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30/11/2011

Allô papa bobo

D'accord, Imanol Harinordoquy n'est pas un nourrisson (élu 3ème meilleur joueur du monde l'an dernier, 1,92 mètres, 108 kilos...) et il n'a pas besoin de son père pour le défendre.

D'accord, nous les parents nous devons apprendre à rester à notre place.

D'accord, le rugby n'est pas un sport pour les Bisounours et un gaillard comme Imanol peut supporter de se faire un peu chahuter par l'adversaire.

D'accord, il y a des arbitres sur le terrain, laissons-les faire leur boulot.

D'accord, d'accord, d'accord...

N'empêche.



 


Voir Lucien Harinordoquy, dit Lulu, dans son pardessus gris, débarquer sur le terrain et voler au secours de son garçon, s'en prendre une ou deux bonnes dans la figure et se faire jeter à terre, puis le voir remonter les gradins encadré par les stadiers, c'est formidable.

Ah! l'amour d'un père!Lucien.jpeg

Et l'amour d'un fils ce n'est pas mal non plus. Lisez plutôt la déclaration que vient de faire Imanol, et reconnaissez-le, elle vous fait battre le coeur, à vous aussi:


Imanol.jpeg« Suite à l’incident qui a émaillé le derby entre mon club, le Biarritz Olympique et l’Aviron Bayonnais mardi 29 novembre 2011 à Aguilera, je me trouve aujourd’hui dans la pire des situations, tiraillé entre ma famille et mon club. En tant que sportif de haut niveau, je regrette l’intrusion de mon père sur le terrain de jeu. En 15 ans de carrière, mon père m’a accompagné pendant bien des matchs et jamais, il ne s’est comporté en contradiction avec les valeurs du rugby. En tant que fils, sans vouloir rien excuser, je demande à chacun de faire preuve de retenue. En tant que Basque enfin, j’espère que cet incident regrettable ne sera pas instrumenté dans une rivalité malsaine entre nos clubs. »

 

Lucien, Imanol, on vous adore! Et vive le rugby!

 

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29/11/2011

La Sécu, c'est nous

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En sortant du cinéma, j'ai pris le métro pour rentrer chez moi. Il était 22 heures. Sur le quai, nous étions nombreux, une trentaine de personnes, et il restait quatre minutes à attendre la rame. Si j'avais osé, j'aurais pris une photo. Mais cela n'aurait pu qu'être mal interprété. Ce que j'aurais voulu montrer, sur cette photo? Qu'à 22 heures, un soir de semaine, en plein coeur de Paris, j'étais la seule sur le quai à n'avoir aucun problème.

Je veux dire: aucun problème social. Des problèmes, j'en ai comme tout le monde. Mais je ne suis pas pauvre, ni alcoolique, ma santé n'est pas délabrée, j'ai un chez moi, des gens qui attendent que je rentre et seront contents de me voir arriver. Ceux que j'avais sous les yeux (100% d'hommes, ça ne m'a pas frappée sur le moment mais à la réflexion, si!) étaient soit très patibulaires, avec leurs capuches de sweat et leurs casques MP3 qui les rendaient presque sans visage, leur façon d'occuper le quai et de fumer ostensiblement, soit très misérables, avec leurs sacs de couchages, leurs caddies remplis de vieilles choses entassées, leurs litrons de pinard à portée de main et leur façon de parler trop fort sans se faire entendre pour autant.

Choc, incrédulité, un peu de peur, un peu de honte, et de la sympathie. Voilà ce que j'ai ressenti pendant les quatre minutes d'attente. L'un des sans-abris m'a sollicitée, j'ai donné deux euros. Un étudiant tout jeune est arrivé, il a été sollicité aussi, il n'avait que des cigarettes, il les a données. Puis je suis montée dans le métro, je me sentais un peu princesse dans mon carosse, laissant derrière moi ceux qu'on appelle les marginaux.

On peut accuser les banques, la finance, les politiques, les médias, les corrompus, les tricheurs, qui on veut: pour finir la solution c'est nous.

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Les Restos du coeur sont repartis en campagne, celle du Secours catholique s'est affichée sur nos murs pendant tout le mois de novembre, le Téléthon commence vendredi. C'est la quête à tous les étages. Y compris les faux quêteurs, que comme moi vous éconduisez plus ou moins poliment, quand ils sonnent à votre porte en se prétendant de La Poste, ou éboueurs, ou pompiers... Faux quêteurs, vrais menteurs, mais surtout vrais exclus eux aussi.

Vous connaissez le système wiki: il a commencé il y a dix ans, avec l'encyclopédie Wikipedia, à laquelle contribuent, chacun de son côté, des millions de bénévoles à travers la planète, non seulement en postant des biographies, des articles, mais en complétant ou corrigeant ceux des autres. Ce système contributif est spontané, solidaire et entièrement autorégulé.

