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31/07/2011

Petits pays heureux, malheureux

Helle Gannestad.jpgHelle Gannestad est une jeune fille célèbre. Ne pose-t-elle comme une star, avec son regard séducteur, sa frange joliment arrangée? Elle s'exerce beaucoup à la photo, d'ailleurs. Plus tard, elle voudrait en faire son métier.

On dit qu'elle a 18 ans, c'est à peine croyable, mais souvent, une jeune fille fait plus que son âge. Elles aiment avoir l'air de vraies femmes...

Dans la nuit du 22 juillet, alors que tant de jeunes de sa génération, de son pays et de sa sensibilité venaient de tomber sous les balles d'un compatriote, elle a "posté" ces lignes, qui ont touché les internautes au fond du coeur :

"Si un seul homme est capable d'autant de haine, pensez à l'amour que nous pourrions produire tous ensemble..."

Bien sûr il y a un peu de naïveté dans cette phrase, le reflet de l'adolescence idéaliste, quelque chose comme "si tous les gars du monde..." Mais c'est aussi une phrase intelligente et réfléchie, une belle réponse à l'incompréhensible, et peut-être même la seule. Et elle ne pouvait être plus joliment exprimée.

La Norvège est un tout petit pays, uni dans le malheur. Il n'est pas une personne, là-bas, qui ne connaisse quelqu'un d'endeuillé. On peut leur envier cette union, car c'est un grand secours.

Deux jours plus tard, aux antipodes, un autre pays, plus petit encore, était uni dans le bonheur. Son équipe de foot, la Celeste, venait de remporter la Copa America.


Ca peut paraître rien du tout en comparaison, et même choquant de faire ce rapprochement. Mais l'Uruguay, comme la Norvège, est un pays démocratique, pacifique, soucieux de l'environnement. Contrairement à la Norvège, l'Uruguay est pauvre, mais croit en sa jeunesse et la préserve de l'ignorance. Pas un Uruguayen n'est illettré. Et tous aiment la Celeste comme d'autres aiment leur armée.

Car c'est la Celeste qui les soude face à l'adversité. Gagner la Copa America, ça veut dire se montrer plus fort encore que ces grandes nations du foot que sont le Brésil et l'Argentine, vingt fois, trente fois plus peuplées. C'est un magnifique exploit.

Voilà pourquoi tous sont descendus dans la rue, pour dire bravo, merci, bravo les joueurs et toute l'équipe, bravo le talent, le travail, l'inspiration, la joie, bravo le ballon, le jeu, et bravo, merci à notre petit pays valeureux où les enfants apprennent à shooter le jour où ils apprennent à marcher.

Si un simple match de foot est capable de susciter une telle liesse, pensez au bonheur que nous pouvons produire tous ensemble...


24/07/2011

Amy, 27 ans.

On va juste lui dire au-revoir.

Amy Winehouse avait 27 ans, beaucoup de talent et pas beaucoup de force en elle pour autre chose que céder au vertige.

Ca lui a coûté la vie, histoire de prouver qu'elle ne trichait pas, qu'elle ne jouait pas la comédie, qu'elle était vraiment une très petite chose avec une très grande voix.

Elle aura été applaudie, acclamée, et huée, conspuée.

Elle est morte hier, elle avait l'âge de mes enfants, voici sa plus belle chanson.




Le Tour est joué

Premier signe que le Tour n'était pas loin: impossible de trouver L'Equipe. Le marchand de journaux avait calculé trop court, dès 9 h du matin, tout le monde s'était rué dessus!

Deuxième signe: les camping-cars. Deux jours à l'avance, ils sont en place. Il fait froid, la brume est épaisse, mais sur une quinzaine de kilomètres et souvent sur deux rangées, les camping-cars sont montés sur cale, certains propriétaires ont sorti les drapeaux, les autres attendent leur heure.

photo.JPG

 

 

On croit que le Tour, c'est une foule fervente, familiale, on croit que le Tour c'est la caravane qui fait pin-pon et qui jette des casquettes par dessus bord, on croit que le Tour c'est courage et dopage, et le Tour c'est tout cela. Mais pas seulement. Pour ceux qui y étaient montés à pied, là-bas tout en haut, l'étape du Galibier, ce fut d'abord un chemin pierreux, désert, qui serpente au flanc de la montagne.


route-15.jpg

Il ne faut pourtant que deux heures pour arriver au sommet, et sans se presser. J'avais craint que par centaines les supporters ne le prennent d'assaut, mais à 10 heures du matin, il n'y avait personne.

 

On pouvait s'arrêter de temps à autres et se retourner pour considérer, rêveur, l'incroyable effort qu'il fallait fournir à l'époque où les cyclistes du Tour empruntaient cette ancienne route pour franchir la ligne d'arrivée.

 


Et tandis qu'une petite voix en moi chuchotait: "Plus personne ne ferait ça, aujourd'hui", j'ai entendu un léger bruit de pneus, derrière le tournant, et un cycliste m'est apparu.

Cycliste face.jpg

 

 

Comme je lui disais: "Bravo, c'est formidable", il m'a répondu, même pas essoufflé:

"Un plaisir. Je fais ça tous les jours."

Un type qui vous parle sans mettre pied à terre en grimpant le Galibier par l'ancienne route, il ne triche pas, c'est un vrai cycliste.

 

Il a continué son chemin, je l'ai suivi des yeux jusqu'au bout. Il ne s'est même pas mis en danseuse.

Cycliste dos.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois là-haut, on s'est retrouvés entre nous, quelques milliers de piétons et  cyclistes venus pour le centenaire de l'étape, la plupart via la nouvelle route du Galibier, fermée aux voitures bien entendu.

Qu'ils peignent sur la route le nom de leur champion ou qu'ils se reposent simplement, bien couverts dans le froid, laissant perdre leur regard vers le fond de la prodigieuse vallée, tous étaient là pour soutenir Thomas, Frank, Andy ou un autre, pour voir le paysage si beau, pour aimer entendre les étrangers l'admirer eux aussi, pour dire qu'on y était...

 

Quand la caravane est passée, on s'est tous découvert une âme d'enfant, au point que j'ai photographié mon butin... Pas mal, pour une première fois.

 

Butin.jpg

 

 


Et puis j'ai photographié le maillot jaune, quand même! C'était moins d'une minute avant l'arrivée, et Thomas réduisait son écart de tour de roue en tour de roue, il a été formidable, on a hurlé de joie à son passage, et encore hurlé quand les hauts-parleurs ont annoncé qu'il gardait le maillot!

Thomas.jpg

Je sais que c'est sot, d'afficher ma photo de notre héros, il y en a eu de bien meilleures dans la presse. Mais c'est une joie d'attraper, sur la pointe des pieds, les bras tendus par dessus la foule, celui qu'on est venu soutenir.

Dans la foule il y avait la chienne Gipsy, placide admiratrice, que sa maîtresse avait revêtue d'un maillot à pois rouges, le maillot du grimpeur. Et pendant la descente,Gipsy.jpgd'ailleurs, en souriant aux vaches, je me suis dit que les animaux ajoutaient toujours une sorte de note paisible à un rassemblement, ou à un paysage.

Mais ce que je préfère ne pas montrer, c'est ce que les propriétaires de camping-cars ont laissé derrière eux d'ordures sur autant de kilomètres qu'ils en avaient occupés depuis 48 heures. Pas tous, évidemment, mais beaucoup, beaucoup d'entre eux.

 

C'est vraiment dommage.

 



 
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