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26/08/2011

Message à la jeunesse

Jobs.jpgLe chômage a encore augmenté. Et celui des jeunes aussi, hélas.

Cet homme mince, dans son jean et son pull noir, c’est Steve Jobs. Comme vous le voyez sur toutes ces photos, il a inventé beaucoup de choses dont nous nous servons tous les jours, et pour nous convaincre de les acheter, pour nous rendre fidèles à sa marque, il a su joindre l'utile à l’agréable.Jobs iPhone.jpg

Jobs iPad.jpg

Parce qu’il est malade, à 56 ans seulement, il se retire des affaires. Pour toujours.

 

J’ai traduit pour vous le discours que je reproduis ici, parce que je le trouve beau. Et les mauvaises nouvelles de l'emploi de nos enfants, nos jeunes si précieux, m'ont donné envie de l'écouter une fois encore.

 

 

Si vous parlez anglais, ne vous donnez pas la peine de le lire, il suffit d'écouter la vidéo ci-dessus.

Autrement, j’espère que vous aimerez lire le texte qui suit, et qu’il vous fera battre le cœur comme il fait battre le mien.

jobsstanford.jpgSteve Jobs, le patron d’Apple, un des hommes les plus riches du monde, l’a prononcé il y a six ans, devant les brillants et le plus souvent riches étudiants de Stanford, une des plus grandes universités américaines, le jour où on leur remettait leur diplôme. Ils allaient prendre leur envol.

 

« Je suis très honoré d’être avec vous aujourd’hui. Soyons franc, je n’ai aucun diplôme et ne suis jamais auparavant venu à une cérémonie de remise de diplômes.

Je vais vous raconter trois anecdotes tirées de ma propre vie. Pas plus.

J’ai renoncé aux études au bout de six mois. Pourquoi ?

Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère, très diplômée, a décidé de m’abandonner quand elle était enceinte et de me faire adopter.

Elle voulait que je le sois par quelqu’un d’instruit, ce fut une avocate. Sauf qu’au dernier moment, celle-ci décida qu’elle voulait une fille.

J’ai été adopté par des gens qui n’avaient même pas le bac, ce que ma mère biologique a découvert au dernier moment. Elle a donc refusé de signer les papiers. Elle ne s’y est résignée que plusieurs mois plus tard, quand le couple candidat a juré de m’envoyer à la fac.

Dix-sept ans ont passé et je suis en effet allé en fac.

J’ai choisi l’une des plus coûteuses du pays, dilapidant toutes les économies de mes parents.

Au bout de six mois, je ne voyais pas en quoi ça valait ce prix.

Je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie, et ce n’est pas la fac qui allait m’aider à trouver.

J’ai décidé d’arrêter de préparer les examens et de faire confiance à l’avenir.

Ca faisait peur, mais quand j’y pense, ce fut une excellente décision.

J’ai cessé d’assister aux cours qui ne m’intéressaient pas pour assister à ceux qui m’attiraient.

Tout n’était pas rose. Je dormais par terre dans la chambre d'un copain, car je n’avais plus de chambre à moi dans le dortoir. Je faisais, le week-end, dix kilomètres à pied pour avoir un vrai repas à la soupe populaire.

Mais j’ai adoré. Par exemple, comme j’avais vu combien tout était joliment écrit, sur les affiches, sur les tiroirs, sur toute la signalétique de ma fac, j’ai suivi les cours de calligraphie qu’on y donnait.

J’ai appris là des choses qui à priori ne me serviraient jamais à rien. Mais dix ans plus tard, quand nous avons conçu le premier MacIntosh,  tout ça m’est revenu, et nous avons fait le premier PC avec une typo magnifique.

Bien sûr, quand j’ai lâché les études, je ne pouvais pas savoir que ça servirait un jour.

Sauf que rétrospectivement, c’est une évidence.

Alors, il faut avoir confiance en l’avenir. Croire que les cailloux qu’on sème finissent par dessiner quelque chose.

Cette confiance vous aidera à suivre votre voie, même loin des sentiers battus. Et ça fera toute la différence.

 

Ma deuxième histoire parle d’amour et de deuil.

J’ai eu la chance de détecter tôt ce que j’aimais.

J’ai commencé avec un pote dans le garage de mes parents.

On a travaillé dur et dix ans plus tard, notre boîte valait 2 millions de dollars et employait 4000 personnes.

Un an plus tôt, on avait sorti notre premier MacIntosh, et je venais d’avoir 30 ans.

C’est là que je me suis fait virer. Virer de la boîte que j’avais fondée !

