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02/10/2011

Le nudisme, même en ville!

Castro, ce beau quartier de San Francisco, au bord du Pacifique, est une fois de plus traversé par la polémique. Il faut dire qu’il aime ça. Pour les questions de moeurs et de modes de vie, c’est le quartier le plus progressiste  de la ville la plus progressiste au monde. Si vous voulez vivre au plus près du célèbre « interdit d’interdire » de mai 1968, c’est là qu’il faut aller vous installer.

A la fin des années 1960, les féministes américaines s’y sont montrées fort actives, se débarrassant par exemple de leur soutien-gorge en public comme s’il les avait autant asservies que les chaînes aux pieds des bagnards. Le public, masculin si l’on en croit la photo, adhérait volontiers à la cause...

feministe-san-francisco.jpg


images.jpegPlus de quarante ans après, les baby-boomers remettent ça. Mais pas avec les soutien-gorge, cette fois, ils auraient du mal: ce sont ces messieurs qui en ont marre des conventions. «Je me balade à poil parce qu’il fait beau et que j’aime sentir le soleil et la brise sur ma peau », déclare Woody Miller, 55 ans, chef de file d’un mouvement de city-nudisme qui fait fureur depuis quelques années.

 

Pourtant, même les plus cool, à Castro, en ont ras-le-bol. Au point qu’un élu local, Scott Wiener (qui préfère visiblement le costume carvate!), a entrepris de mettre des limites à ces habitudes. Scott Wiener.jpeg Il veut faire voter un texte qui obligerait les nudistes à étendre une serviette avant de s'asseoir sur un banc public et à se couvrir avant d'entrer dans un restaurant. La contrainte serait modeste.

Un autre adepte du plus simple appareil même en pleine ville, nommé George Davis (à gauche sur la photo des deux compères, ci-dessus), trouve le texte stupide. «C’est bien plus dangereux de se faire tousser dans la figure que de s’asseoir là où un nudiste s’est assis », proteste cet homme d’affaire de 67 ans qui, jadis, fut candidat à la mairie de San Francisco.


Inutile de préciser que ce mouvement est exclusivement masculin, vu que le quartier de Castro n’est guère habité que par des hommes homosexuels. On pourrait se dire, après tout, ils sont entre eux, qu’ils se débrouillent avec leur micro-société. Sauf qu’une société a beau être «micro », ce n’est pas pour autant qu’elle met tout le monde d’accord. Il n’y a qu’à lire Astérix pour s’en rendre compte. On se dispute pas mal, dans le village gaulois!


En fait, ce qui se passe à San Francisco est typique de ces chamailleries dont on n’arrive pas à se sortir parce que les arguments rationnels sont inopérants. Si vous dites à ces seniors nudistes qu’on préférerait qu’ils mettent quelques vêtements en plus de leurs Converse et de leur casquette d’adolescents, vous ne pourrez pas démontrer pourquoi. Vous aurez fatalement l’air collet monté et rétrograde. C’est pour ça que l’élu local tente de s'appuyer sur des arguments relevant de l’hygiène élémentaire. Ce qu’il pense vraiment, il n’ose pas le dire! Pourtant, croyez-moi, l’absurde va loin dans cette histoire. Par exemple: le Orphan Andy’s, un café-restaurant de Castro qui sert 24/24 heures, refuse de servir les clients nu-pieds ou torse nu. C’est d’ailleurs la pratique la plus commune partout aux Etats-Unis, où il n'est pas rare de voir à l'entrée des boutiques cette petite pancarte: "Pas de chaussures, pas de chemise, pas de consommation" (No shoes, no shirt, no service"). Mais les city-nudistes, eux, sont acceptés chez Orphan Andy’s. "Sans chemise, sans pantalon", chanterait Rika Zaraï! Et sans caleçon.

Orphan Andy.jpgC’est à n’y rien comprendre. Heureusement, le soleil et la douce brise ne sont pas tous les jours de la fête, à San Francisco, et la météo maussade est la meilleure alliée des anti-tenue d’Adam.

Puisqu’aujourd’hui j’ai décidé de vous parler des gens qui vous débitent une logique implacable contre laquelle on ne sait pas quoi répondre tellement la situation est absurde, faisons un tour par Toronto, au Canada.