Quelle différence avec ces grandes, parfois très grandes, ou petites, parfois très petites associations qui font tout pour endiguer le malheur et la pauvreté? Quelle différences avec ces millions de gestes individuels qui, tous les jours, mettent un peu de sous dans un gobelet tendu et un peu de baume sur les plaies?

La sécurité sociale et toutes les solidarités institutionnelles continuent de fonctionner malgré les déficits, c'est bien. Mais s'y ajoute plus que jamais une sorte de wiki-sécu qui n'a pas de conseil d'administration, pas de président, pas d'adresse répertoriée, à laquelle personne n'est obligé de cotiser et qui pourtant fonctionne à plein régime. Cette wiki-sécu, c'est vous, c'est moi, c'est un étudiant qui donne ses clopes à une heure où il aura du mal à trouver un bureau de tabac ouvert pour se réapprovisionner.

Partout où il y a de la misère, il y a aussi cet élan. La crise rend égoïste? On aurait plutôt tous les jours sous les yeux la preuve qu'au contraire, la crise rend généreux.



 

21/11/2011

L'oreille d'un sourd

Surdite_LettreCarlAmenda_1erJuillet1801.jpg« Oh, comme je serais heureux si mes oreilles étaient en bon état ! »

L’homme qui se plaint ainsi se confie à son ami Karl, dans la lettre que voici.

« Quand on parle doucement, poursuit-il, j’entends à peine. Oui, j’entends des sons, mais pas des mots. Et dès qu’on crie, cela m’est intolérable. »

Dur d’oreille, cet homme n’a pourtant que 31 ans. Nous sommes en 1801, et Ludwig van Beethoven se trouve aussi honteux et embarrassé que, deux siècles plus tard, les plus de 60 ans qui ont l’ouïe qui baisse et ne veulent pas que ça se sache. « Depuis presque deux ans, j’évite toute société, car je ne peux pas dire aux gens que je suis sourd », écrit-il la même année à un ami médecin.

Vous vous souvenez du président Chirac, « accusé » en 2003 de porter une aide auditive ?Chirac.jpg L’Elysée s’était ébroué, niant avec vigueur comme s’il s’était agi d’une infamie. Pourtant, c’est notre intérêt à tous que ceux qui ont des responsabilités entendent bien. Et l’oreille baisse inexorablement avec le temps, tout comme l’œil perd de sa faculté d’adaptation.

On ne peut pas à la fois redouter la solitude plus que tout et contribuer à la laisser gagner du terrain en faisant le coquet dès qu’il s’agit d’admettre qu’on entend moins bien. Et que, pire encore, dès qu’on s’amuse un peu, c’est à dire dès qu’il y a un peu de monde, on ne distingue qu’un brouhaha fatiguant qui nous conduit à renoncer à prendre partie à la conversation.

Les appareils d’aujourd’hui sont si miniaturisés, si techniques, que nous avons intérêt à nous y mettre quand nos doigts sont encore assez Tournesol.jpghabiles pour les manipuler. La coquetterie ne devrait pas entrer en ligne de compte. Chez les femmes moins encore que chez les hommes, car elles peuvent cacher d’une mèche de cheveux les prothèses qui sont vraiment discrètes. On n’en est plus au cornet acoustique du Pr Tournesol. Mais même chez les hommes : s’ils croient que ça fait jeune, de faire répéter, ou de rester en retrait parce qu’on n’entend pas bien !

J'ai assisté à la présentation d'une nouveauté qui m'a beaucoup intéressée. Un petit appareil spécifiquement dédié aux débuts de la presbyacousie est maintenant vendu en pharmacie, sans ordonnance. (Zéro publicité dans cette information. Juste... une information.) Il est cher en soi (presque 300 euros pour une oreille), mais le prix moyen d’une vraie prothèse étant de 1700 euros… Pour ce prix-là, il est aussi peu visible qu’un appareil d’audioprothésiste, et il est préréglé : position 1 pour aider un peu, position 2 pour aider davantage. Un peu comme ces lunettes-loupes qu’on s’achète en pharmacie ou chez l’opticien : presbytie 1… 2… ça dépanne drôlement.

Beethoven_ts.jpg« Quelle triste vie est maintenant la mienne ! » écrit Beethoven à son ami Karl, qui était violoniste. « Eviter tout ce qui m’est aimé, et à quoi je tiens… »

Nous ne sommes pas tous des musiciens de génie, et nous ne dirions peut-être pas tous, comme Beethoven « Sache que la plus noble partie de moi-même, mon ouïe, s’est beaucoup affaiblie. »

Mais tous nous avons besoin pour vivre heureux d’entendre le chant des oiseaux, la rumeur de la mer, le froissement du vent dans les branches, sans parler des musiques qui nous enchantent ou, plus que tout, la voix de nos amours et chacun des mots qu’ils ont à nous dire.

Je vous quitte... pour écouter... surprise!

 

 
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