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Retraites et injustice: plait-il?

14/05/2013

Mariesol.jpegAujourd'hui (mardi 14 mai) sur Europe 1, interrogée par Bruce Toussaint sur la réforme des retraites prévue pour cette année, Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, a déclaré que la réforme serait orientée vers plus de justice. 

"Plus de justice, me suis-je dit? Ca veut forcément dire que le mode de calcul de la retraite des fonctionnaires va se rapprocher de celui des retraités du secteur privé". 

Il n'y avait aucune agressivité dans cette pensée. Comme tout le monde, j'ai beaucoup de fonctionnaires autour de moi, dévoués, et qui ne roulent pas sur l'or. Depuis la réforme de 2011, ils vont partir à la retraite au même âge que les autres, et avec une durée de cotisation identique.

Reste que leur taux de remplacement sera calculé en fonction des six derniers mois de leur carrière, contre vingt-cinq années pour les salariés du privé. Même si leur statut doit absolument être particulier, puisque leur mission est particulière, on peut parler d'injustice, quand la crise est si dure que le chômage s'abat impitoyablement sur des millions de gens.

Mais à ma grande surprise, l'injustice que Marisol Touraine évoquait visait la différence entre la retraite des hommes et la retraite des femmes. Pourtant, Madame la ministre, ce n'est pas en réformant les retraites que vous réduirez ou effacerez cet écart! C'est en veillant à l'égalité des salaires pour des responsabilités égales, et en favorisant l'accès des femmes aux fonctions qu'elles peuvent occuper! Pour ce qui est de leur retraite, elles y cotisent selon leurs salaires, exactement dans les mêmes proportions que les hommes!

Les femmes ont des retraites minables parce qu'elles ont eu des carrières minables. Plus souvent bachelières que les hommes, elles restent plus bas dans la hiérarchie et sont depuis 2009 encore plus souvent chômeuses que les hommes et plus souvent condamnées à des temps partiels. Il n'y aura pas de miracle: leur retraite sera lamentable. 

Quant à l'éventualité de désindexer les retraites de base, Marisol Touraine l'a rejetée en affirmant que cela aboutirait à réduire le pouvoir d'achat de ceux qui n'ont pas de complémentaire. Mais ceux-là, vu le montant moyen des retraites de base, ce n'est pas leur pouvoir d'achat que ça réduirait, c'est leur pouvoir de vivre!

Bref, notre ministre m'a mise de mauvaise humeur. Jusqu'à ce qu'elle dise quelque chose qui m'a enfin rendu le sourire: elle affirme que le gouvernement s'attache avant tout à garantir la pérennité d'un système solidaire, et à ne pas laisser les intérêts privés s'engouffrer par la grande porte que leur ouvre le pessimisme ambiant. Sur sa sincérité, là, je n'avais pas de doute. Et même si je ne me berce pas de promesses, par les temps qui courent, croire en la sincérité d'un responsable politique, c'est déjà beaucoup.


 



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Nous tous, vus par les manuels scolaires

22/04/2013

Les éditeurs de manuels scolaires se sont réunis en séminaire, vendredi, pour réfléchir ensemble: comment refléter la société d'aujourd'hui, comment mieux lutter contre les discriminations?

Evidemment, la société n'est plus celle-ci:

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Ni celle-là:

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Même si on peut avoir la nostalgie d'un enseignement comme ça:

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Et que de vaines polémiques autour de ça:

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Mais pour finir, tous ces livres avaient en commun de présenter un modèle de société simple et cohérent, et tous ces livres avaient une ambition: nous enseigner la même chose à tous. Aujourd'hui, on dirait qu'il n'y a plus que des cas particuliers.

Il faut faire attention à la couleur des gens, à leur orientation sexuelle, à l'image de la femme, à l'égalité et même l'interchangeabilité (pardon pour ce mot affreux) du rôle des hommes et des femmes, à la façon dont on raconte les faits historiques, aux convictions, croyances et superstitions de tous, on dirait que nous ne sommes plus qu'une accumulation de particularismes et de susceptibilités à préserver.