Là, au début de l’année, un bébé a vu le jour. Un bébé appelé Storm. Et alors, dites-vous? Oh, beaucoup de choses, par exemple ce bébé a deux frères aînés qui s’appellent Kio, 2 ans, et Jazz, 5 ans (sur la photo. Oui, je sais, il a des nattes, mais c'est lui quand même)... Et alors? Storm est né dans une piscine spéciale pour les accouchements... Et alors? ses parents ont envoyé un courriel à leurs amis pour annoncer la naissance mais pas le sexe de Storm. Dommage, c’est vraiment la première question qu’on pose, d’habitude: «Alors, c’est une fille ou un garçon? »

Les parents de Storm ne partagent ce secret qu’avec ses deux frères et la sage-femme qui l’a mis au monde. Les grands-parents, eux, même s’ils défendent le point de vue de leurs enfants, reconnaissent qu’ils se lassent d’avoir à l’expliquer à leurs amis, collègues et relations.


Storm et Jazz.jpeg



Je me dis qu’évidemment, ils ne doivent jamais garder Storm, qui certainement n’a jamais non plus de baby-sitter, ou alors comment changer ses couches? Ces parents estiment que révéler qu’un enfant est garçon ou fille, c'est empièter sur sa liberté. Les experts de l’éducation sont horrifiés. Autant ils sont favorables à laisser s’exprimer l’enfant sans le formater dans des stéréotypes, autant ils estiment que l’identité sexuelle est une base sur laquelle fonder la connaissance de soi.


Les parents de Storm (entre nous, regardez sa photo sur les genoux de son père: c’est un petit garçon, non?) n'envoient pas leurs enfants à l'école. Storm et son papa.JPG On s'en serait doutés. Mais en famille, par exemple pour dire qu’il a un rhume, ou la varicelle, ou qu’il n’aime pas les petits pots aux épinards, ils disent comment? « Il »? « Elle »? Ou, puisque le neutre existe en anglais, ils disent « it »?


Bref, bienvenue en Absurdie. Une histoire similaire a eu lieu en Suède. L’enfant avait deux ans qu’on n’avait encore pas le droit de savoir si c’était une fille ou un garçon. Les parents, âgés de 24 ans (quinze ans de moins que ceux de Storm), soutenaient que le sexe était une pure construction sociale, et qu’ils voulaient élever leur enfant sans lui faire infliger de marqueur préalable. Ils l’habillaient tantôt en robe, tantôt en salopette, le changeaient fréquemment de coiffure, et n’utilisaient jamais de pronom: ni «il », ni «elle », juste son prénom.


Alors quelle conclusion tirer de ces histoires de fous?


D’abord que, si à l’âge des tempes grises et de la barbe blanche, on veut se promener nu comme un ver en pleine ville, c’est loufoque mais plus puéril que vraiment toxique. Tandis que priver un enfant de son identité sexuelle, histoire de le laisser choisir quand il serait grand, c’est à mon humble avis aussi cruel que de le priver de nourriture histoire de le laisser choisir quand il serait mort de faim.


Ensuite, une petite conclusion moins dramatique pour vous faire sourire. Il y a en effet un pari qu’on peut faire en étant à peu près sûr de gagner: jamais le petit Storm ni l’enfant suédois n’iront à Castro rejoindre les activistes du city-nudisme. A moins justement que, se révoltant un jour comme tout le monde contre l'éducation reçue de leurs parents, ils ne deviennent l’un et l’autre des adeptes du soleil et de la brise sur la peau, et ne veuillent prouver à tous, de Stockholm à Toronto, qu’ils sont de beaux garçons ou de super nanas! Et  ça, ce serait vraiment la réponse du berger à la bergère!

 

adam-et-eve.1285571419.jpg

 

 

 

Commentaires

quelle ineptie !
est-on sûre que c'est vrai ?
ça me paraît tellement invraisemblable que si nous étions en avril, je croirai à un poisson !

Écrit par : edelweiss | 25/10/2011

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Intéressante cette histoire de bébés de sexe non révélé.

Ma femme a un peu été éduquée comme ça. Pas autant bien sûr, elle a toujours su qu'elle était une fille, elle portait des robes etc.
mais en revanche, ses parents ne lui donnaient pas des "jouets de fille".
On lui offrait donc un camion, un train. Et que fait un garçon avec un camion? Il fait rouler le camion, voire lui fait avoir un accident en l'envoyant tout droit dans le mur. Que fait une fille avec un camion? elle met dedans des personnages.
La nature nous fait différents. Cela dit, ce n'est pas une raison pour en rajouter et enfermer les enfants dans des rôles sociaux de garçons ou de filles. On peut laisser les filles jouer au foot sans les traiter de garçons manqués, et les garçons habiller une poupée sans se dire qu'ils sont nécessairement homosexuels.
Laissons-les libres, tout simplement.

Écrit par : Claire Defresnes | 21/11/2011

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Petit PS pour "ma femme" alors que c'est signé Claire : non, ce n'est pas un couple d'homosexuelles, c'est le mari qui a écrit le message. Avec son accord pour signer de son nom.

Écrit par : Claire Defresnes | 21/11/2011

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