Nous avions recruté quelqu’un de doué pour la diriger avec moi. Au début ça s’est bien passé.

Mais notre vision des choses s’est mise à diverger, nous avons eu de mauvais résultats et mon conseil d’administration a choisi mon rival.

J’ai été viré avec pertes et fracas.

J’avais perdu tout ce à quoi ne m’étais consacré et j’étais anéanti.

Pendant quelques mois, je n’ai su que faire. J’avais l’impression d’avoir trahi tout le monde, d’avoir laissé tomber le témoin qu’on m’avait transmis.

Mais peu à peu quelque chose a fait son chemin : j’aimais toujours mon métier. J’avais été chassé d’Apple, mais j’en étais toujours amoureux.

Alors j’ai recommencé à zéro.

Je ne l’ai pas su sur le moment, mais cette éviction fut ce qui pouvait m’arriver de mieux.

Le poids du succès a cédé la place à la légèreté des débuts.

ratatouille.jpgDans les années suivantes, j’ai fondé NeXT et Pixar, et je suis tombé amoureux de celle qui allait devenir ma femme.

Toy.jpgPixar est devenu le plus grand producteur de films animés au monde.

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Apple a racheté NeXT, dont la technologie fut au cœur même de sa renaissance. Et je suis revenu à Apple.

Tout cela  fut une potion amère, mais je pense que j’en avais besoin.

Parfois, la vie vous envoie un pavé en pleine figure. Mais il ne faut pas perdre la foi.

Ce qui m’a soutenu, c’est que j’aimais ce que je faisais.

Trouvez ce que vous aimez, au travail et dans votre vie amoureuse.

Le boulot va occuper une grande partie de votre vie, la seule façon de s’y épanouir, c’est de faire du bon boulot. Et la seule façon de faire du bon boulot, c’est d’aimer ce qu’on fait.

Si vous n’avez pas encore trouvé, cherchez, ne transigez pas.

Comme tout ce qui vient du cœur, vous le reconnaîtrez quand vous le verrez.

Et comme dans toute relation de qualité, celle-là s’enrichira avec le temps.

 

Ma troisième histoire parle de la mort.

A 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près : « Vis chaque jour comme si c’était le dernier. Un jour, ce sera forcément le bon. »

Ca m’a fait forte impression. Depuis, chaque matin, je me regarde dans la glace et je me dis : si c’était mon dernier jour, voudrais-je faire ce que j’ai prévu de faire ? Et quand, plusieurs fois de suite, la réponse est non, je sais qu’il faut que j’agisse.

Savoir qu’on va mourir aide à prendre les bonnes décisions.

Car bien des choses, comme l’orgueil, ou la peur de l’échec, s’évanouissent face à la mort.

Face à la mort, on est nu. Plus rien ne nous retient d’aller où le cœur nous guide.

L’an dernier, j’ai appris que j’avais un cancer.

On ma fait passer un scanner à 7 heures du matin, qui a révélé une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce que c’était que le pancréas.

Les médecins m’ont dit que c’était très probablement une forme de cancer incurable, et que j’en avais pour trois à six mois.

Mon docteur m’a conseillé de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre. Ce qui en langage de médecin veut dire se préparer à mourir. Dire à ses enfants ce qu’on avait prévu de leur dire des années plus tard… régler tout ce qui doit l’être… faire ses adieux.

J’y ai pensé toute la journée.

Le soir, on m’a fait une biopsie, en me faisant passer un endoscope le long de la gorge jusqu’au pancréas.

Ma femme était là quand les cellules ont été examinées au microscope, et elle m’a dit que les médecins étaient bouleversés. Ce qu’ils voyaient, c’était une forme de cancer rare et opérable.

J’ai été opéré, je vais bien.

J’espère ne plus approcher la mort de si près, avant longtemps. Mais avoir affronté cela m’autorise à vous parler d’expérience.

Personne ne veut mourir. Même ceux qui espèrent aller au ciel.

Pourtant, la mort est notre sort commun. Nul n’y échappe. Et c’est bien comme ça.

La mort est la plus belle invention de la vie.

Elle permet à l’usé de céder la place au neuf.

Le neuf, aujourd’hui, c’est vous.

Un jour, vous serez devenu l’usé.

Pardon d’être si explicite, mais c’est un fait. Votre temps est limité.

Alors, ne le gâchez pas en faisant autre chose que ce pourquoi vous êtes fait.

Ne vous laissez pas prendre au piège des dogmes, qui découlent d’autres pensées que la vôtre.

Ne laissez pas la voix des autres couvrir votre voix intérieure à vous.