Si on pouvait au moins se mettre d'accord sur le fait que tout ça, c'est du luxe, car la vérité c'est que trop d'enfants quittent le primaire sans savoir vraiment bien lire, ni bien écrire, ni bien compter, ni d'ailleurs tant que j'y suis, ni bien se tenir, ni bien parler, ni bien distinguer entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, entre ce qui va leur attirer des ennuis et ce qui va les garder en sécurité, ce qui obère leur avenir et ce qui préserve leurs chances, bref, si on pouvait revenir à l'égalité des chances dès la maternelle et renforcer cette égalité classe après classe dans le primaire, on aurait peut-être, au collège et au lycée, le loisir de fignoler les représentations des uns et des autres et prendre garde à respecter tout le monde. Mais de fait, au collège particulièrement, les enseignants sont surtout confrontés à ce qui relève typiquement du primaire.

Deux remarques pour finir:

1 - La France est le seul pays au monde qui laisse entière liberté aux éditeurs de livres scolaires pour interpréter comme ils l'entendent le programme imposé par l'Education nationale. C'est un signe de confiance précieux, dont nous pouvons être fiers!

2 - J'ai découvert, grâce à ce séminaire d'éditeurs de livres scolaires, que nous avions au gouvernement une "ministre déléguée à la réussite éducative". Et notre ministre de l'éducation nationale, il fait quoi, alors? J'imagine que là aussi, nous sommes les seuls au monde. 

 

 



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Premier sourire après le choc Cahuzac...

07/04/2013

Je vous le dis d'emblée, comme ça ce sera fait: si je me tais depuis deux semaines, c'est que le scandale Cahuzac m'a coupé le sifflet. 

Pourtant, on n'est pas nés d'hier, on le sait qu'il faut se méfier des donneurs de leçons. Le premier qui crie "à mort l'assassin", c'est souvent lui, le coupable! Et notre ministre du budget déclarait encore, le 12 novembre dernier au quotidien Libération«Pas question que certains puissent continuer à se soustraire à cet effort de solidarité nationale par la fraude ou des manoeuvres abusives». 

Il n'y a que le silence, sans doute, pour dire le mépris et la tristesse que ça inspire.

Mais hier, en sortant du cinéma le sourire aux lèvres, j'ai eu envie de vous raconter Quartet, le film que j'avais vu. Je vous laisse d'abord découvrir la bande-annonce.

 

 

 

Tout est charmant dans ce film, cousu de fil blanc. Et tout est si vrai. La force des émotions amoureuses, par exemple, même quand on a 80 ans. Et la joie qui fait oublier l'âge, la douceur de la solidarité, le bonheur qui rôde dans un grand jardin ou qui vous enflamme les joues quand un tonnerre d'applaudissements vous est destiné...

Bref, c'est donc l'histoire d'une maison de retraite dans la campagne anglaise, qui accueille des musiciens professionnels.

Le metteur en scène, Dustin Hoffman, 75 ans, a eu la bonne idée de ne prendre que de vrais musiciens, et de premier plan, pour jouer tous les rôles autres que ceux des quatre héros. Grâce à cela, l'atmosphère est vraie d'un bout à l'autre. 

Et je me suis demandée, après avoir vu ce film si entraînant, si ce serait une bonne idée d'avoir des maisons de retraite pour chaque profession. 

Peut-être que tout le monde n'aimerait pas ça, mais l'avantage, ce n'est pas seulement qu'on peut parler ensemble de choses qu'on connaît très bien, dont on est même expert, et qui ont été notre fierté. 

L'avantage, c'est aussi que ça donne une sorte de continuité à notre vie.

Quand ma belle-mère est arrivée dans sa maison de retraite, elle ne savait rien du passé des autres, qui eux-mêmes ne savaient rien de son passé à elle. Ils ne se situaient pas du tout, les uns et les autres, et ne se parlaient que de leur famille, ou de leur ville d'origine.

Quand ils organisaient des jeux ou des activités, ça pouvait intéresser un peu tout le monde, comme le scrabble, des concours de dictées, des films à la télé, des spectacles de clowns, mais ça n'intéressait pas particulièrement qui que ce soit.

Si on était par métier, on pourrait réaliser des choses ensemble, exactement comme, dans Quartet, les musiciens âgés s'excitent au fur et à mesure que leur soirée de gala approche, et qu'ils vont devoir donner une représentation. D'autant plus que la recette contribue à financer leur maison de retraite!

