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28/02/2012

Qui fera campagne contre la solitude?

En lisant un livre, Les Solitaires de la République, solitaires.jpgj'ai trouvé le thème de campagne qui pourrait faire élire le candidat qui saurait s'en emparer. Et franchement, je ne m'y attendais pas.
L'auteur, Samir Tounsi, a rencontré et écouté des hommes qui n'aiment pas être seuls, des hommes faits pour le succès, pour l'action, des "leaders", comme on dit: éminent comme un Alain Juppé, haut en couleurs comme un Jean-Luc Mélanchon, flamboyant comme un Dominique de Villepin, fougueux comme un Arnaud Montebourg, frêle et discrète comme une Jacqueline Fraysse, ancienne maire communiste de Nanterre... Aucun n'est fait pour ronger son frein seul dans son coin.
Tous pourtant ont connu ça. Parce qu'il est arrivé un drame, comme celui qu'a provoqué le tueur fou pendant le conseil municipal à Nanterre, ou un échec, une élection perdue, la fin d'un mandat, la disgrâce...
Chez vous et moi ça s'appelle un mauvais moment à passer, dont tout le monde se fiche sauf soi, avec l'angoisse que ça dure longtemps.  Chez eux, ça s'appelle la traversée du désert. Mais peu importe. Ce qui compte, c'est que dans ce livre, ces hommes, rarement ces femmes, en parlent très bien. Avec douleur et même humilité.
Et l'auteur soudain fait le rapprochement: combien sont-ils, ces Français, ces électeurs, qui souffrent eux aussi de solitude? Oh, une solitude moins romanesque, une solitude qui ne ferait pas vendre beaucoup de livres, mais tout de même... 4 millions de personnes, selon une récente étude de la Fondation de France. Des hommes, des femmes, des vieux, des jeunes, 4 millions, c'est énorme! et c'est terrible! Au point qu'en 2011 la solitude a reçu le label Grande cause nationale, une sorte de prix Nobel du malheur, en quelque sorte.
Alors, ces personnalités éminentes, qui accèdent à de grandes responsabilités et aspirent à en assumer de plus grandes encore, ces leaders qui parlent si bien de solitude, du sentiment de rejet, d'abandon, eux qui l'ont éprouvé cruellement, pourquoi ne fondent-ils pas leur campagne là-dessus?
Samir Tounsi, l'auteur du livre, suggère aux candidats d'organiser chaque année des Etats généraux de la solitude. Ils seraient parrainés par les ministères concernés, et auraient pour but de prévenir l'isolement. Les élus locaux viendraient présenter les initiatives qu'ils ont prises et qui ont bien marché. L'émulation serait créée, ce qu'on appelle le cercle vertueux.
C'est une proposition simple, constructive, réaliste. Un homme - ou une femme!- politique qui nous ferait ce genre de promesse, en étant précis sur la façon dont il va la tenir, on aurait envie de le suivre. Surtout s'il s'appuyait sur les élus locaux, qui sont proches de nous.
Une chanson pour finir? Barbara, Serge Reggiani, Léo Ferré... Je préfère paraphraser Pierre Dac et Francis Blanche, qui disaient que ce n'était pas grave d'être malade tant qu'on avait la santé: ce n'est pas grave d'être tout seul tant qu'on est en bonne compagnie!
bal-pop-732571.jpg

 

 

Commentaires

Merci Geneviève pour ce plaidoyer contre la solitude, en effet combien d'entre nous s'interrogent sur le sort de son voisin,le tout sans voyeurisme ni ostentation, juste pour savoir si les jours qui passent ne lui semblent pas interminables,lui qui est muré dans sa solitude.
Combien sont interpellés par ces gens que l'on retrouve morts chez eux depuis des mois, voire des années ?
En tant qu'élue de ma petite ville, j'essaye de combattre cette solitude des personnes âgées en proposant des sorties et des animations spécialement pour eux, ce n'est qu'une petite goutte d'eau dans cet immense océan, mais au moins j'essaye.......

Écrit par : M.Christine | 01/03/2012

Geneviève,
la solitude des personnes âgées dans nos pays dits civilisés...
Mère Térèsa (que j'ai connu personnellement) répondait à un journaliste qui était curieux de savoir pourquoi elle désirait ouvrir toutes ces maisons de Soeurs pour les pauvres en Amérique et en Europe...
Elle répondit que dans ces pays là ce n'était pas des pauvres d'argent qui criaient au secours mais que ces pays fabriquaient des pauvres de coeurs et de solitude...et il y avait urgence !
Oui cette société qui se laisse engluer par le matérialisme et l'égoïsme, elle en oublie de préserver ses faibles et ira irrémédiablement à sa perte.