Et surtout, ayez le courage de vous laisser guider par votre cœur et votre intuition.

A leur façon, ils savent déjà ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire.

 

Quand j’étais jeune, j’adorais une revue qui est parue pendant une quinzaine d’années. J’y trouvais tout ce que vous trouvez aujourd’hui sur Google.

Quand ils ont arrêté la publication, sur la dernière page du dernier numéro, on pouvait lire :

« Gardez les crocs, restez insouciants » (Stay hungry, stay foolish)

J’avais votre âge. Je me suis promis de suivre cette recommandation.

Et en ce jour où on vous remet votre diplôme, en ce jour où vous prenez votre envol, je vous dis à mon tour : gardez les crocs, restez insouciants. »

 

 

apple.jpg

 

 

23/08/2011

Anna, Emma et Guenièvre

51452_a-photographer-shoots-the-house-where-dominque-strauss-kahn-is-currently-under-house-arrest-in-new-york.jpgQu’il lève le doigt, celui qui ne pense rien de l’affaire Strauss-Kahn et n’a jamais eu envie de mettre son grain de sel. Et pourtant, on nous en a bien trop parlé, de ce non-événement.

 

Les deux attitudes ne sont pas contradictoires. Qu’on ait bien trop parlé d’une histoire peu reluisante mais de faible portée générale, c’est une évidence. Mais que tout le monde ait son opinion, c’est fatal.


Qui est indifférent aux questions que pose la fidélité ? Le couple est une des plus grandes affaires de la vie. Tempérament jaloux ou pas, il parie sur la durée, qui se construit sur la confiance.


La fidélité est considérée par certains comme une condition sine qua non, et le premier accroc à ce pacte signe la fin de l’alliance. Le couple alors vole en éclats, sacrifié à sa propre exigence.


D’autres estiment que le couple passe avant tout, et qu’il doit donc surmonter les épreuves. Y compris celle-la.


Cette attitude, non pas complaisante mais résistante –résistance à la douloureuse jalousie, résistance au découragement- était plus fréquente autrefois, quand on n’avait pas le choix.


On a appelé cela, avec quelque mépris, « l’adultère bourgeois ». Sous entendu : pour préserver la famille, on était prêt à de petits arrangements… C’est mal comprendre une époque qui pourtant n’est pas loin.


Longtemps, le divorce n’a pas été une option. Les femmes n’avaient pas de moyens de subsistance personnelle, et si leur mari était infidèle, elles n’avaient le choix que du stoïcisme ou de la plainte impuissante.


Quant à elles, leur fidélité était considérée comme acquise. Dans le cas contraire, la conscience de chacun, mise à la torture, inspirait les plus beaux romans : ni Madame Bovary ni Anna Karenine n’existeraient sans cela ! Ni même, il y a 800 ans, Le chevalier de la Charrette, dans lequel Guenièvre tombe amoureuse du plus proche compagnon de son mari.


 

Les médias et la presse, la presse féminine avant tout, ont beaucoup fait pour que les femmes cessent de se considérer comme les subordonnées de leur mari, et qu’elles se donnent les moyens de lui dire zut. Dans cette quête d’égalité, la fidélité n’était pas des moindres.


La piteuse épopée de New York montre une fois de plus que, même dans les milieux les plus sophistiqués, « libérés », même pour un couple qui s’est connu à l’âge mûr et n’en est pas à son premier mariage, même au 21è siècle, la fidélité reste une quête pour le couple, un élément clé de sa pérennité. Le visage très contrôlé, le masque presque, qu’a offert Anne Sinclair à ses confrères de la presse ne minimisait rien.


Tous nous savions d’instinct que cette affaire se jouerait en deux temps.


Temps 1 : faire front sur le plan judiciaire. A cela, on pouvait opposer l’interprétation de la loi, les plus grands avocats, les faiblesses de l’adversaire.


Temps 2 : faire front sur le plan personnel.


Pour cela, aucune position sociale, aucun compte en banque ne peut vous venir en aide. On est seul face à soi, face à l’autre, et tiraillé entre faire comme on sent, faire comme on croit, faire comme on doit et faire comme on peut.


Finalement, pour ce qui est de construire un couple et le faire vivre, du premier baiser à l’ultime adieu, rien n’aurait-il changé, depuis la nuit des temps ?

19/08/2011

Voyage au bout de la vie

« L’éternité c’est long, surtout vers la fin. » On prête cette jolie formule à beaucoup d’auteurs, de Franz Kafka à Woody Allen. C’est qu’on ne prête qu’aux riches ! Or, cette formule, tout le monde la comprend. Car la fin nous fait peur.