Il y a certainement des maisons de retraite pour les enseignants, ou pour les militaires, par exemple. Je ne sais pas si ça leur plaît. Imaginons des maisons pour les professions médicales, pour les juristes, pour les métiers du bâtiment, pour les artisans... Peut-être que moi, une maison de retraite pour les journalistes, ça me plairait. On ferait un journal, on monterait une radio, une web-TV, un site Internet... Et, comme dans Quartet, où on voit les musiciens de 80 ans expliquer la musique classique à des adolescents, nous aussi nous pourrions ouvrir la porte de notre maison à des jeunes, et parler métier.

Si vous avez de l'expérience dans ce domaine, ça me ferait plaisir que vous écriviez un commentaire, pour la partager avec nous tous!





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Du calme-pour-tous!

25/03/2013

Je suis choquée par la tournure que prend l'affrontement idéologique entre les pour et les contre "mariage-pour-tous".

J'entends une jeune amie (30 ans), plutôt calme et sympa, s'exclamer, à propos d'une photo d'actualité montrant quelques manifestants du 24 mars malmenés par les forces de l'ordre: "Et vlan, prends-toi le lacrimo dans ta gueule, facho!" Que de haine! ça va pas, la tête?

J'entends, sur BFM, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, dire que ce n'est pas "une poignée de gens" (sic) qui vont changer les choses. Que de mépris! Même en s'en tenant aux chiffres  de la Préfecture, ce qu'on voit sur cette photo (photo MAXPPP), ce n'est pas "une poignée de gens"!

 

Manif pour tous.jpeg

Du côté des manifestants, je suis choquée qu'on emmène de jeunes enfants dans des endroits pareils. 

C'est facile d'essayer de forcer un barrage en se disant qu'on vous laissera faire parce qu'on ne va tout de même pas bousculer des enfants de 4 ans. Mais que font-ils là, les enfants de 4 ans, à part servir bien malgré eux la cause de leurs parents? Vous les parents, vous n'avez jamais entendu parler d'incidents, dans une manifestation? De débordements? D'affrontements? Vous pensez qu'on peut rassembler des centaines de milliers de gens sans risque de dérapage? Ce genre de risque, vous y exposez vos propres enfants?

Il y a au moins un terrain d'entente obligatoire: sur l'idée qu'au lieu de lois baptisées "pour tous" qui nous divisent, nous avons besoin de travail vraiment pour tous, qui nous rassemble.

Le jour où on manifestera pour ça, j'espère qu'il y aura des millions de gens, rien que des adultes, qu'ils aient ou pas du travail, et qu'on se sentira unis, soudés, fiers et combattifs.

La vraie Manif pour tous, ça sera ça. Et quand, jeunes et vieux, hommes et femmes, on aura du travail, le mariage gay, avec l'esprit libre on y pensera peut-être un peu plus sereinement.








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Blague (Carambar) à part

Il y a trois jours, Carambar annonce que les blagues à découvrir à l'intérieur du papier d'emballage vont être remplacées par des mini-quizz à vocation culturelle.

Horreur!

Je veux bien me pourrir les dents avec des sucreries, mais pas en faisant semblant de m'instruire!

Affreusement nostalgique (les blagues étaient là depuis 44 années, quand même), je vais chez le confiseur. Je me dis: "Il doit lui en rester en stock, des vrais, avec la blague, je vais m'acheter quelques collectors."

Les voici :

Carambar.jpeg

Et puis finalement, la fin des blagues, c'était une blague! La preuve:


Bon, tout ça n'est vraiment pas sérieux.

Vous voulez savoir quelle était la blague, dans le Carambar que j'ai ouvert, sur la photo? La voici:

-Combien de temps ça prend d'étirer une mouche qui pique?

Réponse:

-Long-taon.

Bof... hum... pff... bref... Glissons! ou plutôt, mâchons!




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Viol en Inde: nous sommes des touristes naïfs!

18/03/2013

Ce week-end, vous avez entendu les nouvelles comme moi: une jeune femme originaire de Lausanne, qui visitait l'Inde à bicyclette avec son mari, était en train d'installer sa tente pour la nuit avant d'aller visiter le Taj Mahal quand le couple a été attaqué par une bande de sept ou huit jeunes paysans. Ils les ont frappés, ont attaché le mari, violé sa femme, puis sont partis avec leur ordinateur et leur téléphone.

La police en a arrêté quelques-uns qui ont, semble-t-il, avoué les faits. Des hommes qui n'auraient rien prémédité, l'idée leur serait venue comme ça, en voyant le couple monter sa tente.

