18/04/2012
Fadela, Martin et l'isoloir
Fadela Amara est désormais ce qu'on appelle un haut fonctionnaire.
En effet, quand elle a quitté le gouvernement, le président Sarkozy l'a fait nommer inspecteur général à l'Igas (Inspection générale des affaires sociales).
A ce titre, elle est protégée par le statut de la haute fonction publique, en échange de quoi lui est demandée une absolue neutralité, garante de l'égalité des citoyens face à l'administration, quelle que soit leurs opinions politique, leur religion, leur statut social etc.

On peut comprendre que ce soit un exercice difficile pour une femme qui a passé toute une partie de sa vie à militer dans une association, et toute une autre à s'engager politiquement auprès de Nicolas Sarkozy. N'empêche, c'est son devoir.
Pour Martin Hirsch, on peut penser que la culture de la haute fonction publique et son obligation de neutralité coulent dans ses veines.
Fils de haut fonctionnaire lui-même, il a accompli le trajet brillant qui forme ces serviteurs de l'Etat: Ecole Normale Supérieure, ENA (Ecole nationale d'administration).

Pourtant, l'un et l'autre se sont permis d'annoncer pour qui ils allaient voter.
L'isoloir serait-il au-dessous de leur condition, alors même que, contrairement au simple citoyen, ils ont pour obligation de rester impénétrables sur leurs opinions politiques?
Il n'y a pas de situation plus sûre, en France, plus stable et mieux protégée que celle de haut fonctionnaire. En échange, il faut renoncer à afficher le moindre esprit partisan.
Fadela Amara et Martin Hirsch, en brisant ce pacte, lézardent très injustement notre confiance en nos fonctionnaires. Payés par les impôts de tous, nous devons être sûrs qu'ils sont au service de tous.
C'est le cas de ceux qui nous accueillent au jour le jour: dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les commissariats, dans les tribunaux... Là, des fonctionnaires de base se donnent le plus souvent beaucoup de mal pour nous. Et s'ils osaient publier pour qui ils vont voter, ils se feraient sanctionner par leur hiérarchie.
Alors, MM. et MMmes les hauts fonctionnaires, reprenez-vous. Et si l'obligation de réserve vous pèse, démissionnez, allez dans le privé, mettez-vous sur le marché de travail à égalité avec les autres.
Chiche?
15:37 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : fadela amara, martin hirsch, haut fonctionnaire, obligation de réserve, vote, sarkozy







Commentaires (18)
Amitiés
Serge ®, le 18/04/2012
Monique Ruiz, le 18/04/2012
L'isoloir est une garantie pour chacun, je suis même partisan de respecter l'anonymat du choix des parrainages, dans ce pays, le nôtre, on vote à bulletin secret même au plus profond des couvents pour l'admission d'une professe.
Je serais aussi, mais cela n'engage que moi, partisan qu'on interdise tout discours pulic entre les deux tours de scrutin électoral... un rêve, des citoyens lisant les programmes au lieu de rire des empoignades télévisuelles...
Bonne continuation Madame, j'ai toujours du plaisir à vous lire.
josette, le 18/04/2012
Bonne continuation
kinikki, le 20/04/2012
marie, le 21/04/2012
ça s'achète parfois !"
Raymond Devos
marie, le 21/04/2012
Amicalement
Geneviève
Geneviève, le 23/04/2012
WENCELIUSnICOLE wENCELIUS, le 24/04/2012
denis, le 25/04/2012
tous ces hommes politiques, Gauche, Droite, au Centre ou aux extrêmes...devraient faire très attention à ce qu'ils pondent, et qui ne sont que des promesses qui ne seront pas tenues au dixième ! C'est ce qu'on appelle de la surenchère mais jusqu'à quelles limites ?
Il faudrait leur faire signer ces engagements et leur présenter leurs bilans, et un certificat de bonne ou mauvaise conduite...
Les sanctions ? Dégradation de l'honneur et publiquement, interdiction de se représenter, perte d'indemnités de retraite ou d'autres postes à responsabilité pour "faute grave"...
Car peut on se moquer impunément, indéfiniment et sans mesure...du peuple ?
Alors...méfiance chers concitoyens bien sensés...
Enfin pour terminer avec une petite note d'humour..."quand il vient à discourir un homme de talent et trop "poli...tique "!
Nous sommes bien dans une ère où "tout ce qui brille n'est pas d'or"!
Où au temps de l'économie d'énergie, on nous demande de "prendre nos vessies pour des lanternes"!
Au temps incertains des "faux prophètes" et des "gourous" de tout poil qui nous prêchent un bon avenir, en rivalisant de clochers mais en "prêchant pour leurs seules paroisses"...non vraiment Messieurs avides de pouvoir, un peu de sérieux et d'altruisme pour les pauvres gens que nous sommes !
Vos voies ne sont pas nos voix...
Vos desseins ne vous placent pas à hauteur des saints, puisque nous ne savons plus à quel saint nous vouer ...
Vos plans miroitants, à la place de plants, ne font pousser que des pierres dans nos jardins d'espoir...
Oui les temps sont bien sombres pour ceux qui sont dans les sous-sol de la société...mais vous, le soleil brille du haut de vos terrasses !
Alors...excusez-moi Messieurs, je préfère regarder vers le bas, et ne point vous dire mon ressenti...vu que le" Bât blesse trop" à ce pauvre boeuf que je suis, qui tourne et tourne encore, entraînant la meule qui moût le grain engrangé dans vos propres moulins...
A bientôt Geneviève et chère blogueuse pour d'autres réflexions...
Bien amicalement.
Jean Marc B.
BARRIER, le 28/04/2012
Gérard, le 28/04/2012
Aliette Lydia
Aliette Lydia, le 28/04/2012
Bon dimanche amie Geneviève Amitié de mon village L'Alpinus
l'alpin, le 28/04/2012
"Tout agent public, quel que soit son rang dans la hiérarchie, doit faire preuve de réserve et de mesure dans l'expression écrite et orale de ses opinions personnelles à l'égard des administrés et des autres agents publics.
La liberté d'opinion est reconnue aux agents publics; cette obligation ne concerne donc pas le contenu des opinions, mais leur mode d'expression.
L'obligation de réserve s'applique à tous les agents durant leur temps de service mais aussi hors de leur temps de service."
Source: Direction de l'information légale et administrative
Solveig, le 29/04/2012
Roquin, le 29/04/2012
Je trouve courageux et nécessaire de désobéir quand l'éthique de nos professions est bafouée.
Agnès
COCHET Agnès, le 30/04/2012
intrepide, le 18/05/2012
Schock, le 24/05/2012
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