 

La fin d’un livre, la fin d’un voyage, la fin de l’enfance, la fin d’un amour… Nous sommes des animaux qui avons conscience que, comme on dit, « tout ça ne durera pas aussi longtemps que les impôts ». Même la vie.

 

manif.jpgA la télévision ou dans les journaux, nous avons tous vu cette image. Elle montre une partie du personnel de l’Hôpital de Bayonne.

Ils ont revêtu leur blouse blanche pour manifester solennellement leur soutien au Dr Bonnemaison, mis en examen pour avoir –selon ses propres dires-  donné la mort à au moins quatre personnes.

Le Dr Bonnemaison, au préalable directeur du service des urgences, y était urgentiste, avec trois collègues.

 

Cette phrase vous dit-elle quelque chose ? « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier. »

Ca ne m’étonnerait pas qu'elle vous rappelle quelque chose. Ce sont les premiers mots du roman d’Albert Camus, «L’Etranger».

Mais dans la vraie vie ça se passe rarement comme ça. Dans la vraie vie, entre être vraiment là et n’être vraiment plus là, les étapes sont souvent terribles, nombreuses, imprévisibles.

On voudrait avoir la solution. Notre époque veut une solution à tout. Puisque, depuis le plus paumé des villages français, on peut discuter gratuitement et en direct sur Skype avec son frère en Nouvelle Zélande, il doit bien y avoir une solution simple à la fin de la vie, quand elle est inéluctable et douloureuse ?

On comprend l’émotion. On comprend l’inquiétude, pour soi et pour ceux qu’on aime. Pourtant, si on veut bien s’arrêter un instant, les questions sont délicates.

Un exemple tout simple : si on laisse carte blanche aux médecins des urgences, qui décideraient seuls, comme paraît l’avoir fait le Dr Bonnemaison à Bayonne, pourrons-nous y amener l’un de nos parents, ou nous y faire amener nous-mêmes, sans craindre de tomber sur un médecin expéditif, qui décidera seul que notre vie vaut ou ne vaut pas d’être préservée ?

Autre exemple tout simple : si on laisse carte blanche à la famille, pourrons-nous être sûr qu’elle décidera toujours dans l’intérêt de son parent, et non pas pour se libérer d’une angoisse et d’une fatigue, sans même parler d’un poids financier ?

Dernier exemple tout simple : si on laisse l’initiative au patient, pourrons-nous être sûr qu’il est en état de décider ? N’avons-nous été témoins de désespoirs passagers, de maladies en rémission inespérée ? Nous-mêmes, n’avons-nous jamais cru, un jour ou l’autre, que vraiment la vie ne valait plus la peine d’être vécue ?

A toutes ces questions, la loi Leonetti, votée en 2005, répond avec mesure et subtilité. Elle interdit les soins quand ils sont hors de proportions avec le résultat qu’on peut en attendre. Elle impose aux médecins de décider en commun. Elle donne l’obligation de soulager la douleur. Elle énonce clairement que, si le malade refuse les soins, sa volonté doit être respectée.

Alors, que se passe-t-il ? Pourquoi nous sentons-nous si seuls et effrayés quand nous pensons simplement ces trois mots, « fin de vie » ? Pourquoi tant de familles désemparées, tant de malades si peu soulagés ? Quand on parle de « mourir dans la dignité », que veut-on dire vraiment : mettre fin à ses jours ou être entouré, aimé, soulagé jusqu’au bout ? Notre pays n'est-il pas capable de faire connaître à chacun le contenu d'une loi si importante, et d'organiser les services hospitaliers pour qu'ils puissent la mettre en oeuvre?

Pardon d’aborder un sujet si grave, surtout dans un blog intitulé "Avec le sourire". J’espère ne choquer personne. Parfois, on se dit que les mots peuvent être de véritables banderilles, et on voudrait presque chuchoter, si c’était possible par écrit.

Quand il n’y a pas de solution immédiate, évidente, aux questions que je me pose, j’aime lire un beau livre, regarder de belles peintures ou écouter de la belle musique. C’est une manière de ressentir que la vie est belle quand même.

J’ai choisi cet air douloureux, certes, mais réconfortant malgré tout parce qu'il est chanté à deux voix qui s’enlacent et qui s’aiment. L’auteur, Pergolese, n’avait que 25 ans quand il l’a composé, et ses jours déjà étaient comptés. Tuberculeux, c'est au début de sa vie qu'il a dû en affronter la fin.

J’espère que vous aimerez cet air autant que moi.


 

 

 

 
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