Inde, viol collectif, offices du tourisme, ministère des affaires étrangères, conseils aux voyageursJ'en parlais avec des amis, dont l'un s'est exclamé: "C'est de la folie, de partir dans des conditions pareilles en Inde! On ne se lance pas à vélo dans des campagnes peuplées de millions de gens sont affammés, illettrés, aux abois!"

Je me suis alors rendu compte qu'on taisait tout ça dans les pages "Voyages" des journaux que je lisais, et évidemment dans les belles émissions d'évasion de la télé.

On nous parle du développement fulgurant de l'Inde, de "la plus grande démocratie du monde", comme l'a dit le président Hollande lors de son récent voyage, de ses femmes qui accèdent aux plus hautes responsabilités, comme Indira Gandhi ou la présidente élue en 2007, Pratibha Patil... 

Et bien sûr on nous parle des sites incomparables, et de cette civilisation complexe et admirable.

Tout ça est vrai. Mais qui nous dit que les viols collectifs y sont fréquents, et le plus souvent impunis? Qui nous donne les clefs pour garantir notre sécurité autant que possible? 

Les offices de tourisme nous font miroiter des voyages enchanteurs. Ils cachent tout ce qui pourrait nous inciter à choisir une autre destination.

On râle assez contre nos services publics pour rendre justice à un site très bien fait, indispensable avant tout voyage, et que pourtant personne ou presque ne prend la peine de consulter: les conseils aux voyageurs du ministère des affaires étrangères. Lisez ce qui est dit de la sécurité des femmes qui voyagent en Inde, vous serez édifiés (cliquez sur l'onglet "Sécurité"). Et encore! L'alerte est pour les femmes voyageant seules! L'actualité récente le prouve, il faut être extrêmement prudents même en couple, et ne pas s'aventurer insoucients hors des sentiers battus. 

Les pages et les émissions "tourisme" seraient bien inspirées de nous dire avec précision, pour toutes les destinations, comment se prémunir des risques principaux. Le pays des merveilles existe, mais il est plein de contrastes et nous avons besoin de le savoir. Au pied des plus beaux monuments, sur tous les continents, la misère est là, et tout est possible. 







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Un nouveau François 1er?

13/03/2013

images-2.jpegEst-ce que cette photo (ctvnews.ca) n'est pas charmante? Prise sur la place Saint-Pierre, à Rome, ces jours-ci, elle montre deux cardinaux malmenés par le vent et la pluie. 

A gauche, le Canadien, Marc Ouellet, qui figurait parmi les favoris pour devenir pape. 

A droite, un inconnu, argentin, Jorge Mario Bergoglio, qui vient d'être Unknown-1.jpegélu, et a choisi de s'appeler François, en hommage à François d'Assise. François 1er, donc, ce qui pour un Français sonne curieusement, mais nous nous y habituerons très vite!

En fait, ce que je me disais surtout, c'est qu'à 76 ans, avoir à assumer de telles fonctions, redonner un tel coup de fouet à sa vie, se hisser à la hauteur de telles responsabilités, ça devait nous faire réfléchir.

A 76 ans, les anciens de la SNCF sont à la retraite depuis plus de vingt ans quand ils avaient un poste sédentaire, et depuis plus d'un quart de siècle pour les agents de conduite.

Et il n'y a pas qu'eux. Les instituteurs qui ont aujourd'hui l'âge de François 1er (rien à faire, ça me fait drôle!) sont à la retraite depuis 1992. Vous vous souvenez? Edith Cresson était premier ministre... ça ne date pas d'hier!

Bref, bon courage à François 1er, il lui en faudra, et de la force, et de la santé. Mais après tout, il a quand même 443 ans de moins que le précédent ;-)


images-3.jpeg


PS: quelques heures après l'élection du nouveau pape, nous apprenions qu'il convenait de l'appeler François, tout simplement. 



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Gardez le volant!

Au lieu de trembler de peur à l'idée de mal vieillir, de perdre la boule, de peser sur ses enfants etc., nous ferions mieux de créer une société accueillante pour tout le monde, et même pour ceux qui sont jeunes et vont très bien!

C'est en gros le sens que Michèle Delaunay, ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie, donne à sa mission.

Elle s'est fait remettre trois rapports, dont l'un est consacré à l'adaptation de la société au vieillissement.