A chacun de faire tomber la coquille qui masque sa vue...

Amitié
Jean Marc B.

Écrit par : BARRIER | 14/03/2012

Je vis la solitude depuis plus de 10 ans. C est dur . Mais j ai un outil, l'amour de soi. On ne peut se remplir par l'autre. Par contre quand on a suffisamment d'amour en soi on peut être un aimant pour les autres. Des techniques comme tonglen

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tonglen

donnent de bon résultats .

N'empêche que l'on n'est pas fait pour vivre sans communication. Et il serait intéressant de créer des groupes intergénérationnel.
J'essaye de créer cela à coté de st Affrique,
mais je me retrouve face à des magouilles de la mairie et c'est impossible d'acheter de la terre. Ce projet permettrait de faire vivre plusieurs générations.


UN LIEN SYMPA A ST AFFRIQUE ils connaissent bien le sujet
http://www.radiosaintaffrique.com/

et

http://www.lavie.fr/hebdo/2009/3357/sylvie-boulard-une-vitrine-associative-31-12-2009-1534_87.php

Écrit par : cast | 14/03/2012

"Les solitaires de la république" connaissaient les règles du jeu et se savaient plus que quiconque exposés à des blessures d' orgueil.
En outre, non contents de nous marcher sur la tête, au temps de leur gloire, certains d'entre eux ont transgressé les lois de la république : devrait-on les plaindre d' avoir subi ensuite la sanction des urnes ou de la Justice ?
Qu' ils n'aient pas la pudeur de se taire, puisque, apparemment, ils s'épanchent par dessus le marché dans un livre, me paraît quelque peu indécent.
Quand à la suggestion d' une campagne "contre la solitude" je doute fort qu'une telle fumisterie (une de plus !) ne glane guère de bulletins de vote.

Comme chacun sait, le remède à la solitude ne se décrète pas !
Du reste, après Barbara, Reggiani, Mouloudji, on pourrait tout aussi bien citer Bécaud ("la solitude, cela n' existe pas...) ou Sartre (L' enfer, c'est les autres...) avec tout autant d'à propos.

Écrit par : Charles | 31/03/2012

La solitude, pour Jacques Godbout dont je vous recommande la lecture (L'esprit du don et ce qui circule entre nous : donner, recevoir, rendre), c'est la conséquence de la liberté que nous a apporté la monétarisation.
C'est vrai que ça simplifie la vie de ne pas avoir à se faire un ami du boulanger pour avoir une baguette de pain quand moins d'un euro suffit, mais quand ça s'applique à tout, ça ne fait que générer de la solitude. Pour Jacques Godbout, le don est « le mouvement social perpétuel », rien de moins que ce qui fonde toutes nos sociétés.
Le don de départ est gratuit, libre et spontané : le donateur ne sait pas encore si on lui rendra, et la prise de risque initiale fait partie intégrante du don. Fait également partie de cet acte de don le plaisir qu’on en retire.
Quand celui qui reçoit, le donataire, accepte le don, il accepte en même temps l’obligation de rendre : c’est le contre-don. Dans une logique de contre-don, on rend toujours un peu plus : pas trop, car sinon on se met dans une position de domination de l’autre, mais un peu plus quand même car un don que l’on rend de manière strictement équivalente n’est pas un contre-don, c’est un remboursement de dette qui met fin à l’échange.
Le donataire devient ainsi donateur, et le léger surplus met le donateur initial en situation de devoir rendre à son tour un peu plus. C’est la tension de dette permanente entretenue entre les deux protagonistes qui crée la dynamique du don et entretient le lien social.
Vous découvrirez dans ces livres les nouvelles pistes de réflexion de la sociologie économique, qui battent en brèche l’omniprésence des théories du tout marchand ou de l’État providence. Pour Jacques Godbout, les trois systèmes sont complémentaires dans nos sociétés ; ils s’interpénètrent et se nourrissent mutuellement, et l’auteur conclut que le système du don englobe les deux autres.
Pour la solitude, la solution n'est donc ni l'Etat (donc je ne vois guère un candidat arriver avec une formule magique) ni la société marchande, mais vous et moi, face au choix qui s'offre en permanence à nous, de prendre le risque de donner pour - peut-être - recevoir. Ca commence par un sourire dans le métro ;-)

Écrit par : Françoise | 12/04/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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