qui donne ses clopes à une heure où il aura du mal à trouver un bureau de tabac ouvert pour se réapprovisionner.

Partout où il y a de la misère, il y a aussi cet élan. La crise rend égoïste? On aurait plutôt tous les jours sous les yeux la preuve qu'au contraire, la crise rend généreux.



 

 
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