Parmi bien des propositions, ce rapport souligne que bien vieillir, ce n'est pas rester cloîtré chez soi faute de moyens de transport, mais pouvoir bouger aussi longtemps que possible.

michèle delaunay,luc broussyEn dehors d'une politique de transports en communs, cela signifie rester au volant le plus longtemps possible, d'une part, et ne pas avoir peur de se faire renverser en traversant la rue, d'autre part.

Rester au volant le plus longtemps possible n'est pas une utopie, car on est lent et prudent quand on est vieux, ce qui nous met à l'abri des dangers principaux que sont la vitesse et l'alcool. 

Mais l'inquiétude est là, on ne se fait plus confiance, nos enfants poussent les hauts cris dès qu'il y a une rayure (de plus... hum hum) sur notre voiture, et du coup, on roule de moins en moins. Jusqu'au jour où on risque de ne plus rouler du tout, et de rester triste et abattu chez soi, à moitié assoupi devant la télé, ce qui est très mauvais pour le moral et pour la santé.

Le rapport préconise entre autres que nous fassions des stages de mise à niveau, comme ceux qu'organise la Prévention routière. C'est très sympa d'être entre gens comme nous, qui aiment vivre actifs, en bougeant, et sans inquiétude inutile.

Pour ce qui est des piétons, le rapport préconise que les feux rouges soient plus longs, afin que ceux qui traînent un peu la patte aient le temps de traverser sans se bousculer.

Alors là, l'intention est bonne, mais l'idée est très mauvaise. Si on veut que les automobilistes accélèrent encore plus quand le feu passe à l'orange, et qu'ils brulent le feu encore plus souvent, il n'y a qu'à leur faire peur en leur disant que le rouge va durer... durer... durer... Y compris quand il n'y a personne, en pleine nuit...

En fait, les feux, c'est dangereux parce qu'ils sont peu respectés, et en michèle delaunay,luc broussyplus c'est moche, et en plus ça fait du bruit pour ceux qui habitent près du carrefour. Toute la journée et toute la nuit les malheureux entendent les gens qui redémarrent, le pire étant les carrefours où circulent des autobus avec leur moteur d'enfer.

Une ville sympa pour tout le monde y compris les moins jeunes, c'est une ville où les voitures roulent à 30 à l'heure et où tout est conçu pour qu'on n'aille pas plus vite. Non par des interdictions, des panneaux partout, des contrôles et des contraventions, mais par des aménagements des rues et des croisements qui font que piétons, cyclistes et automobilistes cohabitent gentiment, sans avoir à se forcer.

Parfois, des fleurs dans des bacs, à l'entrée d'une rue, suffisent pour que les voitures ralentissent sans que personne ne s'énerve! Alors à bas les feux au croisement d'artères toutes droites, vive les fleurs au bord de rues aux larges trottoirs, où l'espace est partagé par tous, avec ou sans moteur, avec ou sans roues, avec ou sans canne! 

 michèle delaunay,luc broussy



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Ehpad, pas prison!

28/02/2013

Les prisons et d'une façon générale les endroits où on est détenu - comme pendant une garde à vue ou à l'hôpital psychiatrique si on y a été interné d'office - doivent être surveillés afin que les personnes qui font l'objet de cette rétention soient traitées correctement.

La France n'a malheureusement pas de bonnes habitudes en ce domaine, ses prisons sont vétustes et surpeuplées, et dans beaucoup de commissariats les geôles sont en piteux état.

C'est pourquoi a été créé en 2008 le poste de Contrôleur général des lieux de privation de liberté, en l'occurrence Jean-Marie Delarue, qui rend chaque année son rapport au président de la République.

Permettez-moi de signaler au passage que ces lieux étaient déjà, de droit, contrôlés par de multiples instances, mais apparemment sans efficacité puisqu'il a fallu en créer une de plus.

Dans son tout dernier rapport, le Contrôleur général suggère que les Ehpad soient également placés sous son contrôle. Selon lui, donc, ce sont des lieux de privation de liberté, comme une prison.

Cette proposition qui me fait bondir a pourtant été étudiée avec pondération par Michèle Delaunay, ministre en charge des personnes âgées. Ce qui ne l'empêche heureusement pas de conclure sur son blog qu'en gros c'est une mauvaise idée.

Quant à moi, je trouve qu'on mélange tout.

Oui, les précautions s'accumulent, particulièrement dans certains Ehpad, où on multiplie les sas, les digicodes, les bracelets et les puces électroniques censés donner l'alarme si un résident sort inopinément. Mais comment en serait-il autrement, puisque nous jugeons par ailleurs inacceptable que nos proches confiés à des Ehpad puissent en sortir au risque de s'égarer? 

Cet hiver, trois personnes âgées sont mortes de froid dans ces circonstances. Ces tragédies ont donné lieu à un concert de protestations unanime: comment pouvait-on sortir d'un Ehpad sans que le personnel s'en aperçoive sur le champ? Des familles ont d'ailleurs immédiatement annoncé leur intention de porter plainte.

On les comprend! Mais cela envoie un message très clair aux Ehpad: par tous les moyens, sous peine de poursuites, il leur faut garantir à 100% que le résident ne sortira pas inopinément. Allez vous étonner, après, que les précautions prises soient draconniennes. Au point que certains Ehpad peuvent ressembler à s'y méprendre à des lieux de privation de liberté.

Si nous voulons qu'une certaine liberté soit garantie à nos proches résidents d'Ehpad, même très désorientés, nous devons aussi reconnaître que cette liberté s'accompagnera d'un risque accru. Et nous devons choisir entre ce risque et la coercition. Ce n'est pas facile. Mais le Contrôleur général n'a rien à voir avec ça, car quand nous confions un proche à un Ehpad, c'est parce que là, dans un environnement professionnel pensé pour lui de A à Z, nous espérons qu'il sera quand même plus libre que chez lui où, hélas, plus rien n'est possible.

C'est tellement douloureux de voir ceux qu'on aime perdre le nord, qu'on aimerait bien que des gens qui font autorité, comme le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, sachent garder leur cap.

(Chacun pourra consulter le rapport en question à partir du 4 avril sur le site dédié.)

 

 



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César et les vieux qui meurent

25/02/2013

Vendredi, lors de la cérémonie des Césars, qui célèbrent le cinéma français, une formule est revenue ici et là dans la bouche des présentateurs: "L'histoire des vieux qui meurent". Il s'agissait d'un raccourci à la fois provocateur (c'est le style de Canal Plus, qui organise et retransmet toujours l'événement) et affectueux (si l'on veut) pour le film Amour, qui a reçu la Palme d'or à Cannes en mai dernier.

Ce soir-là, l'histoire des vieux qui meurent a été couronnée à trois reprises. Meilleur acteur, Jean-Louis Trintignant.

Meilleure actrice, Emmanuelle Riva.

Et meilleur film. Rien que ça.

Je n'aime pas ces façons de parler, même soi-disant "affectueuses". Et je me fais un plaisir de noter que:

1/ Jean-Louis Trintignant, 82 ans, n'était pas présent ce soir-là parce qu'il était sur scène à Bruxelles, où il disait des textes de Jacques Prévert (sans prompteur, lui, contrairement aux présentateurs des Césars).

2/ Michaël Haneke, réalisateur d'Amour, n'était pas non plus présent ce soir-là parce qu'il était au Théatre Royal de Madrid pour la première d'un opéra de Mozart dont il était le metteur en scène (ce qui a un peu plus de gueule que de débiter des gags lamentables comme chaque année aux Césars)

3/Emmanuelle Riva, 86 ans, était bien présente mais prenait l'avion pour Hollywood le lendemain, où elle était nommée pour les Oscars, ce qui n'était le cas de personne d'autre ce soir-là dans la salle.

Amour est un film marquant. Une vraie oeuvre. Il est écrit, mis en scène et joué par des gens de grande expérience. Il est de ces films qui ne font pas mourir mais vivre le cinéma français. Sans eux, les Césars n'auraient pas grand chose à célébrer, et c'est dommage que les maîtres de cérémonie ne soient pas capables d'en dire du bien, tout simplement.

Emmanuelle Riva, elle, en recevant son César, eut les mots simples et touchants qu'on avait envie d'entendre. Jean-Louis Trintignant aussi, joint par téléphone, sut dire merci du fond du coeur.

On n'en demandait pas plus. Ce n'était pas bien compliqué de leur dire merci à eux aussi, ces artistes à la longue et belle carrière, sans vaine provocation et avec une vraie affection!




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